Tiny Star

Chapitre débuté par Jackson Johnson

Chapitre concerne : Jackson Johnson,


Parce que Tony Stark, c'était déjà pris.

 


Chap 1. Alt




Alt c'était la première qu'il avait sauvé. Dans un flagrant manque d'imagination, il s'était présenté comme Iron Man, le nouveau. Après tout, l'armure rouge et le fer à repasser acréditaient l'hypothèse.
Il avait été là quand elle avait tué un zombie, qu'il avait pourtant tenté de protéger. Il s'était retenu de gronder, c'était pas voulu, même si visiblement ça la soulageait.
Il avait été là pour l'empêcher de se droguer, respirant des vapeurs plastique, du temps ou elle respirait des trucs.
Il avait été là pour l'orienter vers Cayenne, et son groupe, ceux voués à survivre, parce qu'ils savaient un tas de trucs.
Il avait été là pour écouter les voix qu'elle avait dans la tête et qui devaient sortir d'une façon ou d'une autre, se disait-il. Mieux valait lui qu'un autre, comme genre, par exemple, un professionnel des fous.

Il avait, avec elle à chaque instant, coché toutes les cases du bingo des mauvaises décisions, en la contraignant à son mode de vie à lui, l'amenant à s'éteindre à petit feu.

Note pour plus tard : Le héros est intransigeant. Valeurs, morale, conduite. Du coup, on peut imposer au monde qui nous entoure ces choses, vu que le code est bon, rendre le monde meilleur. Si le code est très vertueux, user de tous les moyens nécéssaires pour avoir un monde grave meilleur.
Intransigeant. C'est le noyau de soi qu'il faut absolument préserver, et mettre à l'abri, quand les temps s'y prêtent moins. Un héros mort ne sauve plus rien. Et si tout le monde est du côté du bien, y a plus rien à sauver non plus.

Morning routine.

 

Chap 2. Cayenne





Elle avait grandit dans les rues de Port au Prince. Du coup, ça faisait d'elle la cheffe, même si c'était pas la plus vieille du lot. C'est celle qui savait, et c'est plutôt crucial dans ces moments.
Savoir qui sauver, qui tuer, qui bouffer, quoi faire, ou aller.
C'était l'impression qu'elle dégageait, celle de savoir, et force est d'admettre que ça marchait bien. Avant que les choses ne marchent plus, comme c'est le cas en général.

Quand il avait multiplié les blessures et les infections, elle l'avait débarassé de sa grosse armure qui le faisait rôtir dans sa fièvre et ses brûlures de radiations.
Même quand elle s'était flingué un genoux au combat, elle avait plus assuré que lui qui s'était déchiré la joue et fêlé une côte. Le tout contre un zombie qui ne bougeait déjà plus, précisons bien.

Autant dire qu'elle se posait là en matière de gestion de l'apocalypse, si on exclut une difficulté manifeste à se faire comprendre, ce qui ressemble au lot des grands chefs du nouveau monde.

Elle aurait pas parié un centime sur la survie d'un type comme Jackson.
Sur la survie de quiconque privilégie l'amusement et le rêve au pragmatisme.

C'est pourquoi il lui refusa l'honneur de funérailles.

Judie prit sa viande, comme elle même avait eu celle d'Alt, avant de disparaître dans les tunnels. Réduite à l'état de bouffe, de chair, comme les zombies, les palpitations en moins.

Jackson était seul à présent, et lui aussi plus proche, à force, du tas de viande que du héros d'avant.

Note pour plus tard : Moins la véritable armure est visible et encombrante, plus elle protègera ce qui importe vraiment. Ce n'est qu'en temps de crise qu'elle doit être sortie, sortie mais jamais montrée.
 

Le lycée, c'est le cumul de toutes les erreurs qu'on fait pour se trouver.
Coupes de cheveux inclues.

 

 Chap 3. Syd 







Jour de demi-finale du Rose Bowl. Phase offensive pour les Wasp qui jouent à domicile contre les Bears de San Francisco.
Johnson entre sur le terrain, le nouveau halfback porte en lui une relative fraicheur pour sa première entrée en jeu, et les espoirs d'un coach qui voudrait bien renverser le match quitte à risquer sur cette grosse rencontre la santé incertaine de sa nouvelle pépite. Il se place une foulée derrière son Miller, fullback habituel qui lui ouvrira la voie en temps voulu. Genou au sol, le cul massif de Miller lui bloque tout le champ. Alors il fait ce que fait toute l'équipe avant le coup d'envoi, il fixe George, le quaterback qui gueule des ordres codés à tous, l'oreille collée au transmetteur de son casque.
Johnson se fout des palabres. Ce qu'il veut, c'est le regard du capitaine. Quand il l'a, il regarde ses doigts, qui parlent un tout autre langage, et hoche la tête.

Quand le ballon recule, il a tout juste le temps de souffler un mot à Miller qui, dans la seconde, aussi sûrement qu'un muscle obéissant à la décharge d'un nerfs, fait une course en crochet et déséquillibre un premier lineman. Il s'encastre dans deux autres, laissant à Johnson le champ de tracer quinze mètres de plus.

Levant les bras sans même regarder, il compte deux centièmes de secondes avant de sentir déjà le cuir s'écraser dans ses mains. C'est la que le super-pouvoir de Johnson s'enclanche. Sa course explosive, du haut de ses courtes jambes et de son gabarit d'un mètre soixante avec le casque : des accelérations ératiques, chaotiques, trompeuses qui laisse la plupart des défenseurs plonger derrière ses talons sans même qu'il ait besoin de feinter. Loin d'être rapide, sa course est pareille à un mirage qui se trouverait trente centimètres plus loin de là ou il semble être.

Tout comme son glissement surprise de running back à receveur laisse tout le monde, même dans son équipe, sur le carreau. Tout le monde sauf Miller, qui pige pas grand chose mais qui a bien répété cette surprise. Tout le monde sauf George, bien sûr, le cerveau derrière tout ça.
Le touchdown surprend tout le monde, et c'est sous une aclamation un peu tiède, qui se réchauffe peu à peu que Johnson marque son premier point, esquissant quelques gestes pour le quaterback dans la distance, un immense sourire sous son casque.

Deux défenseurs des Bears se posent devant lui. Un halfback des wasp lui balance un regard noir. En vrai, la plupart des joueurs de champ des deux équipes commencent à le dévisager avec une hostilité relative. Sauf Miller, qui ne comprend toujours pas tout à la même vitesse.

Le Bear dit simplement, avant que Johnson ne regagne le banc :

"On sait pour Syd George et toi. Et tout le monde saura sous peu."