Mémoire - Moment choisi n°9

Chapitre débuté par Van Patten

Chapitre concerne : Van Patten, Hasta la muerte,

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Cela faisait déjà plusieurs semaines que le crooner errait seul, seul au monde. Quelques rencontres inopinées et fortuites, amenèrent un semblant d’aventure: échanges d’informations et de vivres avec le premier quidam venu. Ce genre de contacts protocolaires l’extirpait d’un quotidien morne, sans relief, dans lequel il s’enfonçait lentement, de jours en jours. Mais il avait jugé bon, et à chaque fois, de suivre son propre sentier, sa propre voie, seul. Même lorsque la folie le guetta. Il la brava et en sortit ainsi vainqueur, néanmoins le coeur brisé.

Tous, semblaient peu fiables et friables à la première secousse véritable. Dans ce nouveau monde totalement écroulé, il vit des gens se tordre de douleurs par un mal obscur, défigurés et abimés jusque dans leur chair profonde, par le nouveau visage de l’inhumanité. Ces pauvres hères, suintaient la faiblesse qui se trahissait dans l’éclat même de leurs yeux ternis. Leur volonté pouvait être mise à mal, dès les premiers ennuis sérieux. Aussi, il pensa qu’être seul, dans ces moments-là, était bien plus judicieux que mal accompagné. Une pensée banale voire simpliste, mais tellement réaliste.

Le brun quitta la zone urbaine dévastée et bien trop fréquentée à son goût, pour s’enfoncer plus profondément dans une campagne désolée et silencieuse, qui sembla extrêmement paisible au demeurant. Cette vue, mais surtout ce calme étonnant, le déroutèrent totalement. Pour peu encore, il crut presque entendre des chèvres et des moutons paître non loin de là, dans une parcelle encore en friche, derrière des barrières verdâtres, dont le temps n’a pas jugé bon de détruire. Mais finalement les ovicapridés n’étaient qu’une illusion au milieu de cette nature morte. Au détour d’une petite fermette érigée de magnifiques pierres grises du Moyen Âge, il aperçut un vieux tracteur rouillé. Non, inutile de perdre du temps précieux à le faire démarrer. Il n’était plus qu’un tas de métal en décomposition et depuis belle lurette. Enfin il crut même entendre des oiseaux siffloter, à la venue du printemps qui tardait. Le brun tourna ensuite son regard marron, dans la direction opposée, pour admirer de petites collines au loin, bien que peu verdoyantes aujourd’hui, elles lui rappelèrent inéluctablement sa terre natale. De somptueux châteaux et des landes étendues à perte de vue.


Lucas, peu à peu, se fraya un chemin vers le centre névralgique du petit village perdu. Là même, où trônait la petite chapelle encore debout et en bon état. Les sentiers campagnards se transformèrent très vite en petites ruelles exiguës et longuettes, au fur et à mesure qu’il s’enfonçait dans le vieux quartier. Là, une petite échoppe à la devanture discrète; un boutiquier d’un autre âge. Il s’y arrêta le temps de regarder à travers la vitre intacte. Tout était sens dessus dessous. Des livres profanés pour ceux encore gisant au sol. Les volés avaient dû servir probablement à un énorme feu de joie, pour réchauffer et sauver l’humanité en détresse. Un autodafé nécessaire et de circonstance, pour la survie de l’Homme. Son cœur se serra.

Il fila enfin vers une petite épicerie au coin d’un petit carrefour, où il espérait trouver quelques petites choses utiles. Instinctivement, il alla derrière la caisse, puis au terme de sa fouille minutieuse, il trouva quelques vieux jetons en cuivres, gravés à l'effigie de l'hôtel de ville, lui rappelant ceux utilisaient dans les salles d’Arcade. Il ferma les yeux et se souvint d’une toute autre époque, à leur contact. Aussitôt, un tourbillon temporel, à nouveau, l’envoya dans une lucarne du passé.


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-Papa s’teuplaiiiit! Y a Alien Versus Predator et Golden Axe y’sont sortis là!! Allez…amène-moi à la salle d’Arcade…tous mes copains…on attend ça d’puis longtemps… Capcom et Sega z’ont mis tout l’paquet d’ssuuuuuuus… allez…

-Golden Axe, j’aime pas trop ça… Alien vers…quoi? Alien?! Mais bordel, tu rêves mon grands, ce n’est pas de ton âge ça… et puis il est tard, et on n’a pas prévenu ta mère… elle va nous passer un savon si on vadrouille toute la sainte journée...n’insiste pas.

-Papaaaaa s’teuplaiiiiit!! Tu l’appelleras d’une cabine téléphooooooniiiiiqueuh…y’en a plein aux abords d’la salle… Allllez!! Tous mes potes de classe attendent d’jouer à ces jeux de ouf… j’veux être le premier à les maîtriser…et t’inquiète je peux jouer… j’ai douze ans c’est permis!! Alleeeeeez….P’paaaa…. J’ai apporté d’bonnes notes en plus c'mois-ci….pas juste…

David n’eut aucun argument à opposer à sa progéniture récalcitrante et intraitable. Et puis, au fond, il voulait lui faire plaisir. Il voyait ses petites mirettes briller lorsqu’il évoquait la salle d’Arcade comme un temple incontournable, et tout cela valait de l’or pour un père. Comment décemment pouvait-il refuser cette petite escapade, au risque de se faire réprimer par son épouse, au moment de rentrer. Aussi, il l’emmena dans ce haut lieu de la détente, très prisé dans la région par la jeunesse: "The Realm of Arcade ".

-Putain Lucas d’accord…bon tu fais quelques petites parties, vite fait, puis on rentre. Mais surtout ça doit RESTER secret! Compris? Pas envie de me faire éplucher par ta mère et de ta faute en plus… Surtout si elle sait que c’est Alien-je-ne-sais-pas-quoi… Saint Dieu… je vais prendre cher pour mon matricule… Et tu ne diras pas que je jure devant toi aussi! Non, je suis sérieux Lucas!

-YEEEEEEES PAPA!! T’es le meilleur des papas!! Chui trop content là…les copains vont rager ces gros cons d’leur mère... Raahahaha…

-Lucas surveille ton langage j’ai dit… ce n’est pas parce que je jure, que tu dois le faire aussi…

 […]

-Bon on est arrivé… Allez garnement descend…

-TROOOOOP D’LAAAAA BALLLE PUTAINNNNN !! PAPA CA DECHIRE TOUT !! JE VOIS DEJA LES NOUVELLES BORNES INSTALLEES D’ICI !!



A perte de vue, des centaines de bornes clignotantes à rendre épileptique le plus solide des gars. Des logos et des sigles de plusieurs grandes sociétés de jeux obscurs, faits d’ampoules et de diodes, flashaient dans toutes les directions. Comme si cela ne suffisait pas, une musique assourdissante se diffusa en fond sonore plein les tubes, en plus des sons divers et variés, émis par les bornes respectives. Pour couronner le tout, l’ambiance générale baignait dans des jeux de lumières étonnants; Des néons de toutes les couleurs, s’amusaient à illuminer les différentes salles. Beaucoup de très jeunes et de jeunes adolescents, mais aussi énormément de trentenaires. Pas seulement pères, des amateurs de la première heure, visiblement aussi. David était perdu au milieu de toute cette débauche de couleurs et de sons, pas vraiment son monde à lui. Son enfance était bien différente de celle qu’il tentait de donner à son fils. C’était pour cette raison qu’il se plia en quatre pour ses excessives faveurs.




-Oh génial y a TRON mon film préféré… Tu t’souviens tu m’y as amené c’était trop cool! Et OUTRUN putain d’la balle ce jeu! P’pa, regarde la borne c’est futuriste! Mieux que V Rally de merde! Y a même MORTAL KOMBAT 2!! T’sais l’jeu que tu m’as acheté pour ma Super Nintendo 16 bits?! Beh ici c’est la version Arcade, cent mille fois mieux!! Y a plus de bits!! T’sais faire des FATALITIES et tout! Ouais! REGARDE P’PAA!! C’est RAIN!! Ouais ‘tin l’ont boosté comme des porcs, y fait des enchain'ments imblocables main’ant… Sur MK2 c’sra mon perso sûr... avec Sub-Zero 1!! T’sais le Ninja de glace P’pa…

- Plus de bits? Mortal Kombat 2… le jeu que ta mère ne veut pas te voir y jouer? Autant de violence quand même… Hum qui ça? Rain?!

-Ohhhputaaaaaain de sa mère!! ALIEN VS PREDATOR LAAAAAA!! PAPA VIIIIIIITE DONNE-MOI CENT LIVRES… Quelqu’un va prendre la boooorne, viiiiiiite PAPA!! Y’a même celle de GOLDEN AXE à côté….Sega et Capcom l’un à côté de l’aut’ … s’te violence!! la CONSPUANCE va être rude….



-Oh minute…du calme…qué cent livres…tu es complètement tombé sur la tête Lucas? Je vais te donner des sous oui mais pas autant…. Ohlalala…mais attends Lucas… on a le temps… mais il t’arrive quoi seigneur Dieu?! Elle va pas s’envoler cette foutue borne… ta mère va me défoncer si elle savait où on est… je suis dans l’antichambre de la folie ici…et cette musique assourdissante…

-PAPA C’EST TROP COOOOL PUTAIN Y Z’ONT MIS LINN… KUR…ZA…WA….REGARDE!! Z’ONT MIS LINN PAPA… TROP BADASS LA MEUF!! JE VAIS PRENDRE CE PERSO!! L’autre mec-là…trop nul s’te gros con de ‘ricain naze… Rahahaha t’sé p’pa, Cap’com z’ont mis Linn Kurzenoix…pour répondre à Sega parc’que Sega y z’ont mis L’AMAZONE !! Une meuf encore plus ultra badass et presque nue…faudra pas dire à m’man ça hein... ‘Tin je kiffe trop ce perso… J’ai joué chez un copain qui y’a la Mega Drive 16 bits lui… console de merde t’sé ma Snes est plus puissante… mais bon…Sega z’ont sorti une version console de Golden Axe… moins bien…à 50hz... mais qu’même ‘tin c'est trop cool ça!!

-C’est qui ça Linn Cassenoix et l’Amazone nue?! Mais bordel de quoi tu me parles Lucas, de jeu ou de…? Fiston je t’ai dit, ne jure pas! Tiens dix Livres… bon sang…seigneur! Ce lieu rend fous les gosses et va me rendre dingue aussi… Ne claque pas tout d’un coup hein! Bon, je suis là moi… je vais faire un tour et prendre un café… Lucas? LUCAS?! Incroyable ce petit… Il n’écoutait plus son père dès l’instant où il lui avait arraché les précieux jetons: Des pièces sonnantes et trébuchantes pour les échanger contre un peu de rêve. Le reste, il n’en avait cure pour l’instant, l’insouciance de l’enfance.

Probablement son premier réel contact avec la gente féminine, qui attira son œil de petit garçon, intéressé. Ce n’était pas la petite charlotte toute morveuse et pleurnicheuse de sa classe, qui aurait pu attirer son intérêt, non. L’Amazone ou Linn Kurosawa, l’archétype même de la femme qui faisait vibrer tous les adolescents: Jolies brunes, très en forme, aux caractères sexuels bien mis en évidence et à la tenue très légère ou peu subtile. Mais surtout terriblement méchantes et déterminées. Tout cela conditionna, probablement, ses préférences futures en termes de goût féminin.

Le petit Lucas courra directement vers la borne libre pour s’y positionner et y injecta ensuite une de ses précieuses pièces d’une Livre dans la fente de l’appareil électronique, sans plus attendre, tandis que son père était à la traine, mi-amusé, mi-dépassé par l’environnement bruyant. Sitôt fait, Luca posa ses mains sur le stick et commença son aventure violente.

Une soudaine bourrasque frappa à la vitre encore intacte, qui trembla et qui par la même occasion fit sursauter le brun dans les nuages. Il était parti dans d’agréables réminiscences passées. Comme irrité de s’être fait retirer ce doux rêve, il râla un moment, avant de se frotter paupières et visage. Les jetons étaient toujours dans sa main. Après les avoir minutieusement examiné, il les plongea dans sa veste intérieure, comme de précieux passes, qui menaient vers un lointain passé. Une sorte de carte d’Houdini, un peu comme dans le mythique "Last Action Hero", lorsque le petit Danny Madigan reçut le fameux ticket magique du gardien du cinéma, lui permettant de plonger au cœur de son film préféré : "John Slater IV".    
   

Il continua encore à investir le petit magasin jusqu’à tomber sur quelques bouteilles de vieux alcools, visiblement oubliés, là, derrière le comptoir. Rien ne le frappa si ce n’était la forme et l’étiquette particulière d’une des bouteilles: La Cachaça. Rapidement ensuite, un petit sourire naquit aux commissures de ses lèvres, pour laisser enfin échapper un petit rire maîtrisé. Encore des souvenirs, cette fois au sortir de son adolescence, resurgissaient de sa mémoire. Il saisit ladite bouteille, la décapsula et en but une franche gorgée. Le goût était très fort, âcre, enivrant, tandis que les souvenirs vicieux l’enveloppèrent subrepticement pour le ramener à une toute autre époque.



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C’était le grand soir; Lucas venait d’avoir ses dix-huit ans. Il entra ainsi de fait, définitivement dans l’âge adulte, avec tout ce que cela impliquait. Des amis de Fac, pour l’occasion, lui avaient offert un passe VIP dans un club de strip-tease, très tendance et branché, où filtrait seulement le petit gratin estudiantin d’un certain standing. Fils de banquier, de médecin ou d’avocat. Sitôt arrivé sur place, le jeune brun fut gêné par cette débauche de nudité à profusion. Il fut immédiatement impressionné par le nombre certains de jeunes femmes peu vêtues et aguichantes, se dandinant, un peu partout au gré de musiques chaudes, en des poses des plus lascives et érotiques. Ses yeux allaient presque bouter hors de leurs orbites, alors qu’une forte érection l’étreignit déjà, l’empêchant d’être pleinement à l’aise. C’était mieux que dans n’importe quel magazine pornographique, ou cassettes de cul de mauvaise qualité sur VHS, même avec sa pornstar préférée. Car là, ses créatures de la nuit étaient à une coudée à peine de ses mains encore inexpérimentées. La musique aux relents latins, n’était pas son genre, mais force était de constater qu’elle le travailla au corps jusque dans ses plus bas instincts. Le rythme obsédant et langoureux, conjugués à l’atmosphère confinée, aux senteurs alcoolisées très âcres, finit de l’exciter sauvagement. Ses yeux allaient partout où des corps féminins se trémoussaient dans la pénombre, lorsqu’ils n’étaient caressés à peines que d’une petite lueur rouge vive et agressive, ou encore bleu électrique hypnotique, émanant de divers tubes néons, accrochés un peu partout sur les murs de briques du club select.



Les copains lui amenèrent quelques pintes de bières et des shots au bar public, avant de disparaître en des rires et des frasques purement masculines, le laissant, là, tout seul, au milieu de tous ces corps de femelles en chaleurs: Toutes luisantes et toutes en courbes. Il s’envoya difficilement les shots de Cachaça, son premier contact avec cet alcool exotique –une spécialité certaine dans ce bar latino. Ils l’électrifièrent puissamment jusqu’à lui brûler le gosier. Il se galvanisa de tout son être et prit enfin subitement un semblant d’assurance.  Il lorgna sur la pinte de bière, sans intérêt, puis observa des fesses qui passèrent à proximité et en étudia la lingerie dessus. Son cœur battait dans sa gorge et la chaleur l’étouffait.

Il fila finalement vers son coin VIP, très cosy. Là, l’attendait une superbe latine toute tatouée, pulpeuse et blanche de peau. Un physique d’une Pénélope Cruz en somme pour les petits curieux. Ses gros seins étaient à peine masqués par un petit soutien-gorge noir et sa belle croupe projetée en arrière, engoncée dans un tanga brésilien qui mettait en évidence le bombé certain du fessier latin. Elle avait aussi tout l’attirail de séductrice nécessaire pour exciter les jeunes mâles; des jarretelles classiques et des bas sombres qui vont avec. La muette -car elle avait une langue mais l'utilisait pour d'autre chose-, lui posa les mains sur son torse pour le caresser tout en se déhanchant follement sur lui, lui rappelant ainsi l’épique scène de Salma Hayek dans "From Dusk Till Dawn"  -lorsqu’elle se révéla aux chiens en rut, sur la table d’un vieux rad malfamé-, avant de prendre ses propres mains pour les flanquer sur ses tétons roses, pointes de chaires qui pointaient déjà de tous les diables. Son érection, elle, était au paroxysme, tandis que la danseuse effrontée, sourire vicieux aux lèvres et regard pervers fixé sur lui, se tourna pour lui présenter ses fesses. Et sans tarder, elle posa son gros derrière sur la protubérance mâle très sensible et bien en évidence, pour se frotter ensuite dessus scandaleusement. Elle émit des gémissements de jument en rut, alors que le jeune adulte commença à toucher le corps ferme et voluptueux, pour en comprendre tous les secrets, de manière fébrile sans savoir par où réellement entreprendre ses caresses. Lucas perdit la tête, c’était encore mieux qu’à la salle d’Arcade. La perte de son pucelage, elle, était déjà aux oubliettes. Cette fois-là sa petite camarade, deux classe de plus que lui, l’avait emmené dans les toilettes des filles pendant le temps de midi, pour lui sucer son petit gland et le branler jusqu’à ce qu’il crache dans sa bouche. Elle avait hésité à lui donner ses lèvres intimes, celles qui ne mentent jamais. Il était encore trop jeune pour elle. Trop sensible, trop précoce.

Il ouvrit les yeux et cette fois, une pernicieuse pénombre enveloppa le petit village de son sombre linceul. Des nuages gris glissèrent silencieusement vers le ciel bas, et aussitôt, l’ambiance locale se chargea d’une atmosphère électrique improbable et inquiétante. Le vent venait de se lever, il fallait impérativement quitter ce petit village, bien trop silencieux à son goût. Il étudia une dernière fois la bouteille d’alcool puis la balança contre le mur adjacent. Comme pour conjurer le passer. La briser en mille morceaux. Il pointa enfin sa tête dehors, et commença à filer du côté de la campagne profonde, à mesure que défilait les paysages locaux, il s’éloigna définitivement de ce lieu perdu.

Il se souvint alors avoir trouvé quelques piles AAA de marque Panasonic, toutes neuves, dans la vieille échoppe oubliée. Il délogea de son sac, son vieux lecteur-enregistreur MiniDisc Sony, l’excellent MZ-DH10P, qui coûta en son temps la bagatelle de 400 Livres. Un vrai petit bijou technologique, un concentré de technicité d’une époque totalement révolue. Il fut incroyablement bien épargné malgré le passage à l’âge sombre qui fit s’éteindre tout murmure électronique. Au final, toute cette débauche Hi-Tech n’avait plus vraiment d’utilité; le système NetMD par exemple, ne pouvait plus être utilisé. Cependant qu’il fut un Hi-MD, ça c’était vraiment une chance. Il put ainsi utiliser des disques optiques à hautes capacités. Il sortit d'ailleurs justement quelques MiniDiscs de diverses couleurs: des rouges, des verts, des bleus, des roses, puis jeta son dévolu sur un gris, à l’étiquette délavée par le temps. On pouvait encore y lire une petite indication: "Les classiques du coeur". Il fit avaler ce MiniDisc gris à son lecteur, puis lança une plage au hasard. Et comme mise en abyme, il glissa par le goulot, vers le fond de la bouteille du temps.