Os courts, os laids, os...mique.

Chapitre débuté par Suzu

Chapitre concerne : Suzu, Suzu,

Ce texte vaut 3 bières !
La fuite.

Le bruit des chaînes ricoche dans les couloirs, sur le carrelage froid. Le cliquetis est précipité, saccadé par le pas pressé de l'animal.
Est-ce que le geôlier va s'apercevoir de sa disparition dans tout le brouhaha ? Peut-être pas, elle l'espère. Après tout, il aurait d'autres chats à fouetter que de courir après une chienne.
L'osmique chaîne lui enserre le cou, mais elle n'est plus fixée au mur. L'explosion a renversé le pan. Une aubaine, une ouverture de sa cage et une désolidarisation du métal avec la pierre.
Les pattes sont entravées, mais elle peut courir encore.


Les cris se mêlent aux pieds qui courent, de partout. La panique s'est emparée de toute forme vivante. La secousse n'est que le commencement d'un nouveau départ. Les murs se fendent, résistant mal à la violence du séisme.
Les billes azurées observent rapidement les portes ouvertes et les portes fermées. L'ascenseur est immobilisé.  Seuls les escaliers offrent une porte de sortie.
Les cris s'accentuent, les membres ont pris conscience que les pensionnaires ne sont plus tous attachés.

« Elle s'échappe !! Bon sang ! » le cri de l'humain résonne dans ses oreilles, elle file dans les couloirs. Sa robe blanche aux reflets argentés ne se laisse pas saisir par les mains qui veulent la retenir.
La chaîne claque encore sur les dalles, puis la porte s'ouvre, l'échappatoire est là.
Dans un bond agile, elle passe au-dessus de la chaise couchée, glisse jusqu'à la porte et s'enfuit par les escaliers.

Le métro.

Tout dehors peint un tableau de fin du monde. Les gens sont paniqués, courent de partout.
Elle s'engouffre dans le métro. Tout est à l'arrêt. Plus de courant. Qu'importe, elle voit dans le noir assez bien.
Elle longe la voix, plus elle marche, moins les cris lui arrivent aux oreilles.
Puis c'est le calme.
Le silence.
Le froid.


Elle passe sa première nuit.
Non loin d'elle, un osselet a dû être oublié par un joueur pressé. Ce qui lui rappelle dans un grondement sourd que son ventre n'a pas été nourri.
Elle se déplace.
Le bruit de chaîne est toujours présent, lui rappelant sa condition.
Puis, au sol apparait recroquevillée une silhouette.
Un humain ? Oui à l'odeur..un humain.

Le repas.

Un humain dont le cœur a cessé de battre depuis peu. Malgré le froid ambiant, il est encore tiède. Elle hésite.
Un temps. Seulement un temps. Puisque la faim est plus forte.
Alors, elle plante les crocs dans la chair de l'humain. Elle déchire les tissus, sans ménagement, reprenant rapidement son instinct de chasseuse, son instinct animal primaire.
Le sang s'écoule de la plaie qu'elle a faite. Il emplit ses babines, glisse sur sa langue et vient éveiller ses papilles. La douceur est bénéfique à son moral.



De quoi repartir, de quoi trouver une sortie. C'est dommage pour l'humain, mais il eut son utilité... jusqu'au bout.
Alors elle fit festin, longuement, remettant de l'énergie dans son ventre.
Plus qu'à attendre, que les portes de la sortie s'ouvrent...

Plus qu'à...