Gnéseux va !

Chapitre débuté par Gné

Chapitre concerne : La caravane, Gné,

Une douce caresse sur ses cheveux, un doux murmure à l'oreille
Clignement des yeux
Un nouveau monde
Clignement des yeux
Maman t'aime mon grand
Clignement de Yeux
Touches mon pénis

Le tout se présente dans mon tête et se colle, et se change. Sa fait quelque chose ici, dedans. Après, par exemple, sa change. Même si même chose, sa peut changer. Parfois non aussi. Sais et plus ce qui fait. C'est mélangé moi. Mais là, non. Même si tout le temps comme ça, mais pas là. Parfois, j'ai envie. Hahahah. J'ai envie de ça. Des fois je veux pas, mais je veux. Des fois je veux tellement pas que je veux le fait, même quand je veux pas plus. C'est mélangé tout pour moi. C'est quand c'est maintenant que c'est plus facile. Maintenant, je sais. Je sais pas quoi, mais je sais que je sais que maintenant c'est pas là-bas, loin pour moi. Je peux des choses dans maintenant mais quand sa devient loin, c'est loin pour quand je regarde. Moi sa mélange pour moi. 

Mais des fois, c'est clair. Quand j'ai envie et que je veux veut comme moi, c'est comme ça. Mais pas lui. Parle, parfois fâche, parfois rit. Vide, vide, vide. Moi parfois rit, parfois fâche. Je sais pas moi. Explique, explique, explique. Cris, parle, rien. Chose, plein comme chose comprend pas. Comprend pas est tout mélangé et mélange tout dans ici. Pis je fâche. Pis je frappe. Pis je pleure. Pise je excuse. Pis bouge plus. Pis je pars. Je sais pas moi. C'est pas moi, c'est lui.

Moi tout noir pis pas Tout blanc. Tout blanc qui parle. Tout blanc mélange, j'entend mélanger comme Moustache ses poils. Pis mélanger tout tout tout. HAHAHA Pis Silence... silence qui suit qui pas bon comme bizarre. Pis Beau sourire à Grosse bouche. HAHAHA Tout blanc la Moustache Silence Beau sourire à Grosse bouche ! HAHAHA Pis Pointe coloré, mais silence comme silence. Pointe coloré pas mélangé Tout blanc moi comme tout Noir. Loin, loin, loin... Sa colle plus, change encore. J'ai caca, tu touches mon pénis ? HAHAHA Des poils au nez AAAMIIIII ! HAHAHA





 
Jed avait rencontré tout types de personnages dans les égouts. Mais celui-là semblait particulièrement abimé. Un grand bonhomme a la peau sombre bien construit, mais dont la sanité de raison et d'intelligence s'était envolé. Ou du moins s'était enfouis quelque part.

Il était clair que son esprit fonctionnait. Que des neurones se branchaient les uns aux autres. Mais qu'avait-il bien pu lui arriver pour disjoncter comme ça ? Jed parvenait la plupart du temps à reconnaitre une allusion ou deux dans ses propos. On ne comprenait pas du tout ou il voulait en venir et pourquoi il faisait ce qu'il faisait. Bon, c'était pas facile avec lui. Mais au moins, il suivait le groupe et agissait de manière à peu près cohérente. Suivre quand il fallait suivre. Farfouiller et trouver de quoi becter de temps en temps.


Jed pensais qu'il avait besoin d'aide ce grand bonhomme. Alors par moment il tentait de creuser un peu plus ... En ce moment, il essayait simplement de lui demander quel était son nom.
D'un pied à l'autre il tangue au rythme de sa tête qui se balance. Il arrête, regarde l'homme et lui sourit. Il tape dans ses main. HAHAHA Un sourire large qui laisse voir ses dents blanches. Puis il recommence la valse. S'arrête, un pas devant, touche l'homme du revers de son index et revient. Il s'agite, fait des bruits de gorge. Il ève la tête, regarde autour et en soupirant il ouvre grand les yeux. 

- Gné... Gné faim Tout blanc AMI pas bien, Gné pas bien. GNÉ FAIM TOUT BLANC !

Ses narines deviennent plus large, sa respiration plus rapide. Les points sont serrer, sur le sol il frappe du pied. FAIM ! FAIM ! FAIM ! 
Quand bien même il ne l'avait pas exprimé clairement, Gné semblait être le terme qu'il utilisait pour parler de lui. Tel serais serait son nom, "Gné". Quand on parlerait de lui, nous le désignerions par "Le Gné". Au premier abord, Jed trouva ça un peu trop péjoratif. Mais après tout, cela le décrivait bien, alors c'est ainsi qu'il en sera.

Jed s'occupait assez bien du Gné. Enfin, c'est ce qu'il se disait. Quand il tapait du pied en criant "FAIM" il lui donnait à manger. Quand il réclamait à boire, il lui donnait à boire. Mais surtout il le traitait amicalement. C'est certainement le côté paternel de Jed qui prenait le dessus. Cela faisait bien longtemps que cet aspect de lui n'avait pas pu s'exprimer, depuis ... Enfin, c'était il y a longtemps. Alors, s'occuper du Gné, bien que ce soit différent, lui rappelait son rôle de père et ça lui faisait du bien.

Voilà maintenant plusieurs semaines qu'ils avaient quittées les cavernes malodorantes où ils avaient longuement pataugés. Le comportement du Gné dans le groupe était érratique: parfois calme et silencieux. Parfois sur-excité et insistant. Les moments les plus délicats étaient les nuit où il ne dormait pas pour à la place crier et s'agiter dans tout les sens. Ce qui empêchait tout le monde de dormir ...

Ces montagnes n'en finissaient pas. Passer un col en laissait toujours apparaitre un nouveau. Mais au moins, la marche le canalisait. Regard baissé en direction de ses pieds, l'esprit ailleurs. Jed pensait que c'était bon pour le Gné de marcher. Ce qu'il s'en disait c'est qu'un peu de sérénité dans un esprit agité ne pouvait que lui faire du bien. Alors, un jour, lors d'une énième marche qui les mena en haut d'un col d'où on pouvait apercevoir quelque fumeroles laissant deviner des habitations, il s'approcha du Gné et lui parla comme si le Gné saurait le comprendre.



Tu vois ces fumés là-bas le Gné ? C'est là que nous allons pour le moment. Là-bas il y a du monde. Ce n'est pas comme quand on marche tu comprends ? Je sais que pour toi c'est compliqué quand il y a du monde. On ne restera pas longtemps mais on a besoin d'y rester quelque temps. Ils auront peut-être du travail pour nous, sur les routes j'espère. Je vais t'emmener avec moi d'accord ? Je sais que tu aime marcher.