Squat à puces pour vermines en transe

Chapitre débuté par Ruth

Chapitre concerne : Ruth,

Préambule : Le Silence, vieille salope d’EHPAD.

Le petit chat crasseux a gambadé, de couloirs puants en dédales sinistres jusqu’à s’en faire des ampoules aux coussinets. Pour le moment elle laisse respirer ses arpions dans une flaque froide d’eau croupie et saumâtre. Et, sans demander le grand luxe, espère ne pas buter contre l’aiguille d’une seringue usagée. Il ne manquerait plus qu’elle se chope la saloperie d'une vieille queer pleine de croûtes.

Pas tout de suite. L'histoire ne fait que débuter.
 
Ruth renifle nerveusement et contemple ses orteils maigres mal dessinés, pas très jolis faut l'avouer. Elle sent aussi qu’il n’y a pas que cet endroit qui schlingue. Ses aisselles sont deux anus qui lui rappellent que ça doit bien faire un bail qu’elle n’a pas pris de douche. 

"Y'a peeersonne !!", croasse-t-elle, lasse d'être seule avec ses pensées cassées et vulnérable si deux bolos du 92  venaient à lui sauter dessus sans crier gare  Ruth se décide donc à remettre ses grolles déglinguées et marmonne un flot d'insultes lorsque le frottement vient percer une des ampoules. La chair à vif, ça aura au moins le mérite de la tenir en alerte. Allez savoir sur quoi elle pourrait tomber au prochain tourniquet du viol. Ou du relou à maltraiter verbalement  avec quelques odieuses insultes bien dodues. Elle s'enfonce encore un peu plus dans les boyaux odorants de cette Terre du Milieu pour pauvres. Croise un vieux sénile, puis un cadavre recouvert de mouches, encore un couloir. Puis un long corridor dont les murs carrelés disent "on souffre" et où le sol est recouvert de pages d'un magazine pornographique. D'un coup d'oeil, Ruth croit reconnaitre Sasha Grey. En charmante compagnie cela va sans dire. Et elle continue sa lancinante promenade de santé, mains dans les poches et la tête des mauvais jours.


 
Le chaton cloqué avance en maugréant de temps à autre et opte finalement pour se reposer sur un siège de fortune érigé à la gloire de l’art moderne. Un joli bloc de béton armé où faire la sieste et soulager ses guitares. Et comme si ça ne suffisait pas, elle finasse aussi à la radio avec les quelques bavards des souterrains. Rien de très encourageant mais ça change des baveux pourris et sans âme. 

Au plus profond de ces boyaux souterrains galeux, elle a tiré Cuirmoustache en pleine romance avec une trimardeuse soldée. Sans doute plombée aussi. Et Ruth sent venir la tragédie grecque lorsqu’un capuchon jouant le rôle de Monsieur Seguin avec ses baveux en guise de troupeau lui parle déjà d’une fellation hypothétiquement gratuite avec la boucanière précédemment nommée. Même dans les entrailles putrides on y diffuse les feuilletons d’un dimanche après-midi pluvieux.  Il ne manquerait plus que Ruth et l’hétaïre de troisième zone se rendent au même endroit. Ça serait assurément le mauvais trip et gâcherait le premier coucher de soleil vu depuis des lustres. 

Ruth se met à siffler pour briser la monotonie des lieux. Elle s’est habituée à l’odeur nauséabonde de cette Batcave du pauvre mais supporte difficilement le silence ponctué du râle incessant des zombis. L’idée de se défouler sur l’un d’eux a fait monter en elle une certaine excitation mais entre une idée et son accomplissement, la marge est parfois grande. Fracasser un corps humain n’est pas donné au premier quidam venu. Et l’énergie pour sortir de cette fosse aux allures de tombeau est précieuse. 

 
Max et sa sublime moustache avaient à peine commencer à explorer l’immonde égout que déjà ils  avaient trouvé une perle au milieu de la merde. Une petite nénétte en dessous afriolant qui dandinait du cul comme pas permi et qui semblait très ouverte à soulager les bas instincts de notre aventurier.
Il avait également entamé une conversation avec une fille  un peu plus loin qui avait l’air moins facile et c’était peu dire et qui voulait troqquer des BN ou une connerie du genre. 
Mais là il l’avait un peu oublié, obnubilé par le petit cul de Nikita.Comme supposé cette dernière ne se montrait effectivement pas farouche bien au contraire et voilà qu’elle avait déjà son membre viril en pleine bouche.  Sur ce dernier l’avaleuse ne pouvait pas manquer de remarquer le petit tatouage représentant une moustache.

De là ou elle étaitRuth  
pouvait observer le mec torse nu qui se faisait sucer la nouille allègrement et sans la moindre gène à la vue de tous.

C’est à ce moment précis que la  radio du moustachu grésille et que se fait entendre le message de Ruth :



« Pour toute réponse, une grosse quinte de toux suivi d'un gros crachat au sol. 

"Ouais, super Cuirmoustache. Moi faire troque avec toi pour Choco BN", ironise-t-elle sans aucune joie.

L'effrontée se pose sur une cagette après avoir envoyé valdingué une bouteille de vinasse au loin. 

*KLING... kling*

"Mais me prends pas pour l'autre vide-burnes surtout." 

Elle renifle. 

"Tu m'as l'air un peu excité quand même. C'est pupute qui te met dans cet état ou tu es comme ça tout le temps ?" 


D’une main experte Max presse avec vigueur la tête de Nikita contre sa verge afin d’accélèrer le va et viens. De l’autre il saisit le micro de sa radio et répond à son interlocutrice d’une voix libidineuse

Tu m’étonnes la gueuse que je suis grave excitéééée ! Cette petite pupute comme tu dis  est en train de me donner une pipe de 1ére classe !
Ouai...
C’est trop BON !
Heu…
 Ca t’embête pas je te recontacte quand j’ai terminé de lui casser les pattes arrières
 !


Il jette le micro par terre mais sans couper la radio ce qui laisse l’opportunité à Ruth d’entendre la suite.

Il attrape la nuque de Nikita et la retire de son sexe  puis sans ménagement il la retourne et la plaque violement contre la paroi poisseuse de l’égout. Il baisse ensuite son  sous vêtement, la rattrape fermement par les hanches et sans autre forme de préliminaire s’enfonce vigoureusement en elle. Alors qu’il la besogne avec force il se met à gueuler dans son oreille


Enchanté Nikita ! Ca te va bien, t'es nikable à souhait...
Ouai...
Vraiment c’est un plaisir d’être contre ton petit cul... 
Je m’appelle MAX… Hmmm
Max la moustache !
Et je vais t’en foutre un Max dans le boule avec ma petite moustache.


Hahaha

Il se met à rire hystériquement et continue à la baiser férocement jusqu’à l’explosion finale qui ne tarde pas.

Aussitôt il se rhabille et lance un sifflement de compliment avant de dire...


T'inquiéte pas va! Personne viendra t'emmerder! Un petit cul bon comme ça je suis pas prêt de le lâcher! 

Et comme pour ponctuer son propos il lui balance une grosse claque sur le postérieur
 
Ruth écoute le crique de Cuirmoustache sans broncher. Elle a les yeux portés dans le direction de l'érotomane. De l'obsédé de la vulve qui a déjà été bien trop limée dans tous les sens au goût de miss vingt printemps. 
SOIT.

Que la volonté du CHIBRE s'accomplisse. 

Brunette pousse un soupir inaudible, ses yeux lavasses toujours dans le vague. Elle ne distingue que deux silhouettes grotesques et de nouveau la voilà qui s'emmerde. 

Une putain de pantomime du cul. 

Non. La radio, écoute. 

"..."

Ta. Gueule.


Sauf que le son offre un léger délai avec l'action qui se déroule non loin. Cela donne à la scène quelque chose d'un rien grotesque et suréaliste. 

"Pfffd'putaind'règnedelafffffesse, grogne-t-elle en cherchant au fond de sa besace de romanichelle des miettes de tabac." Juste de quoi se rouler une sèche entre ses jeunes doigts minces et quelque peu jaunis aux extrémités par cette garce de Mamzelle Nicotine.

 *TSHLACK !!*, fait le zippo trop classe (mais volé). 

Ruth tire une grosse taffe et profite de la maigre petite boulette d'afghan. Le temps d'une latte alors qu'elle admire le plafond qui menace de lui tomber sur le coin du blair. Tandis que... la radio joue la musique de l'autre connasse qui gueule comme un truie au moment de la mise-bas.

La môme envoie valdinguer son mégot d'une pichenette, geste maintes fois répété, en direction des deux mammifères qui semblent avoir terminé leurs ébats de primates. 

*Clap.*

*Clap* *Clap*, applaudit-elle sans le moindre enthousiasme et affichant la tête de le meuf bien saoulée du fion. 

Ruth saisit brutalement sa radio et grince entre ses dents. Jointures blanches. 

"Bon, maintenant que tu t'es bien vidé les burnes, tu vas pouvoir un peu te rebrancher sur le canal CERVEAU. C'est bon, j'ai toute ton attention ?"

Brunette pas choupinette se lève et vient foutre un coup de latte sur la cagette qui n'a pas le temps de lui dire bye-bye. 

"Le Père Kiki qui distribue des BN comme des Spasfon m'a parlé d'un endroit où on pourrait espérer mieux qu'une vie de servitude et de doigts dans le cul comme seul salaire. T'entrave ?" 

Sa main libre est posée sur son bras occupé avec la radio mais l'index bat la mesure. Comme un putain de métronome agité de spasmes. 

"Du coup, tu vois ça avec bobone avant ou une laisse suffira pour qu'elle te suive ?" 

Elle renifle un bon coup et accuse alors un petit sourire en coin avant d'ajouter, espiègle :

"Prends quand même deux secondes pour reprendre ton souffle pépère. On n'est pas aux pièces."
La crevette noire
 

Les pieds dans la merde
                         Et ça fait flocflocfloc 

Il se trouve que le petit chat aux coussinets esquintés s'entend assez bien avec le remuant Max. Symbole de crasse et de virilité, fraîchement rebaptisé "Cuirmoustache".

Un titre honorique au sein de ce groupe de joyeux lurons plus ou moins connus sous le nom des "Chiens de la Casse". La brunette, bien qu'elle ne veuille pas l'admettre, se sent quand même plus en sécurité avec Max pour jouer les gros bras. Elle, sera le cerveau des opérations clandestines dans cette océan souterrain de matières fécales et de corps en décomposition. 

Rien ne lui échappe ou presque dans ce royaume des ombres et aux allures de composte. Et certainement pas les fréquences radios actives émétant des petits *bipbipbip* sur sa radio volée au surplus de l'armée. Mais ça, c'est une autre histoire. 


*KLANG !!!* 

*KLANG! KLANG! KLANG !* 

"Allez Cuirmoustache, réveille-toi putain !" 

Les coups de groles répétés sur de la tôle froissée viennent de réveiller la douleur des ampoules crevées. Et c'est pas pour la mettre de bon poil, la pitchoune hirsute. À coté d'un Max s'éveillant hagard, Nikita continue de dormir comme un loir. 

"Putain de putain !! C'est quoi cette marmotte ?!"

Max !!? Ton speu est si soporifique que ça ?!" 


Ruth se passe une main derrière la nuque et souffle, légèrement saoulée. 

"Des chiens de la casse, qu'est-ce que je disais..." 

La brunette s'active alors à plier son maigre paquetage de clocharde et lance un regard en biais à Max. 

"On bouge. L'aut' conne n'aura qu'à nous rejoindre quand elle aura ses 72h de sommeil dans la cheutron." 

Un petit rictus mauvais qui disparaît aussi sec. 

"On a  à faire un peu plus au nord." 

Sans plus d'explications, Ruth se met en route avec son nouveau bras droit fort en muscles. La marche n'est pas si longue et encore moins compliquée alors que le signal visé se fait de plus en plus précis. Et le tout en silence car Ruth n'est pas vraiment du matin.

Soudain, elle s'exclame à voix basse.


"Là, regarde. Ne lui fais pas peur surtout..." 

Max peut alors distinguer une petite forme se détacher du reste du paysage. Comprendre, un cadavre encore frais près de lui et un baveux sans intérêt. La brunette s'avance lentement et se met accroupie pour avoir le visage à hauteur du gosse. 

"Salut toi. C'est Ruth, tu reconnais ma voix ?" 

Elle attend une réaction et lance à Max, de la même petite voix de fausset :

"Maaax choupinet ? Je te présente Dhartha.

Dhartha ? Lui c'est Max la Moustache. Et il est très gentil." 

*Renifle*

"Max, il te reste un Pringles à donner à Dhartha ? Et ensuite, tu pourrais peut-être t'occuper de ce corps, là.

Comme tu sais si bien le faire avec celui des rats".

Elle tente son plus beau sourire à Dhartha en espérant ne pas avoir à lui courir aux fesses à travers ces tunnels puants.
*SHRRRR....SHRRRR...SHRRRR....*

Le bruit du sac résonne dans l'ombre du tunnel. Ce sac, que le gamin traine derrière lui, est presque aussi gros que lui, le petit biaffré bien nourris. Ses parents lui ont appris à ne rien gâcher et il toujours obéis à cette règle. Comme à celle qui dit qu'on doit toujours bien se cacher pour pas que les vilains monstres roux ne viennent le manger. Il y croit lui aux monstres roux, c'est eux qui ont mangés son pôpô et sa mômôn.

Mais si y'a un truc qu'il a comprit, c'est que dans le noir, y'a toujours des gens tout bizarres qui bougent plus et qui se laisse manger. Et Dhartha lui, il aime bien ces gens là. Contrairement aux autres, ceux là ne n’essaient pas de lui faire mal et ils ont toujours des trucs à manger ou à boire. Et Dhartha lui, il aime ça manger et boire.

Alors il traine son sac, d'abris en abris. De temps en temps il croise des reste de gens que les roux y s'ont mangé et ça lui fait peur. Alors il continu à avancer. Parfois il s’arrête pour faire son pipi et son caca, parce que lui c'est un grand, y fait plus dans son pantalon. Et même qu'une fois, y regardait les gouttes vertes du plafonds tomber et que l'appareil de son pôpô s'est mis à parler avec une voix de femme. Elle s'appelait Ruth et son copain Max y l'avait des moustaches de Springueulle. Les Spingueulles c'est les gâteaux de Péritif. Dhartha y sait pas qui c'est Péritif mais il aime ça les gâteaux.

Mais quand même, ça lui fait peur les gens qui bougent. Et un matin (ou une nuit? y sait pas lui, façon y fait toujours nuit ici), ben la dame Ruth elle est venu. Elle a l'air gentille et elle parle encore des Springueulles. Dhartha y sait pas mais y pense qui aime ça les Springuelles de Péritif. N'empêche, il a quand même peur le loupiot, Alors il se fait tout petit derriere le reste de gens, si petit qu'on y voit plus que ses grand yeux bleus tremblants, passant de la femme à la moustache. 


- Oui, j'ô souviens. C'ô toi que tu veux l'être mô mômôn et môn pôpô?

Il cherche du regard et voix une troisième personne, pas franchement habillée pour une rando.

- C'ô lui Péritif? Tu crois qu'y veux bien môn donner des Springueulles? Tu sais moi j'aime çô les gôtô moi. J'suis un grônd maintenônt, j'ai le droit hein. Et puis dis.. T'es pôs une monstre roux qui vient pour me mônger moi hein?

Max arrive à la rencontre du gamin dans les pas de Ruth. Torse poil il sifflote et dégage une apparente décontraction qui contraste avec l’horrible paysage du sous terrain. Les mains dans les poches, une vieille besace usé logé sur son épaule, type se balade dans l’égout comme si il était à la plage. Il a toujours la moitié de la gueule couverte de sang séché ce qui combiné à son impressionante musculature lui donne une allure vraiment intimitande.

Pour autant à la vue du gamin il s’efforce de lui lancer un sourire aussi rassurant que possible et tortillant sa sublime moustache déclare avec enthousiasme :

 

Je suis Max ! Max la moustache ! Salut le mouflet!

 

Ne sachant trop comment se comporter avec un gosse il se gratte le menton en cherchant sa meilleure réplique.

Elle ne tarde pas

 

Ben alors ? T’es tout noir dis donc!

Remarque ça doit être pratique pour se planquer des monstres ROUX ! Vu qu’il fait TOUT NOIR ICI !

 

Il éclate de rire

 

Puis voyant que sa blague ne fait que peu d’effet il hausse les épaules et annonce.

 

Désolé pour les Pringles demi portion ; l’autre salope là bas...

 

Il désigne Nikita d’un air dédeigneux

 

A tout bouffé. Pis t’aurais pas aimé la sauce spéciale qui allait avec ! Ca non crois moi!

 

HAHA

Ne sachant pas quoi ajouter pour "rassurer" le gamin il hausse de nouveau les épaules et s’approche du cadavre désigné par Ruth et entreprend de le découper méthodiquement avec son vieux bout de métal rouillé.

Il ne prend aucune précaution particulière pour rendre la scène moins choquante et sort les entrailles une à une en totale décontraction. Il sifflote comme si il était en train de préparer un milk-shake

 

Le secret gamin c’est de bien les éplucher tu vois !

 

Héhé

Comme ça!

T’inquiète pas va mouflet!TONTON Max va t’en garder un morceau bien tendre, rien que pour toi !

 

Ruth envoie à la petite crevette noire son plus beau sourire. Le genre qui peut passer si on est un gosse de dix ans prêt à gober tout et n'importe quoi.

Son jouet. 

Il est là, 

son jouet. 

Elle passe une main malhabile qui se veut affectueuse sur la petite tête crépue et sourit tout en canines.

Tu as entendu, "Péritif ?, lâche-t-elle amusée à Max. Il veut un Pringles notre grand garçon."

D'une voix douce et maternelle qui ne lui sied pas, elle poursuit en caressant sa petite mimine tenue fermement dans la sienne. 

"Maintenant je vais être ta maman, et Max... ton tonton."

"..." 

Alors que Max s'amuse avec Dhartha et lui explique les rudiments du dépiotage de rat, une alarme retentit brusquement dans son esprit malade lorsque Max fait allusion à la "salope". Du coin de l'oeil, elle voit Nikita qui se rapproche. Cette dernière s'est enfin decidée à bouger son cul. Aussi, un plan machiavélique bourgeonne instantanément dans la tête du petit chat. L'ombre de l'ancien vide-couilles de Max avance dans l'obscurité, soufflant sous l'effort et semblable à une menace pour les yeux d'un enfant apeuré. 

"Tu sais, Dhartha... il ne faut pas avoir peur des monstres roux..." 

Elle plonge ses yeux lavasses dans ceux du gosse. 

"Mhh ? Aucun monstre roux ne viendra te manger car je suis ta mère et te protège. D'accord ? Bien !" 

Ruth se redresse tout en déposant un baiser sur le front de la crevette avant de s'écarter de quelques pas du gosse pour qu'il ne perde pas une miette du spectacle qu'elle s'apprête à lui offrir. 

Nikita n'est pas vraiment un monstre roux. Tout juste a-t-elle quelques reflets auburn qui pourraient à la rigueur convaincre Dhartha du mensonge que Ruth s'apprête à faire en criant soudainement ;

"DHARTHA ! ATTENTION ! UN MONSTRE ROUX !!" 

Nikita n'a pas le temps de comprendre ce qui lui arrive que Ruth lui envoie une méchante béquille qui la fait tomber au sol avec son maigre barda. La brunette a tout prévu : impossible pour le gosse de s'enfuire vu que Max bloque le passage. 

*VLAN !!*

*POFccRrROaak !!*

Ruth vient d'envoyer un violent coup de pompe dans la mâchoire de la bimbo pour lui interdire toute communication et gâcher la fête. Elle est déjà essoufflée et son coeur bat la chamade. L'effet de surprise était bien sa seule chance car Nikita a une meilleure carrure pour un combat en un contre un. Sans oublier l'opinel en sa possession. 

"Ha ! Tu voulais manger Dhartha hein ? Sale monstre roux !", hurle Ruth en feignant l'indignation. 

Nikita ne peut répondre que par des râles de douleur aiguë, la mâchoire de travers. 

"N'aie pas peur, Dhartha ! Maman te protège !" 

Elle vient poser un genou sur le torse de  Nikita qui tente bien de se dégager. 

*PAF !!* 

*Crrok !!*


Un premier gnon dans les incisives qui cèdent sous la violence de l'impact. Ruth se dit qu'elle ne pensait pas que des râtiches puissent sauter aussi facilement. 

"TU..."

*PIF !! Crrak !!*

"NE.." 

*PAF !! Crrok !!*

"FERAS..." 

*PAF ! PIF ! Craaak !*

"PAS..." 

*POF !!*

"DE..." 

*PAAF ! PIF ! Craaak !*

"MAL..." 

*PIF !! PAF !!*

"À..."

*POF !! PAF !! CRook !*

"DHARTHA !!* 

Le visage de Nikita n'est plus qu'un amas de plaies, de contusions et d'enflements. Ses lèvres sont fendues et toutes les dents devant manquent à l'appel. Les mains de sa tortionaire ne vont guère mieux. De vilaines entailles laissent pisser un sang chaud qui se mélange à celui de la pétasse. 

"J'espère pour toi que tu n'as pas le sida..." 

*Spiouut !*

Elle crache un glaire dans la bouche de sa victime qui s'étouffe à moitié avec son propre sang et qui, comme un poisson sur la berge, est en quête d'oxygène.  Ruth se décide enfin à se relever et s'approche de Max tout en contemplant l'étendu des dégats sur ses mains esquintées.

"Tu peux aller te soulager dans sa bouche... Profite, je crois qu'elle n'en a plus pour longtemps. Tu me laisseras juste la finir", lui souffle-t-elle au creux de l'oreille. 

"Gaffe quand même... il lui reste ses mollaires." 

Mais vu l'état de la mâchoire de Nikita, il lui serait difficile de mordre quoi que ce soit. Ruth revient vers Dhartha, comme si elle venait du jardin après avoir arrosé ses plans de tomates. 

"Alors mon chéri, tu vois ? Il ne faut pas avoir peur des monstres roux..." 

Elle s'assoie à coté du gosse, le prend contre elle et le force à regarder ce qui va suivre.

"Regarde, tonton va faire quelque chose avec la bouche du monstre." 

"..."


Regard diabolique de la brune à Cuirmoustache.

"Vas-y, on te regarde..." 

Max ne prête que peu voir pas d’attention à la scène de bastonnage, tout concentré qu’il est sur le découpage minutieux de sa bidoche. Aussi sa première réaction lorsque Ruth vient lui sussurer à l’oreille est un grognement réprobateur.
Il relève une seconde la tête de son travail pour constater l’état pitoyable de Nikita.
Il soupire longuement sachant pertinnement que ce qui va suivre va encore être moins drôle pour l’édenté et pas joli joli à voir pour le gosse. Il farfouille dans sa besace et en sort un gobelet défoncé en plastique estampillé « la petite sirène » Il en arrache un morceau qu’il crâme avec son briquet tout en se relevant calmement.

En face de lui la pauvre créature est tombé à 4 pattes. Elle pisse le sang et pleurniche,implorant sans doute la clémence du moustachu dans un gargouillis de sanglot incompréhensibles.

En tout cas si c’est de la pitié qu’elle veut il a pas compris.

 

Max la fixe d’un regard froid,sans la moindre compassion. Il s’enfile le bout fumant à ras des moustaches et après en avoir tiré une puissante inspiration de chaque narine le jette dans la plaie béante qu’est le visage de sa victime…

Les yeux révulsés, possédé par sa conssomation il se met à hurler de rage

 

PETIT CUL PUTAIN ! Faut pas emmerder la moustache quand il est de corvée d’épluchage ! L'épluchage c’est un truc sérieux merde !

Max s’avance furieusement vers Nikita qui s’est redressé péniblement sur les genoux et sans hésiter lui balance un puissant upercut dans ce qui lui reste de visage. Ca ne fait pas le même effet qu’avec Ruth. La souillon décolle littéralement et va s’écraser 1 mètre plus loin contre le sol putride. Cette fois c’est sur elle risque plus de se relever. Seul un faible gémissement peut encore se faire entendre indiquant qu’elle est toujours vivante. D’une main il l’attrape violemment par les cheveux, de l’autre il récupère son opinel. Il la traine sur le sol tel un sac de patate pour la replacer bien en face de Ruth et son jeune spectateur.

Il redresse le corp inanimé contre la paroi et devant son visage en bouillie se met à rire de bon coeur.

HAHA C’est sur que t’es vachement moins bandante maintenant !!!

Cela dit y a un truc que j’ai toujours voulu essayer et ça me semble être l’occasion rêvé ! Héhé…

D’un geste expert il utilise l’opinel comme un décapsuleur pour... Arracher l’orbite gauche de sa victime. L’organe vient s’écraser dans un bruit flasque prêt du jeune garçon. Puis toujours avec le couteau il se met à creuser un peu plus le trou sanglant qui était avant l’oeil de Nikita.
On entend plus de gémissement...

Son œuvre terminé Max sourire aux lèvres, se déssape rapidement, sort son membre déjà au garde à vous et l’enfonce de bon coeur dans la cavité ainsi crée en rigolant comme un tordu.

TE NIQUER DANS L’OEIL!!! HAHAHAHAHA

Je parie que tu l’avais pas vu venir celle là ! NIKITA HAHAHA


Cependant après quelques va et viens maladroit Max s’arrête. Il semble déçu. Il hausse les épaules et remballe sa teub pleine de sang aussi vite qu'il l'a sortie.

Ben tu vois en fait… Ouai enfin… Héhé ! Façon de parler  hein !... C’est pas aussi bien que ce que j’avais en tête ! Non décidément tu me fais plus du tout bander…J'ai même pas envie de terminer dans ta bouche...Désolé!
Allé… Salut petit cul ! Au plaisir...

Et sur cette dernière phrase il retourne l’air de rien à la découpe de son cadavre.

Siffler en travaillant...

Ce qu'il reste de Nikita se résume à environs 50 kg de bidoche sanguinolante. Durant toute la performance du moustachu, Ruth s'est bien assurée que le gosse n'en perde pas une miette. Et lorsque le spectacle est terminé, la brune laisse le gamin en compagnie de Max. 

"Je reviens, bonhomme..." 

Le petit chat contemple une fois encore les plaies sur ses mains et lance un regard mauvais à la pauvre Nikita. 

"Tu fais peine à voir..." 

Celle-ci, malgré les coups de chibre dans l'orbite, émet encore un râle sourd et irrégulier. Si elle s'en sortait, probable qu'elle ne serait plus qu'un légume étant donné les dommages causés au cerveau.

Ruth en frissone d'effroi et se dit qu'elle pourrait être à sa place un jour; Qui sème le vent... 

Mais pas maintenant. 

Non hein... 

"..."

Non, pas maintenant. 

Ruth s'agenouille près de Nikita et la colère se dissipe presque pour de bon. Elle n'avait rien fait pour mériter ça. Un coup de folie collective dû à l'enfermement dans ces égouts puants. Elle n'en sait foutre rien. 

Une main tremblante vient caresser fébrilement les cheveux poisseux de l'ex-bimbo. 

Un nouveau râle se fait entendre, presque éteint. 

"Désolée ma grande, mais tu étais un poids mort.

Et je n'ai jamais supporté les pétasses qui misent tout sur leur physique avantageux." 

Un dernier regard, morne. 

"Sale pute", dit-elle lasse.

Sa main vient récupérer l'opinel qui brille non loin de là et de l'autre, empoigne la tignasse de la conne à l'agonie. La tête est tirée vers l'arrière et la lame vient s'enfoncer dans la gorge. Un coup sec et voilà Nikita qui se vide comme un goret. 

"Adieu." 

Ruth essuie la lame du couteau sur le chemisier léopard avant de le plier et le mettre dans la poche de son pantalon. Secouée par tant de haine et de violence, Ruth revient tremblante vers Dhartha et tente un maigre sourire en lui demandant, l'air de rien :

"Tu as faim ? Soif ? Tonton Max peut te préparer un bon steak dès qu'il aura fini."  

 
Il est couché, les yeux fermés, en mode silencieux comme s'il n'était plus là. Mais le bruit, lui, il est bien là lui. Gluant, coulant, sourd, glauque.. Et ça résonne dans la petite caboche. Instinctivement la petite voix chantonne, comme pour occulter l'horreur de la scène, en rythme avec le son des coups.

Achmicha lalla,
Matemchich men darna,
hatta y ji ami Foufou,
Wa hzak a ketfou,
Ou y sarik min souk el souk,
Hta lbab al Marzouk,
Achmicha lalla,
Matemchich men darna,
Khalid manna,
Lyoum ou ghada.


Le va et viens des protagonistes ressembles au ballet des papillons des tunnels autour des sources de lumières. Dhartha fini par rouvrir les yeux au moment de l'oeuillade de Max. Pas sur de tout comprendre sur le geste, il se risque à demander :

- C'est coumme çô qu'on fait guiliguili dôdô aux méchônts monstres roux ?

Pas le temps de la réponse que Ruth retourne à la dépouille agonisant qu'est devenu Nikita, pour revenir vers le gamin après un geste final plutôt décevant. Alors le gosse aussi veut ajouter sa marque. Il lève précipitamment et court en se débraillant, si bien qu'une fois devant le blobfish, son froc est déjà en bas des cheville. Et a l'instar tonton moustache, il introduit son petit oiseau dans l'orbite poisseux. A son air concentré suivit d'un soupir de soulagement on comprend vite que le petit bonhomme se vide la vessie.

Rapidement, le trou se met à déborder... Mais Dhatha ne s’arrête pas pour autant. Il se met à rire.


- Çô fait des guiliguilis ! ôh ! Voilô fini. Bien fait pour toi vilain Péritif !

Il revient vers Max

- C'est quond q'on mônge tôntôn?