Le lapin

Chapitre débuté par Jansen Doris

Chapitre concerne : Jansen Doris, ZEKS, ronaldleeermey, Le corps des Marines, Les Déchus,

La colo touchait à sa fin... Tout le monde le savait et il y avait une certaine excitation palpable dans l'air. Une petite boum était prévue pour conclure leurs vacances désertiques, et on parlait même de l'élection du Roi de la fête ! Ou de son éviscération... ce qui reviendrait au même une fois qu'il aurait sa couronne en boyaux...
 

La métisse était particulièrent enjouée. Des lunes qu'ils attendaient ça, qu'ils calculaient les chips pour le buffet, l'alcool pour la sangria, qu'ils prévoyaient leurs tenues et les accessoires, il y avait de quoi devenir impatient ! Et puis la petite brune était d'autant plus ravie de retrouver son flirt de printemps, avec qui elle espérait un ultime un rendez-vous, pour danser un dernier slow...
 

Tout sourire donc, bouclettes au vent, elle se rapprocha de Rose et Gabriel, qui surveillaient les lieux de leur future sauterie.
 

« Quand vous voulez pour ouvrir le bal. Tout le monde est prêt. »
 

Elle jeta un bref regard derrière elle, avant de reporter ses yeux sombres vers le couple.
 

« On va bien s'amuser ! »

Ayant probablement abusé de la sangria et mangé trop peu de chips, la Fleur avait un bras lestement appuyé sur l'épaule de Gabriel. Si Jansen rêvait de couronnes de boyaux et de mains desséchées, Rose, elle, rêvait des deux paires de plaques qui viendraient agrandir sa petite collection personnelle. Ca avait quelque chose de particulièrement beau cette histoire. Pour un peu, on aurait même pu croire que les deux comparses allaient faire leur petit shopping dans une bijouterie des temps modernes. Ou le casse du siècle, allez savoir. Il fallait bien trouver un terrain d'entente dans les sorties entre filles.

"Vous croyez qu'ils font une fête eux-aussi et qu'on n'est pas invité ?"

La question n'attendait pas réellement de réponse, prononcée à voix si basse qu'on aurait pu croire à une simple réflexion personnelle.
Glissant son regard sur Jansen, yeux plissés, ses lèvres s'étirèrent sur un sourire torve. Ne faisant ordinairement pas dans la patience, l'arrivée des Zeks dans leur petite bande de dégénérés (ou était-ce l'inverse ?) avait néanmoins apporté quelques petites distractions bienvenues. Mais, il fallait bien l'avouer, le bal de la métisse tombait à pic. C'était la soirée parfaite, bien étoilée, pas trop de lune pour l'ambiance tamisée. Et même si la nuit était déjà chaude, elle promettait d'être torride.

"Go ?"

Un regard échangé avec l'archange à ses côtés confirma l'instruction et le groupe se mit en marche vers sa destination macabre. Discrets d'abord, plus rapides en approchant de leur but, gagnés par l'excitation, l'adrénaline...et la sangria, ils mirent bizarrement plus de temps que prévu à arriver. A un certain stade, il faut dire que les dunes se ressemblent toutes.
Ne faisant pas dans la dentelle, Rose fonça dans le tas dès que le groupe des Marines fut en vue, accompagnant la charge d'un cri de guerre incompréhensible. Adieu la discrétion, place à la fête. Et même si ses yeux cherchaient un uniforme, que ce soit celui du Colonnel ou du Sergent, elle se battrait avec le premier bougre qu'elle croiserait.
La journée avait été bonne pour le corps des Marines. La petite troupe avait fait une bonne marche, le Colonel reprenait des couleurs, et tout le monde était content d'arriver en ville le lendemain. Ce soir, tout le monde allait manger à sa faim. Un dernier repas en plein air, en famille, avant de se mêler avec les autochtones de la bourgade, déjà à portée de vue des jumelles du Sergent.

Sauf que voilà... Pendant que tout le monde faisait ce qu'il avait à faire, de manière coordonnée avec une mécanique bien huilée pour préparer le repas et le campement, alors que le feu était à peine allumé, les flammes encore naissantes, un cri, non..., un hurlement retentit dans la nuit. Ronald apperçoit des ombres mouvantes descendant rapidement la dune toute proche.
Trop proche. Trop rapidement. Ses poils s'hérissent en se rendant compte qu'il avait baissé sa garde un peu trop tôt. Pas le temps de se poser de question, il beugle à ses hommes :


On nous attaque ! Sortez-vous les doigts du cul les gars putain !
Une fois l'assault lancé, le gros de la troupe s'était mis à courir en direction du campement des marines, motivé par l'alcool et le combat à venir. Quazimodo tentait tant bien que mal de suivre les plus motivés : il voulait à otut prix se faire un Marine pour montrer aux autres aue malgré son handicap, lui aussi il était capable.

Sa course effrenée à tenter de ne pas se laisser distancer par le groupe de tête était grotesque : l'asymétrie de son corps l'obligeait à produire des foulées irégulières et sacadées, de loin on aurait pu trouver sa trajectoire incertaine. Puis malgré tout ses efforts, la plupart des copains semblaient définitivement prendre de l'avance, il n'allait pas rester un seul mec à étriper pour le bossu à ce rythme.

Tout à ses pensée, et pendant que ça commençait à s'activer dans le campement des marines maint Quazimodo eut la vision insolite d'un mec accroupi à côté d'un buisson. Le mec en question, Jean cullahay, un des membres de la troupe des marines s'était isolé du reste de ses camarades pour aller se planquer le temps de faire sa grosse comission. Il sifflotait tranquilement en attendant que la gravité fasse son oeuvre. De là ou il était, il n'eut pas vraiment le temps de comprendre que sa troupe subissait une attaque. Aussi il fut surpris lorsqu'il apperçut un bossu foncer sur lui, lance en avant et hurlant comme un fou :


AHHH !! Y EN A UN Là !! Toi t'es pour moi, j'vais t'embrocher et après j'vais t'découper pour l'barbec espèce d'enfoiré ! !

Jean Cullahay qui était en pleine révélation de Newton par son cul était pris au dépourvu. Réagissant comme il le put, il se saisit de son arme de fortune qu'il avait laissé à proximité et se releva pour esquisser un geste de défense désespéré mais en vain. Entrainé par son élan Quazimodo embrocha le malheureux de part en part avec sa lance de bois avant de s'effondrer sur celui ci.

Transformé en brochette et écrasé par le bossu, notre homme des buisson poussa un rale d'agonie en même temps que son sphincter, et il mourrut ainsi, la merde au cul.
[Jean Cullahay]

La viande de baveux c'est de la meeeeerde (à prononcer avec la voix de feu Jean-Pierre Coffe) ! Et quand je vous dis que c'est de la merde c'est même insultant pour les bonnes vieille selles d'un individu en bonne santé et proprement nourri, ni trop fermes ni trop molles, la ruine de Dulcolax et d'Imodium.

Non, l'espèce de spray infâme qui sortait du fondement de notre héros entre des "oh Seigneur Jésus miséricordieux..." ; "mon dieu, mon dieu...", et beaucoup de sanglots, n'avait à cet instant plus rien à voir avec la merde.

Alors qu'accroupi dans l'herbe, le treillis moulant baissé sur les chevilles, les couilles encore endolories
(une autre histoire tragique), les intestins à deux doigts de rendre leur âme à dieu... Jean priait le créateur pour une mort rapide, l'ignoble flux se tarit enfin, les laissant reprendre leur souffle à lui ainsi qu'à son sphincter. Quelques minutes d'angoisse passèrent, c'est uniquement lorsqu'il fut certain que c'était bel et bien fini qu'il se détendit enfin et se mit à siffloter "Débarquez moi", reminiscence d'une autre vie désormais lointaine.

C'est comme si la mélodie avait fonctionné comme un appeau à affreux. Une poignée de secondes plus tard, l'individu le plus difforme de la création émerga d'un buisson, l'épieu en avant. L'image du spartiate bossu qui trahit Léonidas dans 300 lui traversa fugacement l'esprit, le cosplay - si c'en était un - était plutôt réussi. L'enragé beugla quelque chose qu'il ne comprit pas. Les chevilles entravées, incapable d'esquisser le moindre geste pour l'éviter, la pointe durcie au feu s'enfonça dans sa chair tendre comme dans du bon beurre. Ainsi finit Jean Cullahay, embroché comme un poulet. Les bottes aux pieds certes, mais aussi les bourses à l'air et le derrière marron... On ne choisit pas.

Un jour tragique pour la variété Française et pour toutes les adolescentes en quête du grand frisson, mais ce nouveau monde méritait-il vraiment un homme de sa qualité ?
[Kaylee Lone]

Kaylee avait aperçu les hommes de Jansen en même temps que le Sergent. Rabattant sa capuche noire sur sa tête, elle partit à pas rapide ramasser le bâton qu'elle taillait depuis si longtemps. Se plaçant en garde, prête pour une leçon d'épée, elle attendait ses adversaires de pied ferme. Elle marmonna entre ses dents serrées:

Allez, venez les copains,...

Lorsque la troupe folle arriva sur le campement, les jeunes jambes de Kaylee vacillèrent, c'était son premier vrai combat perdu d'avance. Combattant de front avec le Sergent et le reste de la troupe, elle donnait des coups de taille et d'estoc de tous les côtés, virevoltant comme jamais on ne l'avait vu bouger. Lors d'une accalmie, elle se rendit compte de l'absence de Jean, ce couillu homme castré. Laissant le Sergent et Chêne se débrouiller avec leurs adversaires respectifs, elle partit à sa recherche, inquiète. Elle ne pu s'empêcher de rire, en le voyant allongé au sol un peu plus loin, la merde au cul.

Holala Jean, mais qu'est-ce qu'il t'es encore arrivé ? Tu te mets toujours dans les situations les plus ridicules !

Elle n'entendit pas Lani arriver derrière elle, trop obnubilée par le spectacle de cet homme troué, chiant dans la mort...
Elle mourut, riant pour la première fois depuis longtemps.


L'homme au pyjama bleu n'était pas là pour s'amuser. Les booms, le shopping, les scoubidous de boyaux, il laissait ces idioties aux autres. Tobie, lui, avait une mission à accomplir, une mission sérieuse. Et ce n'était pas quelques verres de Sangria et un saladier de chips qui allait le distraire de son objectif. Ses cibles, il les connaissait déjà. Il avait eu les loisir de les observer lorsque les deux groupes avaient partagé le même feu et attendaient patiemment la fin du plan Q de leur chefs respectifs.

C'était à petites foulées, presque en marchant, qu'il s'engagea bon dernier dans la bataille. Il n'avait pas cédé à l'ambiance guerrière qu'accompagnait inévitablement toute charge à l'arme blanche. Quel besoin de beugler de façon grotesque lorsque comme lui, on ne ressentait ni peur ni ivresse ? Tobie était une sorte d'intellectuel, il se voulait homme de science, seuls les idées et concepts l'exaltaient. Il ne ressentait que mépris ou désintéret pour ces sentiments bassement existentiels que sont pour l'homme ordinaire l'angoisse de la mort, la joie d'embrocher un être vivant ou la pitié qu'inspire ses derniers spasmes au bout d'une lance.

Le binoclard s'arrêta à quelques pas du bossu et embrassa calmement la plaine du regard. Trois ennemis à terre et le reste allait suivre dans quelques minutes,grace à l'effet de surprise et à un armement supérieur. Ses camarades n'avaient manifestement plus besoin de lui. Pendant que Quazimodo se relevait, il fouilla son bodybag pour en sortir un pot de confiture vide. Le plus soignement du monde, à l'aide d'un chiffon propre, il ramassa deux crottes sèches pour les ranger dans le pot, qu'il referma immédiatement. Et avec d'un couteau, il grava sur le couvercle le nom de la victime et la date approximative de sa mort. Une bonne méthodologie est la moitié de la solution se répétait souvent Tobie.

Il jeta un regard à son compagnon difforme, un peu plus plié en deux que d'habitude et encore tout essouflé par l'effort. Il ne pourrait rien tirer de son assistant dans l'immédiat, alors Tobie mis les mains à la pâte. A genoux, il découpa sans trembler le cadavre encore chaud pour y trouver ce qu'il cherchait. Et à part de la viande, des viscères et des os, il ne trouva rien d'anormal à son grand désarroi qu'il ne laisse pas paraître.

Le binoclard se releva finalement et, toujours avec autant de détermination dans le regard, se dirigea vers un autre cadavre.
La bataille n'avait commencé que depuis quelques secondes, peut-être une minute, mais l'écart de force couplé à l'effet de surprise avait déjà creusé les rangs des Marines.
Ronald jeta un regard affolé alentours. Trop de morts. Ils allaient tous y passer s'ils restaient là, et il ne fallait pas être un génie pour s'en rendre compte. Surtout que de nouvelles ombres se profilaient en haut de la même dune. Mais sérieusement, ils étaient combien bordel ?!

Le militaire couru porter main forte à sa nouvelle recrue Quiger et au soldat Chêne, aux prises avec une jeune femme armée d'une lance, se battant comme une diablesse contre ses gars non armés. Les inconscients, ils ne faisaient clairement pas le poids !
Sans réfléchir, il se glissa derrière la forcenée, et lui asséna de toutes ses forces un coup de jumelles à la tempe. Sans attendre d'en voir le résultat, il saisit l'épaule de ses deux hommes en les repoussant brutalement vers l'obscurité.


REPLI ! COURREZ PUTAIN DE MERDE !

Le Sergent se retourna sans vérifier que ses soldats suivaient son ordre, à la recherche d'autres survivants à faire dégager en vitesse. Mais la folle avait déjà retrouvé sa balance... A croire qu'il n'avait plus sa force d'antan.
Un sourire mauvais, presque torve, parcouru le visage de l'homme tandis qu'il commençait à marcher lentement à reculons dans la direction où il avait poussé ses hommes, ses jumelles toujours à la main, au cas où, sans quitter la femme des yeux. Il avait l'impression d'être à poil sur un pilori, mais il ne tournerait le dos sous aucun prétexte, car quitte à y passer, autant regarder la mort arriver de plein fouet.
La cible était enfin atteinte, pas de petit pitch de motivation, ceux qui le suivaient n’avaient pas besoin de ça. La simple idée que la petite visite touristique dans ce coin du désert puisse enfin toucher à sa fin avait de quoi motiver grandement ceux qui sentaient l’été venir et qui avaient clairement des projets plus importants que d’abattre deux gradés d’une armée désuète avant qu’ils n’enseignent leur savoir à une communauté qu’eux même considéraient comme nuisible.

“Ouais, pas mieux à dire. Vous dispersez pas, pas question de perdre quelqu’un.”

Un dernier échange de regard avec sa compagne et la charge est donnée lance en main, la fleur hurlant comme une démente. La distance qui les séparaient de leur proie est vite avalée, une cible choisie au hasard de sa trajectoire se voyant administrer un magistral coup d'épaule, digne d’un match de football américain. Il laissa l’homme dont il n’avait pas la moindre idée de l'identité choir au sol, avant de s’attaquer au suivant de sa lance.

“Rose !”

Le coin de l'œil n’avait pas failli alors que la jeune femme encaissait le coup porté par le sergent, poussant l’homme au nom d’ange à abandonner sa cible à un autre pour filer aux côtés de sa douce, mâchoire serrée.
Instant de battement où sa vue se brouilla et ses oreilles sifflèrent, où le temps s'arrêta. Elle secoua la tête, plusieurs fois en clignant des yeux, pour tenter de se stabiliser. Pourtant, la brune était bien ancrée sur ses appuis, ses talons n'ayant pas suivi le choc contre sa tempe. D'instinct, ses doigts s'étaient resserrés sur le manche de la lance, là ou d'autres auraient simplement pu la lâcher.

Elle n'entendit pas le cri du Sergent, ni l'avertissement de Gabriel. Pas plus qu'elle ne fit attention à la fuite des deux autres bougres. Son regard s'était réajusté et vissé sur le fou qui avait levé la main...ou les jumelles, sur elle. L'écoulement chaud et lent sur le côté de son visage réveillait quelques envies de pure bestialité, de cruauté simple et directe. Elle répondit à son sourire par un des siens, similaire, à la différence qu'elle, elle exultait déjà face à sa victoire qu'elle savait prochaine.

Et même lorsque la lance traversa le corps de l'officier, nette, précise, et que le buste de Rose se retrouva tout proche de lui, les deux adversaires continuaient de se sourire. L'une à la mesure d'un profond sadisme, l'autre parce qu'il savait accueillir la mort avec sérénité. Il reconnaissait la défaite et tombait au combat, après tout. Avec honneur.
Elle fit un pas en arrière, retirant la lance avec une lenteur calculée, laissant le Sergent s'effondrer à genoux au sol. Il toussa, une gerbe de sang éclaboussant le treillis de la Fleur, puis s'affala face contre terre.


"JANSEN !"

Détachant enfin son regard du corps, elle tourna simplement les talons, ses yeux se portant sur le reste du champ de bataille pour la première fois, s'arrêtant sur Gabriel, si proche d'elle, et qu'elle ne remarquait que maintenant.
Tout le monde s'amusait et avait trouvé un partenaire pour la soirée. Le bal battait son plein, l'ambiance était excellente. La métisse était tombée sur le roi de la fête, le Colonel Gelleg en personne. Ce n'était pas forcément le gradé qu'elle espérait retrouver, mais celui-là lui convenait tout de même assez bien... Lance à la main, il n'avait pas fallu beaucoup de temps à Jansen pour se défaire du militaire âgé et fatigué, quasiment incapable de se défendre sous le coup de la surprise offerte par l'alliance des Zeks et des Déchus.

Alors quand son prénom résonna dans l'air nocturne, elle était simplement agenouillée aux côtés sa victime, sa lance plantée dans le sable, son découpe-plomb dans une main, l'autre posée sur le ventre flasque qu'elle ouvrait sur toute la largeur, bien décidée à en sortir les intestins pour couronner le roi... 


J'arrive !

Elle se releva, ses bras couverts de sang jusqu'aux coudes, un sourire lumineux accroché sur ses lèvres. Le Colonel était maintenant assis contre un gros sac, une guirlande de boyaux encadrant son crâne. Un morceau glissa sur une oreille, qu'elle revint coincé correctement tout en admirant son oeuvre et en gloussant comme une adolescente. 

Hé Rose, regarde ça !

Rejoignant la bouclée, elle désigna le cadavre du pouce, se marrant toujours un peu. Ce ne fut qu'alors qu'elle distingua le corps de l'autre militaire, le fameux Sergent avec qui elle avait partagé quelques heures intimes des lunes auparavant... Son sourire ne la quitta pas pour autant. Elle savait que l'homme trouverait la mort ce soir là, dans ce bal sanglant. L'affection qu'elle avait pour lui lui faisait espérer qu'il avait eu la mort qu'il voulait, et à voir la blessure qu'arborait la Déchue, elle ne doutait pas qu'il s'était battu du mieux qu'il avait pu...

Quelqu'un a un truc pour couper assez proprement sa main ? Vous aviez utilisé quoi pour Reem ? Faudrait trouver une sorte de pierre plate, ça ferait planche à découper... Ou casser l'articulation du poignet avant ?

Et voilà qu'un débat se lançait, au beau milieu du carnage, pour connaitre la meilleure façon de couper la main du Sergent, futur trophée de la métisse...
Ca y est. C'était fini.
Ronald grava le visage de son bourreau dans sa mémoire. Après avoir survécu aux balles et aux bombes du Vietnam, voilà qu'il se faisait abattre par une jeune femme armée d'une lance...
Et il se retrouvait la gueule dans le sable pour le moment, écoutant le débat morbide qui se tramait à propos de sa main.

Des pas se rapprochèrent de lui. Il serra une dernière fois ses jumelles dans la main qui ne compressait pas sa blessure sanglante. S'ils voulaient lui couper un membre, au moins il essayera de les handicaper le plus possible.
Lorsqu'une main se posa sur son épaule pour le retourner, il abattit violemment son "arme" sur le pied de son agresseur, qui s'écarta en étouffant un cri malgré le son distinct de chair broyée. Le condamné y jeta un coup d'oeil, et reconnu le soldat Chêne qui se tenait au soldat Quiger pour ne pas crier.

Ces trous du cul étaient revenus, et profitaient de la distraction pour venir sortir leur sergent de son tombeau.
Ni une ni deux, il saisit la main que Quiger lui tendait, et se releva tant bien que mal en grognant.
Tous les trois, malgré le pied écrasé de Chêne, se ruèrent vers les ombres de la dune la plus proche, en direction de l'Enclave. Un seul regard en arrière suffit à Ronald pour appercevoir les assaillants découper ses hommes à la lueur de leur feu de camps, et de reconnaître enfin quelques visages...
Une fois arrivés à une distance raisonnable, le militaire ne put s'empêcher de leur gueuler un coup dessus, pour faire descendre la pression. Peut-être un peu trop...


Bordel les gars, je vous avais dit de vous barrer ! Vous êtes des grands malades hein ?!
Putain...
Putain, merci les gars...


Le soldat Quiger lui rendit un sourire étincelant.

On abandonne personne derrière nous, hein Sergent ? C'pas c'que vous disiez ?

Mais Ronald ne répondit pas, il venait de perdre connaissance avec la baisse d'adrenaline dans son organisme. Ses hommes durent le traîner sur le dernier kilomètre pour rallier l'Enclave.