Concours Noëlesque : Traquons cette ordure de père noël !
12/12 03:47


 

C’est bien connu, le père noël est une ordure ! Il existe bel et bien, mais cet empafé a aussi survécu à l’apocalypse. Or, j’ai décidé que sa tête serait mise à prix dans ce concours. Oui, je suis comme ça. Déjà parce que son « Ho Ho Ho » est gonflant. Ensuite, parce que le rouge me va mieux qu'à lui. Enfin parce que sa satanée fête rend les gens mielleux. C'est inacceptable !

 


Il va donc falloir nous raconter sa traque pleine de péripéties. Côté traqueur, côté père noël traqué ou les deux : c’est comme vous voulez.

Les récits devront expliquer pourquoi et comment il est traqué, qui le traque, et comment tout ça se termine. N’hésitez pas à être vils, drôles, méchants, malsains tout genre confondu tant que l’histoire s’inscrit dans un monde post-apo : il le mérite !


Mais. Oui, il y a un mais. Les règles changent :  une traque se fait à plusieurs, puis noël c'est toujours familial parait-il. Vous allez donc devoir participer en équipe, car il se dirait que je ne pense plus beaucoup à ceux qui gribouillent... La question est de savoir si vous jouerez le jeu.


 
MERCI DONC DE BIEN LIRE CE QUI SUIT !


 
- L'équipe devra se composer de deux membres du même groupe ou de la même faction.

- Un seul duo (ou une seule participation) par groupe hors faction. Deux duos (ou deux participations) maximum par faction qu'elle soit grosse (comme ma b...) ou petite.

- Un participant ne peut pas collaborer à plusieurs duos.

- Cette équipe pourra proposer : Un récit ou une BD ou bien un texte avec illustration. Le tout entièrement crée à deux.

- Pas de repompagne, ni de vol d'image. Créations originales, dessin, montage etc.

- Les créations devront obligatoirement comporter un titre et le nom des participants.

 
Date de participation : Du 12 décembre 2020 au 15 janvier 2021 

Premier prix : Une icone de communauté ou bien une icone de groupe + publication dans LGBT MAG

Second prix :  Une icone de personnage par participant + publication dans LGBT MAG

Troisième prix : Un objet VIP surprise par participant + publication dans LGBT MAG



L'équipe se chargera de trancher.


no Attention, on ne floode en aucun cas ce topic. On y poste juste la participation !

25/12 19:22

Quand le rouge devient sang. 
Dimitri Arlovski et Lilas 


OH ! OH ! OH ! En voilà une belle connerie... une foutue légende qui continue de vivre même après l'apocalypse ! Une légende qui doit prendre fin au même titre que ce vieillard vêtu de rouge. Un vieillard qui n'a d'ailleurs aucun réel pouvoir magique qui lui permet de se sortir de situations délicates. Et si c'est le cas alors il n'a tout simplement pas eu le temps de les utiliser lorsque notre duo de psychopathes a pu lui mettre la main dessus. Ou alors est-ce simplement un pauvre homme qui a eu la mauvaise idée de se faire passer pour ce cher père noël, dans l'espoir d'aider les survivants de cette catastrophe à retrouver le sourire ? Quoiqu'il en soit imposteur ou non, c'est bien ligoté à une chaise que l'homme à la grosse barbe retrouve ses esprits. Plongé dans l'obscurité, il essaie de trouver quelques repères et bien entendu de se détacher. Il tente tant bien que mal de se situer, la bruit assourdissant d'un groupe électrogène vient de se mettre en fonction. Est-ce qu'il se souvient de ce coup derrière la tête qui la plongé dans l'inconscience ? Certainement puisqu'il commence déjà à gigoter sur son siège, réalisant que la situation est loin d'être bonne. Cette dernière ne tarde d'ailleurs pas à devenir critique lorsqu'au fond de la pièce, une porte s'ouvre, un fin faisceau de lumière, laisse apparaître une première silhouette puis une seconde. Lentement, l'une des ombres s'approche du pauvre père noël, tandis que l'autre reste à l'écart, semblant se diriger vers un autre coin de la pièce.

Soudain, la lumière s'allume et le vieillard n'a pas d'autres choix que de plisser les yeux. Découvrant par la même occasion le visage de la personne qui se trouve face à lui. Il s'agit d'une femme brune assez svelte qui l'observe avec un sourire qui n'a rien de rassurant. Un peu plus loin, l'autre membre du duo qui est quant-à-lui un homme semble chercher quelque chose sur un vieil établi, pestant dans sa barbe en ne trouvant pas l'objet qu'il a en tête.

« Qui êtes vous ? Qu... qu'est-ce que vous voulez ? » Marmonne alors l'homme en rouge qui tour à tour observe ces deux ravisseurs. En guise de réponse, la femme lui envoie une violente gifle avant de poser son index sur ses lèvres comme pour lui faire comprendre qu'il doit se taire. Ouvrant grands les yeux, le vieux hoche plusieurs fois la tête, ne voulant visiblement pas provoquer la colère de la femme. Plus loin, l'autre membre du duo en profite pour se rapprocher, jouant avec le couteau qu'il à entre les doigts.

« C'est bon j'ai ce qu'il faut ! » Lance le cinglé tout en approchant la lame de la gorge du père noël.

La jeune femme tourne autour de sa proie comme pour l'évaluer, finalement il est pas si grand que ça, elle lui tire sur la barbe pour vérifier toute imposture, lui donne un coup dans le ventre dans le même objectif. Sa démarche nonchalante est le reflet de la supériorité qu'elle lui impose, plutôt facile dans ce contexte. Elle regarde Dimitri, un regard noir, inquisiteur qu'elle adoucit en embrassant son partenaire.

Lilas lui hôte du crane son ridicule chapeau, en tirant sur le pompon elle le détache de sa pointe et le laisse rouler au sol comme une tête qu'on aurait décapité, c'est en regardant droit dans les yeux du Père Noel, qu'elle arrache soigneusement le bonnet, le déchirant sur toute sa longueur avant de le jeter au sol et l'écraser de ses brodequins noirs en laissant une trace de boue sur le tissus rouge.

« Vas y ! »

« Pas le bonnet ! Tu déconnes ! » Le ravisseur donne l'impression de grogner mais c'est surtout un rôle puisqu'il semble bien se moquer de ce bonnet. Comme de tout le reste d'ailleurs... validant les propos de sa partenaire, il fait descendre la lame jusqu'au poignet du père noël et coupe une première corde, faisant rapidement la même chose avec la seconde, sous le regard sombre de la jeune femme qui n'apprécie visiblement pas l'idée. « Quoi ? Tu pensais quand même pas qu'on allait juste lui planter une lame dans l'bide et l'faire rôtir ? J'ai envie de m'amuser moi et puis regarde le... un peu de sport ça pourra pas lui faire de mal ! Pas vrai mon gros ? C'est quand la dernière fois que t'as été faire un petit footing ? » Le tatoué ricane et détache finalement les liens qui bloquent les pieds de la victime avant de se redresser et se reculer de quelques pas. « Voilà les règles du jeu... parce que ouais on est pas des salauds... enfin pas complètement... » L'homme pointe la porte de son couteau tout en continuant d'observer l'homme à la barbe blanche. « Tu vas foncer à cette porte et une fois de l'autre côté... on te laisseras un peu d'avance pour que tu puisses quitter cet endroit... ou du moins essayer. » Un nouveau rire quitte la gorge du chasseur alors que ce dernier se recule de quelques pas supplémentaires. Observant le vieillard préféré des enfants hésiter à se redresser... finalement il y parvient et après un dernier regard vers le duo, fonce en direction de la porte qu'il franchit sans demander son reste... cette fois le jeu peut enfin commencer !

« P'tain Dimi ! On en avait parlé pourtant, c'est pas parce que tu kiffes la chasse à l'homme que j'pouvais pas m'amuser un peu... Ca se trouve il va être livide, crevé quand on va le retrouver et il se défendra même pas. » La jeune femme ne fait pas que montrer son mécontentement elle le fait aussi savoir.

Visiblement Dimitri est satisfait de sa mise en scène car c'est en souriant et sans un commentaire qu'il regarde Lilas s'énerver toute seule.

En silence, l'homme s'installe sur la chaise laissée libre et recommence à jouer avec la lame de son côté tout en fixant la porte, attendant visiblement le bon moment pour enfin partir à la chasse. « Combien de temps on lui laisse ? Non parce que ça fait déjà un bon moment la non ? » Pas vraiment non mais il faut croire que l'homme en a déjà assez de patienter, pourtant il attend bien sagement le top de sa compagne pour bondir de sa chaise et se rapprocher de la porte. « Tu crois qu'un gros plein d'soupe comme ça peut nous faire courir ? On se sépare ou on reste unis jusqu'à la mort ? » Un clin d'œil à son acolyte qui en dit long sur la relation qu'ils entretiennent. « J'pense qu'un étau peut être pas mal t'en pense quoi ? » Elle observe son duo trépigner à l'idée de le poursuivre. « J'crois qu'on peut y aller maintenant ! » Pas besoin d'en dire plus pour offrir un sourire au blond qui s'empresse de franchir la porte et partir à la chasse de ce cher papa Noël qui doit se perdre dans les couloirs de cet ancien entrepôt. Dans le dos du psychopathe, sa compagne ne tarde pas à faire son apparition et comme elle a pu le proposer un peu plus tôt, c'est de son côté qu'elle va partir dans l'espoir d'être plus rapide que son homme pour retrouver leur proie.

De son côté, notre bon vieillard essaie de fuir le bâtiment, traversant ainsi plusieurs couloirs, essayant tant bien que mal de s'y retrouver. Malheureusement se repérer dans un aussi grand bâtiment se révèle être quelque chose d’extrêmement compliqué... encore plus quand ce dernier est plongé dans l'obscurité. Mais le papy ne perd pas espoir et malgré son manque flagrant d’endurance, il continue d'avancer. Jusqu'à se retrouver devant une porte qui veut bien s'ouvrir. Le temps d'un instant, l'espoir semble renaître et c'est à toute vitesse que l'homme se faufile dans la pièce, fonçant vers la fenêtre qui malheureusement ne veut pas s'ouvrir. Dans son dos, les bruits de pas indiquent que ces ravisseurs se rapprochent... prit de panique, il quitte la fenêtre et essaie de trouver une cachette, n'utilisant que la lumière de la lune pour progresser dans cette salle qui semble être un ancien bureau. Mais le vieil homme n'est pas très souple en comme un idiot, voilà qu'il percute une chaise, faisant grincer celle-ci contre le sol de la pièce. Au même moment, les bruits de pas dans le couloir s'arrêtent... avant de reprendre, sa rapprochant dangereusement de la porte qui ne tarde pas à s'ouvrir. Tel un lapin pris dans les phares d'une voiture, l'homme sans bonnet ne bouge plus, fixant la porte ou une ombre fait son apparition. « Ben alors Papy... On abandonne déjà ? » La voix, la carrure, aucun doute, il s'agit de Dimi qui se rapproche lentement, laissant la lame de son couteau frôler les différents meubles qu'il croise alors qu'il s'approche du malheureux prisonnier. « S'il vous plaît... laissez... laissez-moi partir. » Voilà que le vieux est presque en train de pleurer ce qui fait rire notre psychopathe qui en guise de réponse s'écarte un peu comme-ci il voulait laisser le chemin libre. Hésitant, l'homme au cheveux blanc se demande s'il s'agit d'un piège mais dans le doute décide de tenter sa chance et foncer jusqu'à la porte. Mais alors qu'il passe aux côtés de son ravisseur, celui-ci lui fait un croche-pied, envoyant le pauvre homme directement sur le sol. Ne perdant pas espoir, ce dernier essaie tout de même de se redresser avant qu'une puissante douleur ne le pousse à hurler. Au-dessus de lui, Dimi se marre tout en retirant la lame qu'il vient d'enfoncer dans la cuisse de sa victime.

« Pitié ! » Hurle le barbu qui à nouveau cherche tant bien que mal à se redresser. Ce qu'il parvient à faire puisque son agresseur est maintenant au niveau de la fenêtre... visiblement ce salaud n'a pas envie que la chasse se termine si rapidement. Profitant de cette opportunité, le vieux se traîne jusqu'à la porte et disparaît dans le couloir, recommençant à progresser dans ce dernier malgré la douleur et les nombreuses traces de sang qu'il laisse sur son passage.

Combien de temps s'est il écoulé depuis qu'ils l'ont libéré ? Une bonne demie heure voire presque une heure. Lilas est partie vers l'aile ouest alors que Dimitri prenait visiblement plein est. Mais une fois quelques portes et couloirs franchit il est difficile de savoir où ils sont sauf peut être par la présence de la lune qu'on voit parfois à travers les rares fenêtres crasseuses de l'entrepôt.

Lilas retourne finalement dans le bâtiment central, des centaines de conteneurs et de cartons sont encore entreposés en formant un labyrinthe avec une multitude de directions possibles, mais la plupart ne sont que des boites vides, le tout à été pillé il y a bien longtemps. La jeune femme avance, vérifiant à chaque fois qu'elle pose son pied qu'il ne touche rien qui puisse alerter sa proie sur sa présence même s'il est bien plus facile d'être le loup que la lapin. Elle tient fermement une barre métallique ramassée sur le sol, à priori un morceau de rampe d'escalier qui menait à des bureaux au niveau du loft.

Du verre brisé la met en alerte, il se dirige vers elle, car même s'il ne marche plus sur les débris pour éviter de montrer sa présence, elle peut à présent entendre ses pas. Lilas se méfie, dans des grands bâtiments, le bruit résonne beaucoup et désoriente les distances qui les séparent, il peut être plus près ou plus loin qu'elle ne l'imagine. Elle longe lentement les parois et attendant simplement que sa proie arrive jusqu'à elle. Le fou continue son avancée sans savoir que tapit dans l'ombre elle s'apprête à surgir sur le pauvre homme.

Elle patiente tout simplement sur la pointe d'un angle d'un conteneur, mais ne peut le voir, la seule lumière du bâtiment à cet endroit vient d'une taule transparente noircie par la mousse et cachée derrière une immense machine, le reste d'un passé glorieux et qui n'a pas put être démonté. Cette fois il est tout près sa respiration le trahit. Une ombre dépasse l'angle, elle arme sa barre métallique et d'un puissant coup le frappe au visage.

« Bye bye ! » Célèbre réplique d'un film qu'elle a souvent vu dans le passé. Mais son geste se fait stopper par une main qui lui a attrape la barre juste avant qu'elle n'atteigne son objectif. C'est qu'il est habile pour un vieillard, même fort lorsqu'elle sent la barre qu'elle tenait entre les mains lui échapper. « Je sais bien que tu m'en veux pour cette chasse mais c'est pas une raison pour me buter si ? » Cette voix... non, la cible de Lilas n'est pas ce cher papa Noël mais bien son compagnon qu'elle était à deux doigts d'assommer ! C'est sur qu'il à eu chaud le jeune homme et malgré l'obscurité, il peut deviner cette expression de surprise sur le visage de la demoiselle alors que lentement il relâche l'arme, sachant maintenant qu'il ne risque plus de recevoir un mauvais coup. Un relâchement qui ce répercute visiblement sur la proie du duo, puisque cette dernière sûrement à bout de force oublie complètement la discrétion lorsqu'elle cherche à ouvrir une porte. L'énorme bruit métallique qui raisonne dans le bâtiment donne bien entendu une indication au couple qui après un regard fonce en direction de l'entrée du bâtiment. Décidément... il a de la ressource le papy ! Même blessé il a réussi à se traîner jusqu'à la porte principale de l’entrepôt... porte qui est bien entendu fermée comme le pauvre homme à pu s'en rendre compte lorsqu'il a essayé de l'ouvrir. Attirant par la même occasion les deux chasseurs jusqu'à lui. « Félicitation papy... t'as été bien plus loin que la plupart des candidats... » Malheureusement pour le vieux, cet exploit n'empêche pas le tatoué de se rapprocher, jouant de nouveau avec ce couteau qui est déjà venu se loger dans le corps du malheureux. Le souffler court, la victime cherche de nouveau à ouvrir la porte, tirant dessus de toutes ses forces tout en commençant à gueuler des « Au secours ! » Comme-ci quelqu'un allait soudainement pouvoir lui venir en aide.

« Désolé mon gars... mais les miracles de noël ça n'existe pas. » L'homme sans bonnet hurle une dernière fois, sentant le psychopathe se rapprocher... et soudain, plus rien... le vieillard s'écroule lourdement sur le sol, fermant doucement les yeux.

Comme une infirmière professionnelle, la brunette glisse sa main dans une pochette assez fine qu'elle tient à sa taille, elle en sort une seringue qu'elle sort d'une petite boite et une dose d'un liquide transparent dont le flacon est entouré d'un liseret vert foncé. Elle y plante l'aiguille et aspire le précieux liquide, en fait sortir l'air avant d'attraper le bras de sa victime que lui maintient Dimitri. Elle perce la peau en sueur du père Noel sans aucune douceur et appuie sur la seringue pour y décharger tout son contenu.
« Voilà, on a 30 minutes avant que ça fasse effet. »

Dimitri attrape l'homme inconscient et le traine par les pieds jusqu'au premier bureau d'où ils sont partis. Ils doivent se mettre à deux pour le remettre sur le fauteuil, c'est qu'il pèse le vieux !

Voilà une petite heure que le couple à fait avaler au père Noel des psychotropes en mélange, gélule, poudre bleu où qu'elle s'est amusé à ajouter du colorant et même suppo que la demoiselle à prit un malin plaisir à administrer au vieux. Le père Noel, à demi-nu ne ressemble plus à la légende qui l'a fait longtemps vivre : les yeux cireux, le teint blême, les lèvres entre ouvertes et plus de salive pour humidifier sa bouche et dans sa tête un feu d'artifice, il ne sait même plus qui il est.

Lilas sort de sa besace un stéthoscope et le place par dessus ses stupides vêtements qui lui rappelle à chaque fois qu'elle le regarde pourquoi elle déteste Noel. Ce p'tit vieux aimé de tous, qui offre sans attendre en retour, c'est finit cette vie là. L'apocalypse a changé les mentalités, c'est une guerre permanente où la gentillesse et le don de soit n'a plus sa place.
Son cœur bat vite, très vite, à son visage réjouit, on sent qu'elle aime ça, elle reste un moment à écouter ce battement rapide digne d'un sprinteur de fond en pleine course.
Attaché sur la chaise, il ne tente rien, la tête penchée en avant comme s'il savait que le sentence allait tomber.

« Vas y ! » Lilas regarde son homme armé dans le dos du père Noel la barre métallique qu'elle tenait quelques heures auparavant, l'oreille rivée sur son appareil de mesure. Elle n'entendra même le bruit de sa colonne brisée par la violence du coup. Et puis... plus rien... il ne bat plus... Alors elle retire son stéthoscope et embrasse bestialement son chéri.

24 décembre, le soir de Noel, un repas est organisé à la communauté, pas vraiment diffèrent des autres soirs sauf peut être pour la date. le chef fait son discours, motive ses troupes comme à son habitude et chacun se met à table. Puis vient l'heure du dessert, Lilas porte une planche de bois en guise de plateau remplit d'une montagne de gâteau, surprenant pour une jeune femme qui n'aime pas trop faire la cuisine.
« Original ces taches bleu dans les cookies ! »

12/01 22:46

SANTA CLAUS KOMBAT
(une histoire de Noël par Kapur et Badaboum)


 
Putain, la salope ! Elle l'a pas loupé, cette morue... Il pisse le sang ! Non mais, littéralement. Il pisse du sang. Enfin, non, pas littéralement... C'est le joli bout de gland en moins qui lui fait pisser du sang. Et il l'a vu dans ses yeux pendant qu'il se barrait en gueulant : elle compte pas s'arrêter là ! En même temps, quand on y a goûté une fois... L'appétit vient en mangeant, pas vrai ? Et avec la trainée d'hémoglobine qu'il laisse derrière lui, c'est comme s'il l'invitait à le suivre ! Bordel, faut qu'il se barre, et vite !

C'est pas la première fois qu'il lui arrive une tuile. A force de passer par le toit, aussi... M'enfin, là, c'est le pompon ! Il a tiré le gros lot. Enfin, non, il a pas pu la tirer, justement. Merde, s'il avait su qu'elle avait le réveil mauvais, sûr qu'il s'y serait pris autrement... Lui qui aime tellement passer par la cheminée ! Qu'est-ce qui lui a pris de vouloir fourrer la bouche plutôt que le praliné ?! Chier. Ça pisse trop, putain. Il voulait se vider, il est servi ! Tel est pris qui voulait prendre... Allez, mon vieux, serre les dents, continue d'avancer !

Il a beau avoir élaboré l'escroquerie du siècle, ça passe pas toujours comme une lettre à la poste, c'est certain. Depuis le temps qu'il fait ça, à se pointer la nuit chez des abrutis qui s'offrent eux-mêmes leurs putains de cadeaux, à répandre "l'esprit de noël", le don du partage, le don de soi dans les petits culs offerts, jeunes ou vieux, garçons ou filles, on peut pas l'accuser de faire dans la discrimination, ça c'est sûr ! Bon, ben, forcément, ça a déjà foiré une fois ou deux. Même pas mal dérapé, parfois ! Mais jamais comme ce soir ! La garce ! Des récalcitrantes et des récalcitrons, il en a connu bien plus qu'il n'a de doigts pour les compter, faut pas croire. Mais, bon, le temps de goinfrer les cookies et d'y fourrer l'équivalent d'un verre de lait dans le fion, puis bonsoir m'sieur dame ! Maison suivante, puis c'est tout. Ça pouvait bien gueuler derrière, il en avait plus rien à foutre ! D'autant qu'il était devenu dur de la feuille, avec l'âge. Ça rend sourd, parait. Enfin, bref, y en avait bien deux, trois qu'avaient trouvé matière à se plaindre de la livraison nocturne, quoi... Mais jamais comme ce soir ! Elle avait l'air d'un ange aussi, cette pute, là, à dormir comme un bébé. D'ailleurs, il préfère les bébés, d'habitude. Ben ouais, pas de dent. Celle-ci avait largement passé l'âge des dents de lait, il peut attester, mais pas assez non plus pour avoir perdu les définitives ! Putain, elle aurait pu se contenter de lui avoir arraché un bout du nœud ! C'est bon, quoi, il a compris la leçon, il recommencera plus. Avec elle. Mais non, pensez, madame est du genre rancunière à l'excès ! Fallait que ça tombe sur lui.

En même temps, il aurait dû se méfier. Ce bled lui parle pas. Même en survolant, tout à l'heure, il a pas reconnu le coin. Mais alors, pas du tout. Il a pensé que c'était l'Afghanistan, au début. Ou le Larzac, il a hésité. Puis il est passé au-dessus d'un bateau pirate, d'un ranch, d'un chapiteau... Il s'est dit que c'était un genre de Disneyland du pauvre. Parce que c'est la zone, clairement ! Il était même sûr qu'on serait pas mécontent d'être rempli par un engin à moitié propre, dans le coin ! Mais non, tu penses, les gens sont des éternels insatisfaits ! Elle voulait quoi, cette conne, qu'il lui paye un resto d'abord ?! Encore qu'elle lui a semblé avoir les crocs. Sûr.

Il aurait pas dû se poser, il le savait ! Faut qu'il arrive au traineau, bordel ! Se barrer loin ! Et qu'il y arrive tant qu'il lui reste une dizaine de globules rouges ! Putain, ce qu'il douille...



Elle était énervée, très, genre grosse colère. Non mais c’était quoi ce mec qui pensait que lui fourrer sa queue dans la bouche en plein milieu de la nuit était le truc qu’elle avait attendu toute sa vie ?! En plus de ça, il était habillé comme le Père Noël ? Non mais n’importe quoi…

Alors, elle n’avait pas hésité quand elle avait senti l’odeur qui l’avait fait tirer au cœur et elle avait mordu un grand coup avant de recracher vite fait bien fait le bout de chair plein de sang. Il y avait eu un cri et leurs regards s’étaient croisés, elle avait lu la stupéfation et la peur dans le sien et elle avait senti l’excitation grandir.

Si elle avait été surprise de la réaction qu’elle avait eue, lui aussi ! Il avait essayé de tout remballer avant de se barrer mais elle lui avait emboîté le pas rapidement. Mais impossible de le rater au clair de lune avec son costume rouge et blanc, et puis la traînée de sang aidait aussi pour rester sur sa trace. Mais surtout, elle n’avait pas l’intention de le laisser s’en tirer à si bon compte.

C’était pas la soirée pour la faire chier ! Elle avait plein de trucs à faire mais elle s’était dit qu’elle pouvait faire une sieste d’un quart d’heure. Elle était tombée comme une masse et il avait fallu que ce connard arrive pile à ce moment là… Tu parles d’un réveil de merde !

Rien que d’y repenser, elle grimace, crache et essaie de courir plus vite pour enfin le rattraper. Au final, elle se penche pour ramasser un bout de bois qui traînait là et le lance au niveau des pieds du fuyard. Et c’est un strike !


Il le voit ! Le traineau !! Enfin, pas le traineau directement mais le gros rocher, près du grand saule, dans ces marais dégueulasses, derrière lequel il a planqué le bousin. Plus qu'une cinquantaine de mètres, à se trainer les trois pattes dont une taillée en biseau, et c'est la quille ! Et c'est... le strike ?! Putain la douleur ! Le tendon d'Achille a lâché, il en est presque sûr ! Il beugle comme un veau tandis que le rocher, le saule et le marais se font la malle pour laisser place à un magnifique ciel étoilé puis... puis boum. Il serait presque fier d'avoir réussi un salto arrière ! Presque. Parce qu'on est censé retomber sur ses pieds quand on fait un salto arrière, non ? Pas sur le crâne, hein ? Ouais, lui semblait bien, aussi. Puis le ciel étoilé, c'est vachement beau, mais c'est pas censé être aussi flou, si ? Hmm. Il serait pas sur le point de perdre conscience, quand même, dîtes ? Il ferait peut-être bien de pas fermer l'œil tout de suite mais ça expliquerait pourquoi il n'a plus mal nulle part. Ah, tiens, c'est quoi, ça ? Une comète ?! Ah non. Bien sûr. C'est juste l'autre salope qui vient se pencher sur lui pour admirer son œuvre... et peut-être finir le boulot, tant qu'on y est ? Sale pute. Allez, faut se remuer, bordel ! Bouge-toi, mon con ! Changement de stratégie.

Il sait pas trop comment mais il parvient à se retourner, geignant et pathétique. Puis à se redresser un peu pour se tenir, là, à quatre pattes, aux pieds de l'autre saleté de rancunière juste devant lui. Il a le goût du sang dans la bouche... il avale. Il fait pas son difficile, comme elle tout à l'heure ! Bref, rester concentré. C'est bien, les fonctions motrices marchent encore à peu près. Pour la flaque rouge qui commence à se former entre ses genoux, par contre, faut avouer qu'il s'inquiète un peu. Allez, allez, du nerf !

- Me tue pas. Pitié ! Pitiéééééé...

Il gémit plus qu'il parle, sanglote et renifle, tête baissée. Allez, mon grand, c'est ton soir ! Des dizaines d'années que tu joues la comédie, fais péter le savoir-faire !

- J't'en supllie, me tue pas ! Je... J'suis désolé... J'sais pas c'qui m'a pris... Je... Je sais pas où j'suis, j'me sentais paumé, je... J'ai vrillé, putain ! C'est... je sais, c'est impardonnable mais... Putain me tue pas, par pitié... Me tue pas !

Il sanglote plus, il chiale. Morve au nez et tout. Quel génie, putain. Tout pathétique et faible, là, à quatre pattes dans sa flaque de sang, il tend une main devant lui, dans le vide, toute tremblante, paumée, jusqu'à ce qu'elle frôle la jambe de l'autre poufiasse, puis s'y accroche comme à une planche de salut. C'est bon, ça, créer le contact, rappeler qu'on est humain malgré ses fautes et... et puis soudain saisir les deux jambes pour la plaquer au sol, cette pute ! Et tandis qu'il lui grimpe dessus de tout son poids :

- Laisse-toi faire... LAISSE-TOI FAIRE, SALOPE !!

Il s'empresse de lui saisir les poignets pour les écraser par terre, toujours à quatre pattes mais sur elle, à présent, un grand sourire édenté aux lèvres. Comme son falzar, toujours pas reboutonné, ne tenait que par sa poigne et a maintenant glissé à mi-mollets, sa teub, pendouillante, pisse toujours le sang mais sur les cuisses et l'entrejambe de sa jolie petite victime, à présent.

- Tu pensais m'faire la peau, hein, grognasse ? On a été très vilaiiiiine, cette année... TU VAS CREVER, CONNASSE ! Tu m'entends ?! TU VAS CREV... AAAAAAAAOOOOooow...

Les genoux. Bordel. Il lui a pas maintenu les genoux ! Quel con ! Il est quasiment paralysé tandis que la douleur remonte de ses burnes jusqu'à sa gorge. Il se sent repoussé, balancé sur le côté sans plus avoir la force de s'y opposer... Anémie, commotion cérébrale, le coup dans les burnes, la douleur générale ? Choisissez, n'empêche qu'il se met aussitôt à gerber tout en se sentant partir. Et dans sa position - sur le dos, son chibre à l'air crachant des petits jets de sang façon dos de baleine -, le vomi ne s'évacuant pas, il commence à s'étouffer.

Bordel, dire que le traineau, sa porte de sortie, était là, tout près... Chienne de vie.



Un sourire sadique éclaire son visage quand il se vautre sur le sol en criant comme une fillette. Elle se met à rire quand elle le voit faire un soleil, espérant qu’il ne bougera plus mais déjà elle fonce sur lui pour vérifier. Elle est presque rassurée quand elle se rend compte qu’il est encore un peu conscient. La vengeance est un plat qui se mange froid ? Mais c’est quand même meilleur de taper sur un corps encore chaud !

Et il est là à pleurer et geindre comme un gosse devant sa mère, à supplier qu’elle ne le tue pas, à s’excuser… Il lui demande d’avoir pitié ? Non mais sans déconner. Elle se rapproche histoire de jubiler un peu de sa victoire et c’est là qu’il la chope par les jambes pour la faire tomber au sol. P’tain mais quelle conne de s’être laisser avoir comme ça !

Et voilà que son pire cauchemar revient comme un boomerang. Il se retrouve à la plaquer au sol, en lui tenant les poignets. En plus, il pisse toujours le sang et il lui en fout partout ce gros crado. Mais il n’est plus assez alerte pour empêcher qu’elle lui balance un grand coup de genou dans les couilles. Et tandis qu’il beugle, elle le repousse et le balance sur le côté.

La souffrance se lit sur son visage, elle voit ses yeux qui se voilent, elle entend qu’il s’étouffe avec son sang ou autre… Et elle jubile !

- Ben alors papa Noël ? On est pas en forme cette nuit ?

Mais ça ne suffit pas à calmer sa rage et sa soif de sang, alors elle prend le cran d’arrêt qu’elle a toujours dans une botte. D’un geste sûr, elle l’ouvre. Il est bien affûté comme on lui a toujours appris et sans trembler, elle attrape ce qui reste du service trois pièces et coupe et l’exhibe juste sous le nez morveux de l’homme qui se meurt dans des gargouillis infâmes.

A cheval au dessus de lui, elle prend son menton d’une main pour être sûre qu’il la regarde bien et qu’il ne loupe rien. De l’autre, elle approche son trophée avant de lui enfourner dans la bouche.

- Alors ? C’est aussi bien que tu le pensais ? C’est pas ça que tu voulais que je fasse ?

Ses deux mains maintiennent la bouche fermée, alors qu’il se débat un peu et que, dans ses yeux, passent l’une après l’autre, angoisse, surprise et enfin la délivrance de la mort qui vient doucement s’emparer de lui.

Elle se relève couverte de sang, en riant. Elle repart d’où elle vient, ramassant le fouet qu’elle a laissé tomber quand elle lui courait après.

Qui sera le prochain sur la liste des "pas sage" ?

 
 
FIN...?

 

15/01 17:06

Trip artistique au Gyrophare laugh

(Une participation très sérieuse de François Juno et LeBrun)



 
 

15/01 19:09

Un Noël chinois

Illustration


(un texte de Hiel Polaris illustré par Loumurien)
 


- Alpha en position
- Bravo en position
- Charlie en position
- Bob, j'y suis.
- Delta bordel, qu'est ce qu'on a dit sur les noms de code ?!
- Ouais mais j'aime pas Delta moi, je peux avoir Zulu plutôt ? Ca sonne mieux, ça fait chasseur !

Un long soupir se fait entendre dans la radio.

- Ok, va pour Zulu, mais tu t'y tiens !
- Super, trop cool. Zulu, prêt à l'action.
- J'avais dit qu'on n'aurait pas du le prendre.
- Ça suffit, on en a déjà parlé, on a besoin d'être 4 et on n'avait pas d'autres volontaires. Si on peut se concentrer sur la mission maintenant ... Bien. L'usine est en vue, j'ai eu confirmation à l'instant que Noel est en route ce petit bâtard. L'atteindre ne va pas être facile, il y aura une armée de chinois avec lui-
- C'est pas un peu raciste de dire qu'ils sont chinois parce qu'ils fabriquent des trucs à la chaine dans une usine ?
- Mais t'es con ou t'as rien écouté au briefing ? Noël bosse avec l'ancienne Triade, évidemment que les mecs sur place sont chinois ! Je continue. Donc, on va camper sur nos positions pour observer leurs va-et-vient jusqu'à ce que la cible n'arri-
- Camper ? Merde, ça je suis sur que vous l'avez pas dit au briefing, j'ai pas pris de quoi allumer un feu moi.
- Oh putain. Zulu, si tu me coupes encore une fois, surtout pour dire une connerie, je viens moi même te défoncer la gueule. Roger ?

S'en suit un silence de quelques secondes, couvert uniquement par le bruit de la petite tempête qui charrie le sable à droite à gauche au dessus des hommes.

- Ok. Donc. Je veux un compte du nombre d'entrée/sortie, savoir quels accès sont utilisés. Comptez-moi les entrées alternatives : fenêtres, aérations, trous dans le bâtiment. Je veux aussi un compte du nombre minimum de mecs à l'intérieur. Et enfin les points de sortie d'urgence. Personne ne bouge tant que je ne l'ai pas dit, roger ?

Les trois autres hommes répondent "Roger" en cœur. Oui oui, même Bob. La suite n'est pas passionnante alors avançons un peu le temps. Pour résumer, parce que je ne suis pas chien, des mecs en uniforme sortent de temps en temps de l'usine délabrée pour déposer des paquets dans ses grandes bennes à ordures ou pour fumer une clope. Les commandos repèrent également un observateur planqué sur le toit, en haut d'une cheminée qui ne fonctionne pas.



Finalement, de la poussière au loin s'envole alors que le vent s'est calmé. Il arrive. Une carcasse légendaire pour ses 4 chevaux. Une silhouette imposante habillée en rouge à l'intérieur, toute courbée dans son véhicule. C'est bien lui. Noël, ancien champion de Catch qui roule en Renault 4CV.
La trainée de poussière permet de le suivre à la trace jusqu'à l'entrée de l'usine. Mais perdue au milieu de nulle part, même avec ça, le bâtiment ne risque pas d'être découvert.

- Ok les gars, on se réveille, Noël est là. Bravo, avec moi. Charlie, tu prends l'entrée C. Zulu, tu nous couvre au sniper. Commence par abattre la vigie dès que Noël est dedans. Go, go, go.

Aussi discrètement que possible, les deux premiers commandos se regroupent et s'avancent vers l'usine. Charlie lui n'est pas en vue, il est de l'autre côté du bâtiment. Expert de l'infiltration, il préfère agir en solo et a déjà prouvé ses compétences plus d'une fois.

- Vigie abattue. La voie est libre.
- Roger. On y va Bravo. Charlie, feu vert pour l'infiltration. Zulu, tu couvres les sorties. On pénètre en zone hostile, communication à leurs minimums.

Aucune détonation ne s'est faite entendre. On dirait que les silencieux font leur travail. Les deux commandos avancent d'un bon pas vers l'entrée, ils ont quitté leur approche furtive pour une approche prudente. Le fusil épaulé, ils avancent en surveillant chaque ouverture, chaque interstice, jusqu'à finalement atteindre la porte d'entrée.
Là, ils se collent chacun d'un côté et attendent patiemment. Ils savent que quelqu'un finira par sortir avec un paquet tôt ou tard, c'est ce qu'ils attendent. D'ailleurs les sorties sont relativement régulières, ça ne devrait plus tarder.
Finalement, la porte s'ouvre. Un type en uniforme en sort, avec un paquet sous le bras, comme prévu. Occupé par sa besogne, il ne voit pas les deux types cachés. Une fois la porte fermée Alpha tend son arme de poing, elle aussi équipée d'un silencieux, sur le chinois. Il avance à pas de loup à sa suite jusqu'à la benne et lui répand la cervelle contre elle avant de le basculer à l'intérieur. Puis il ouvre le paquet pour goûter son contenu.

- Poudre blanche. Fentobenzym, coupée au perchlorate de phénélium. Quelle saloperie. Je comprends que les commus veulent se débarrasser de cette merde. On y va.

Toujours l'arme au poing, il revient vers la porte où l'attend Bravo qui lui a son fusil toujours prêt. Manœuvre coordonnée : Bravo ouvre la porte, Alpha le bras tendu abat les deux chinois qui gardent l'entrée avant qu'ils n'aient le temps de réagir. Ils s'attendaient à voir rentrer l'un des leurs les pauvres, leur garde était relâchée.

- Entrée sécurisée, on planque les corps et on progresse.
- Roger Alpha, j'entends de l'agitation, je crois que j'ai atteint la zone de fabrication. Zone B-12, dernier étage.
- Calme plat à l'extérieur.
- Roger, on arrive.

Les deux commandos continuent de progresser dans l'usine, prudemment. La méthode reste la même : Alpha abat les cibles silencieusement et Bravo le couvre avec son fusil au cas où la situation échappe à leur contrôle. Évidemment ils n'ont pas de plan du bâtiment et ils progressent à l'aveugle pour rejoindre la zone indiquée par Charlie. Tiens, en parlant de lui :

- J'ai Noël en visuel. Il est en train de discuter en chinois avec un mec, je pige rien. Je suis sur les poutres porteuses, au dessus d'eux, j'attends votre arrivée, over.
- Reçu, arrivée prévue dans 4 minutes.

 



Les secondes passent, se transformant en minutes. Pendant tout ce temps Noël parle avec un chinois tout en s'approchant d'une ligne de fabrication pour voir comment c'est géré. Ils font ça à la chaine, comme des ouvriers. Un tapis roulant qui servait à autre chose dans le passé convoi les cristaux extraits de lourdes verreries en amont et chacun à son rôle.
Le premier trie les impuretés, le deuxième mélange les cristaux des deux sources, le troisième homogénéise les quantités et les suivants récupèrent des doses précises pour les emballer en petits sachets. Les sachets tombent dans un carton juste assez grand pour rentrer dans une boite aux lettre, sont tassés par un dernier membre de la chaine qui, une fois le carton plein, le ferme et le remplace. Tous ces cartons sont ensuite regroupés en nombre plus ou moins grand puis embarqués dans les grandes bennes à l'entrée du bâtiment.
Quelle machinerie humaine ! Et Alpha avait abattu l'un des rouages, il allait falloir agir vite avant qu'ils ne s'en rendent compte.

- Je suis arrivé devant la porte indiquée. Quelle est la situation ?
- Rien dehors, mais il fait plutôt beau. Je me demande juste où est le mistral-
- La ferme Zulu, c'est à Charlie que je parle. Charlie ? Charlie tu me reçois ?

Pour une raison inconnue, que je ne vous révélerai pas tout de suite pour garder le suspens, Charlie ne laisse paraitre aucun signe de vie à travers la radio. Après une minute entière d'attente et deux appels de plus, Alpha s'impatiente.

- Merde. Où est Charlie ?
- Il a du lui arriver quelque chose, il faut qu'on entre !
- Ok mais pas de précipitation, on reste discret le plus longtemps possible. Zulu, vigilance à 100%

Sur ces mots, Alpha commence à rentrer dans - Roger. Ah non hein, pas Bob. Il est assez chiant dans l'histoire il ne va pas venir en plus couper mes monologues de narrateur ! Je reprends ...
Sur ces mots, Alpha commence à rentrer dans la pièce, il entrouvre la porte, jette un coup d'œil rapide, vérifie que personne ne regarde dans sa direction, puis se jette derrière une machinerie inutilisée vers l'entrée de la salle. Il cherche dans les hauteurs Charlie des yeux quelques instants avant de se reconnecter sur le bas et les adversaires.

- Caisses à gauche, 2 mètres, à mon go ... go.

Bravo entre à son tour, le plus discrètement possible. Il avance rapidement, mais sans bruit à l'aide d'une technique de marche qui donne un peu l'air plouc. Soudain ! Tout à coup ! Sans prévenir ! Là je ménage juste un peu le suspense, mais je vais vous donner la suite promis. Une détonation. Un coup de feu ! C'est Alpha qui vient de tirer sur un chinois, hors du bleu. Euh ... je veux dire "out of the blue" !

- On est repéré, engagement !

Ca y est, la scène d'action arrive, j'en suis tout excité, pas vous ? Les balles pleuvent, les chinois tirent avec des pistolets mitrailleurs mais ratent parce que c'est les méchants et les commandos utilisent leurs fusils d'assaut et en dégomment quelques-uns de temps en temps. Noël lui se jette derrière un tapis roulant pour se mettre à couvert et sort un flingue taille XXL qui fait des trous de la même taille dans les murs ou dans les caisses.
D'ailleurs les ouvriers de la chaine ne s'arrêtent pas. Ils sont sûrement drogués et complètement déconnectés de la réalité. Ils continuent à produire au milieu de la fusillade, ce qui donne une image surréaliste du champ de combat. Mieux équipés, mieux entrainés, moins exposés et surtout dans le bon camp, Alpha et Bravo réduisent petit à petit le nombre d'ennemis. Comprenant que la situation ne tourne pas en sa faveur Noël décide de prendre ses jambes à son cou. Pardon : d'effectuer un repli stratégique. Rampant entre les machines et passant de couvert en couvert, il finit par atteindre la porte de l'autre côté de la pièce.
Avec pas tellement de retard, Alpha et Bravo se lancent à sa poursuite après avoir abattu le dernier chinois hostile de la pièce. Avec vigilence mais rapidement, eux traversent la pièce par son centre, enjambant les tapis roulants et bousculant un peu les ouvriers qui ne réagissent pas plus. Attendez, j'avais dit qu'il ne restait plus personne ? Alors pourquoi un asiatique s'effondre à leurs pieds juste avant qu'ils n'atteignent la porte ? Ils lèvent les yeux vers l'origine de sa chute. Sur les poutres, en haut, ils voient la silhouette de Charlie se découper dans la lumière des fenêtres de toit.

- Désolé, j'ai failli me faire repérer, j'ai dû couper la radio. Rattrapez-le, la voie est libre. Je vais essayer de lui couper la route.

Après avoir dit ça, Charlie utilise une poutre pour se balancer jusqu'à une fenêtre ouverte et disparait de l'autre côté. Alpha et Bravo reprennent leur route au pas de course. Mais à peine arrivés dans la pièce suivante, ils freinent de stupéfaction avant de se reprendre et de repartir. Pourquoi me direz-vous ?
Simplement parce que la pièce contient une dizaine de cadavres de l'ancienne triade. Certains égorgés, d'autres éventrés ou poignardés. Il y en a même un pendu par un filin d'acier qui tournoi dans un coin de la pièce.

- Zulu, Noël essaye de se barrer par derrière. Surveille sa voiture.
- Je suis dessus.
- Charlie, qu'est-ce qui s'est passé ici ?
- Je vous l'ai dit, j'ai du agir. Les choses ont un peu dégénéré.
- Merde, je vois un convoi en approche. Trois grosses bagnoles. Noël a dû appeler du renfort.
- Probablement ceux qui ramassent la dope. Avec les chinois morts ils vont se servir avant que quelqu'un d'autre tombe dessus par hasard.
- On a le temps de le buter avant qu'ils soient là, le plan ne change pas. Zulu toujours pas de visuel ? On arrive dehors dans 20 secondes !
- Négatif. J'ai pas la porte en visu mais rien autour de la voiture.
- Ok, on reste vigilant, il doit préparer un truc.

Arrivé à la porte de sortie de secours, les deux commandos n'ont toujours pas croisé un garde. Charlie était diablement efficace. A ce niveau là ce n'était plus de l'infiltration mais de l'assassinat de masse avec nettoyage inclus. Passant la porte encore ouverte, quel ne fut pas leur étonnement !

- R.A.S. Putain mais il est où ? Zulu, toujours pas de visuel ?
- Négatif.

A ce moment, la porte se referme dans un fracas et la tête de Bravo éclate. Hé oui, même si c'est un gentil. Noël, le pistolet encore fumant braque Alpha qui s'est retourné vers lui avec les réflexes d'un félin. Les deux hommes se toisent, tirer le premier n'est pas suffisant. Le doigt du cadavre frais appuierait sur la gâchette de sa propre arme.
Mais une ombre se rapproche. Charlie, discret comme le vent, apparait à plusieurs mètres derrière Noël et s'approche très lentement. Quand je dis le vent, je pense à une petite brise, pas a un ouragan, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.

- Ok mon gars. Je vois deux solutions. Soit on s'abat ici et maintenant, tous les deux et personne n'est gagnant. Soit on part chacun de notre côté et on continue nos vies tranquillement.

Cherchant à gagner du temps, Alpha joue la carte de la négociation. Il en profite pour sécuriser la position de Charlie.

- Ça me va. On baisse nos armes en même temps et on s'éloigne en reculant.
- Me prend pas pour un jambon. Ma voiture est de ton côté. Je te propose plutôt ça : on baisse nos armes, tu recules gentiment jusqu'à être en vue de ton pote sniper et tu lui dis que c'est réglé. Ensuite tu prends tes clics et tes clacs avant que mes p'tits potes ne viennent te mettre une balle entre les deux yeux.

Merde, comment sait-il pour Zulu ? En même temps c'est vrai que le temps joue contre lui. Les véhicules avaient un peu de route à faire, mais ils seront là dans 10 minutes maximum. Il n'a pas le temps de papoter et ne peut pas prendre le risque que Noël rentre à nouveau dans le bâtiment.
Mais que fait Charlie pendant ce temps, alors qu'il avance toujours à pas feutrés ? Un signe de la main. Il doit avoir un plan. C'est vrai que la priorité est à baisser les armes pour qu'aucun coup de feu malencontreux ne soit tiré quand Charlie agira.

- Ok. T'as gagné pour ce round. Je fais comme t'as dit. Mais c'est pas fini.

Donner le change, pour ne pas éveiller les soupçons. Les deux ennemis baissent leurs armes, à l'affut et prêt à tout de la part de leur adversaire. En tout cas de celui qu'ils voient. Alpha recule doucement jusqu'à arriver en vue de Zulu. Il gère bien son timing et c'est à peu près le moment où Charlie arrive au niveau de Noël qui ne semble toujours pas l'avoir remarqué. Il manque juste quelques secondes. Alpha monte lentement sa main à son épaule pour activer sa radio.

- La cible est éliminée Zulu, démonte le matos et prépare le départ avant que le convoi n'arrive. Je te rejoins dans-

Avant qu'Alpha n'ait terminé sa phrase, une giclée de sang vient éclabousser le sol. Ca y est, l'opération est terminée. Charlie apparait à son tour en vue de Zulu et se dirige directement vers la 4CV. Il ouvre le coffre et y jette la tête du chef des chinois avant d'être rejoint par Noël. Attendez, quoi ?
En effet, enjambant le cadavre d'Alpha dont la tête est trouée d'une balle de 7,62mm, calibre iconique des fusils de sniper, Charlie et Noël se retrouvent devant la voiture pour se serrer la main.

- Comme promis, ma voiture pour pallier à l'absence de mon cadavre, une quantité conséquente de vivres et de munitions et la tête de Wang. En plus de ça, t'auras la prime de la commu garçon.
- Et pour toi mon petit père, un accès sans concurrence à la fabrique. Tu as même gardé les ouvriers en bonus. Tu as désormais toute la chaine de la production et la distribution. Bob, remballe je viens te chercher.
- Reçu, je suis prêt dans 3 minutes.

Alors que la 4CV s'éloigne vers la position de Bob, le convoi arrive. La première voiture charge les paquets déjà prêts alors que les occupants des deux autres pénètrent dans le bâtiment.

- Dépêchez vous de rejoindre la production, on va avoir un tas de cartons de retard à descendre et on a une deadline !

Le gros bonhomme en rouge regarde vers sa voiture s'éloigner vers l'horizon avant de lâcher un rire gras suivi de quelques mots à lui même.

- Hohoho. On n'arrête pas Noël !

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