Le tremblement de terre de la Bananeraie

Chapitre débuté par Elise Hades

Chapitre concerne : labananeraie, Amicale des Demi-Vivants et Sur-Vivants Associés, Elise Hades,

Carnet d'exploration d'Elise Hades, lune 139, premier jour

Arzel et moi avons passé les derniers jours à crapahuter dans le désert. C'est fou le nombre de caisses de munitions qui remontent à la surface avec le blizzard, à croire que ce coin était une ancienne zone militaire US avant le Crash. La zone 51 ou un truc du genre. J'imagine bien la gueule d'E.T. s'il se repointait dans les parages, il galérerait bien pour téléphoner maison, ce con.
Enfin bref. On m'aurait dit qu'on pouvait autant crever de froid dans le désert, je l'aurais jamais cru. Dans les montagnes, avec le brouillard à couper au couteau, on a failli 5 ou 6 fois tomber dans le ravin avec Panoramix. Marrant comme il est tenace, le druide. A sa place, j'aurais sûrement déjà fait une crise cardiaque. Faut croire qu'il a trouvé sa potion magique pour tenir le coup, mais bon, il accuse quand même son âge quand on commence à faire les fusées chinoises.

La destination de cette lune, c'est la Bananeraie. Le mec qui a nommé cette ruine s'est pas franchement foulé. Y avait un panneau des bananes Conchita à l'entrée, avec leur logo combo-gagnant, à la fois sexiste et raciste ; des cajots en sale état ; et des putains de bananiers qui ont tenu le coup face au chaos. Enfin des bananiers ... perso, je tenterais pas le coup de bouffer leurs fruits. Disons que les bananes jaunes fluo, j'ai comme un doute sur la labellisation "agriculture biologique".
A part les plantes zarbs, les ruines sont quand même pratiques pour stocker du bordel et le récupérer quand je rentre au Sac. Pas besoin de cacher particulièrement le barda, de toute façon, personne ne passe par là. Et puis la bouffe en boîte, au pire, je la remplacerai en cueillant des baies et des noisettes. Je sais toujours pas comment ça réussit à pousser sur des terres aussi ravagées, mais ces espèces ont étonnament bien résisté. Tant mieux, parce que même si j'ai du m'y remettre, je préfère éviter au maximum la viande.

Normalement, on devrait être là-bas en milieu de lune, si Arzel arrive à marcher suffisamment vite. Je ferai des pauses plus régulières, pas envie qu'il me claque entre les bras. Faudra que je lui demande s'il avait servi de source d'inspiration à Uderzo, ou alors au Père Fourras. Et s'il chanterait du Corbier si je le rasais.
Arrivée à la Bananeraie - fin de lune 139

Enfin ! La marche dans le désert était interminable. Suivre des montagnes qui se ressemblent toutes, remonter vers le nord, toujours tout droit ... Tout ça pour retrouver ce trou. Pourquoi avoir installé notre camp de base là ? Des fois, on se demande.
Retrouver la cache, y mettre les trouvailles de la lune, prendre la bouffe, refermer. Fait.
Arzel trouve que ça pue. M'en fous, j'ai plus d'odorat depuis des années.
Il se fait plus précis en se rapprochant de la serre. Ca pue dangereusement, le genre de truc qui laisse entrevoir une catastrophe toute proche.
Il s'est bouché le nez et me dit qu'il va aller voir dans la serre. Avec sa voix de canard.
Lune 140 - début de la lune

Putain, quel bordel ! Une fois réveillée, j'ai mis deux heures pour me sortir des ruines du goulag capitaliste agro-industriel. Rien compris à ce qu'il s'est passé. Tout ce que je sais, c'est que j'ai douillé sérieux, et qu'Arzel a l'air encore plus foutu que moi qui suis déjà plus foutue en ce moment qu'il ne l'est d'habitude. Autant dire qu'on est une belle bande de branques.
Et des branques affamés et appauvries. Le stock de bouffe, les trouvailles, inutile de compter les retrouver dans ce bordel. Ca a du disparaître pendant la catastrophe.
J'aurais pensé à un incendie ou un écroulement, mais Arzel dit que ça pue le tremblement de terre. Ca lui rappelle le XVIIIème siècle ... Il m'intrigue.
Va me falloir un moment avant de réussir à me remotiver, et encore plus de temps pour remotiver Panoramix. Rentrer la queue entre les jambes au Sac, c'était pas vraiment le plan ... Et encore, faudra être costauds pour y arriver en vie.