Réunion clandestine dans les entrailles de Rōningrad

Chapitre débuté par Ange Bo Aza

Chapitre concerne : Rōningrad, Meli Melo, Ange Bo Aza,

Ce texte vaut 2 bières !
Rōningrad. La plus grande cité du nouveau monde. Les survivants amassés ici défendent leur ville grâce à l'héritage militaire de l'âge d'or de l'humanité. Mais aussi imposant soit-il, cet héritage ne protège pas de toutes les menaces, et encore moins d'une infiltration en règle d'une cabale d'instables fanatiques défigurés par les poisons de l'ère sombre. Entre les cheminées de la zone industrielle, on allume des bougies et des lanternes rouges autour d'une table. L'air est suffoquant, et l'étrange neige qui tombe du ciel s'évapore avant d'atteindre le sol. Mains sur les hanches, la prêtresse mutante du culte apocalyptique a les yeux levés au ciel, contrariée.

A quand la neige acide ? Grmbl...

La créature blanchâtre secoue la tête puis s'installe dans un fauteuil en osier qu'elle a dû chourer quelque part. La voilà prête à présider l'assemblée.

Bienvenu, bienvenu, chers membres de la grande Alliance Ssacrée... On sommes réunis ce ssoir pour disscuter de notre grand plan : la magouille cossmique.

La mutante se lève, mains dans le dos, puis se saisit de l'une de ces lanternes chinoises décorées d'un hello kitty extra-kitsch du plus bel effet. Elle illumine un tableau recouvert d'objet et de peinture d'un goût douteux, comme pour présenter son powerpoint. De quoi faire relativiser la lanterne hello kitty.



Récapitulons. Céleste, l'Ange des îles, est clamsée. Perte de plumes pour l'Alliance. Avons toujours quelques adeptes dans la montagne du Cirque, je croire... Peut-être même un ou deux mutants qui ss'y balade... Mais aucune nature divine prête à nous ssauver. Je douter que les armées clownesques veulent aider à conquérir les cendres pour bâtir des temples à la gloire des Fleurs. Trop tard. Et puis... Quid des satanistes ? Légions démoniaques d'Azazel avoir été dérouté, oui... Prix d'avoir refusé l'offre d'Alliance, hin hin... Mais ssi pas crever ssous un barnum, peut-être on pourrons asssimiler démons resstants, mh ? Dur à dire.

L'Ange Bo Aza a les bras croisés. Elle contemple son affreux panneau avant de continuer sa séance powerpoint.

Même problème pour équipage vaudou. Avoir une quête mysstique différente, ont disparu pour aller chercher une terre promise. Sstupide ! Aucune terre, mer, ou ciel échapper aux Fleurs. Alors, quoi resster ? Comme voir par ssuperbe oreille de clébard arrachée, il nous resster potentiel ssoutien des créatures de la déessse-louve. Les loups-garous. Leurs adeptes, une tribu mourante, est loin dans les ruines du Phare, je croire. Hin hin... Parfait, mh ? NON. Loups-garous ssont des MONSSTRES, des FAUX élus mutants, INCAPABLE de sse faire convertir. Pfeh ! Eux manipuler le pouvoir de la Lune Ronde... Aussi bien que je manipuler les Fleurs. Alors, pas avoir choix : devoir les intégrer dans la magouille, ou mourir en essayant.

La prêtresse fait signe à l'assemblée de rester calme, de ne pas prendre offense, puis fait silence en frappant la table avec l'encensoir qui était accroché. Il n'y a plus que le bruit des insectes marécageux et le crépitement des fourneaux alentours. Bo Aza reprend place dans son fauteuil. La mine fermée, le poing devant la bouche, les jambes écartées, elle ressemble à un seigneur de guerre en manque de patience. Elle désigne l'objet qu'elle a abattu sur la table d'un geste du menton.

Il y'a meilleure nouvelle. Malphas, notre Kardinal d'Outre-monde, est encore parmi nous. Il a ssenti les resstes d'une influence démoniaque ici même, à Roningrad. Un endroit parfait pour la ssuite du plan. Fleurs pourront alors ss'approprier l'énergie malfaisante... Et grandir ! Grandir encore ! Jussqu'à ce que, grâce à contrôle de Je, grâce à Alliance Ssacrée, on accomplir la ssainte magouille cossmique ! On briser grande tapissserie immuable du temps ! On CHANGER notre desstin funesste, on CHANGER le FUTUR !

Prise d'un incontrôlable ricanement, la mutante tape du poing à plusieurs reprises. Elle se penche vers l'assemblée.

Imaginer ! Apocalypsse des Fleurs hors du chemin, peuple libre, et Alliance Ssacrée vivre dans le monde que NOUS avons créé ! Hin hin hin... Alors, chers membres... Quoi dire ? Prêts à aller invesstir un ancien... Qidsu ?

Bo Aza a le regard droit et plein d'espoir. Face à elle, au bout de la table, se trouve une sorte de poupée de paille semblant contenir, à en juger par le museau qui dépasse et l'odeur qui s'en dégage, les restes d'un ou de plusieurs rongeurs morts. Des poupées du même gabarit occupe les autres places. La mutante imite l'une d'elle en lui faisant bouger la tête : Ouiii déessse, c'être partiiiii ! Elle plante ensuite le crâne de chair et de paillle avec un carreau d'arbalète. La grande prêtresse de l'Alliance Sacrée affale sa tête sur la table, dépitée ou bien droguée.
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Loin dans les entrailles de son délire sous psychotropes, Bo Aza entend approcher Ruscherra lorsque le calme retombe et que l'atmosphère n'est plus rythmée que par sa respiration saccadée et le zézaiement des moustiques affamés.
Le tatoué est comme un papillon-sphynx, attiré par la flamme... Ou les corps en décomposition, on ne sait jamais vraiment.
Il regarde le babillement de l'étrange créature à la peau blanche sans que son visage n'évoque rien. Le seul truc qui s'anime régulièrement sur son masque c'est le jeu de ses yeux vairons, d'une curiosité absolument maladive. Vraiment malade.

Le tueur est parcouru par une sensation de déjà-vu.
A chaque fois qu'il porte son attention sur une personne, elle laisse échapper une fragilité qui est à la hauteur de son appétit pour la mort.
Il se souvient de la Recluse, de ses épaules frêles mariées à un regard transpirant la prédation.
Il entend cracher Ruby Costello, la petite brunette cherchant l'exécution public. Il voit son visage brûlé à l'acide, se rappelant son agonie lorsqu'il s'était détaché.
Il se rappelle sa jubilation hystérique d'en avoir réchappé et son venin plus épais. Sa mort si nette mais imprévue.
... C'est forcément plus difficile d'intégrer Azazel à cette liste, bien que... Sa lèpre ait collé de façon assez nette au schéma. 
Quand on n'a pas un petit corps aux seins qui pointent on intègre moins vite la cervelle d'un prédateur hétéro dépourvu de tact.

Il balaie le pauvre génie d'un mal d'un revers mental, posant une main sur l'épaule de Bo Aza.
Il veut la voir s'animer.


Alors comme ça tu traînais avec Clétus et Mel. Par quel miracle ?
J'aimerais comprendre comment ça a pu marcher.

 
La mutante blanche marmonne, la tête toujours contre la table. On comprend rien. Exaspérée, cheveux sur la gueule, elle finit par lever la tête pour regarder droit devant elle, marmonnant alors sur un ton blasé.

Clétus est un lycanthrope. A la fois bon roi des hommes par sson empathie, sa ssincérité et sson intelligence, et honorifique roi des mutants par la Bête. Maître ancesstraââle de la Lune Ronde.

Mel est ancienne "Daimyo" de ton Empire Rouge de la ruine. Elle a vu les guerres, perdu des âmes, et toujours ss'est redresssée. Preuve d'un pouvoir non-divin, que je pas expliquer.


La prêtresse tourne sa tête sur la table pour regarder le psychopathe de renom. Elle a un demi-sourire en observant ses yeux, marque de différence très prisée dans sa culture mutante inventée.

Deux essprits libres. Impossible à convertir, et impossible à corrompre. Je cru qu'eux pouvoir m'aider, et inversement. En un ssenss, je croire avoir été utile l'un à l'autre. Mais en voyant ici... Peut-être que j'être jusste la mutante tarée de compagnie, ramenée de leur voyage à travers l'exotique monde post-crash, mh ? Les mutants roses géants existent, je pas folle, je fus même très ssobre.

Elle renifle, sans expression, la tempe toujours contre la table, le regard dans le vide. Elle le reporte sur Ruscherra pour recommencer à le dévisager.

Tu pas là pour parler relation. Tu là pour la mort. Je croire connaître ta légende, guerrier grinçant. Grâce à Tu que gagner guerre contre le vieux démon, mh ? Mhf... Avoir réussi trahison que je voulu accomplir. ... Bravo. Vouloir dire... Mhin... Hin hin. Quoi faire ici, l'hétérochrome ? Là pour parler de guerre, ou pour m'en faire gagner une ?
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Ha. Je vois.

Le tueur s'asseoit par terre auprès de la mutante, roulant une cigarette les mains posées sur les genoux.
Il se repasse les paroles de Bo Aza et les remet dans l'ordre. Il se reporte de temps à autres à la jeune femme-créature, puis plisse les yeux comme s'il cherchait autre chose derrière l'étrange apparence.


J'ai l'impression d'entendre une Pythie, même si j'aurais pensé le phrasé un chouy moins obscur et l'apparence un peu moins... Originale.
... Les prêtresses grecques sous LSD qui prononçaient l'avenir à moitié à poil dans une grotte. Tu arrives à saisir le parallèle ?
Mon esprit est très souple.


Il allume sa clope en haussant un sourcil.

Tu prêches pour la guerre et la mort. Je pense que tu t'entendrais bien avec l'un des meilleurs soldats de l'USSR.
Gueule de Truie. Il n'est pas spécialement volontaire mais je pense que son rôle se marie bien avec ses idéaux... Particuliers.
Il avait une approche un peu comme la tienne.
Je veux dire... C'est complètement con d'arriver dans une communauté armée et qui cherche à resocialiser le désert, et d'annoncer "Je veux tuer des gens ! Donnez moi du sang ! L'Humanité doit renaître au Paradis !".
Il faut trouver une approche plus subtile. Ou juste choisir la meute la plus efficace. C'est ce que j'ai fait.
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Il l'a cherchée partout. Il a fait tout le plancher des vaches de Roningrad - et ça représente une sacrée superficie ! -, à l'affût de bidons éventrés, de "fleurs" peintes avec on-ne-sait-quoi sur les murs... Et rien. A croire qu'elle n'a pas encore fait son nid dans la ville Rouge. Comme il sait bien que la mutante a tendance à apprécier les endroits sombres, sous-terrains, moites, dissimulés et puants, il a vérifié si Martial avait finalement mis en place son réseau d'évacuation des eaux usées... Ben non. Roningrad, à l'image de l'USSR, n'est pas vraiment branchée sous-terrain, elle joue plutôt cartes sur table - elle est très branchée cartes -, pas du genre à s'enfoncer, plutôt à s'élever, alors s'il ne trouve rien à la surface ou au-dessous, ça laisse une solution : les hauteurs. Voilà pourquoi, sans doute, il avance, ronchon, en direction du premier mirador passant à sa portée et le grimpe. Il est ronchon parce qu'il n'aime pas chercher des heures, il est ronchon parce que cette neige étrange perturbe ses sens et l'empêche de localiser la mutante à l'odeur, il est ronchon parce qu'elle a coupé sa radio - et son côté paternaliste commence à lui faire imaginer qu'il lui est arrivé quelque chose -, il est ronchon parce que les miradors de Roningrad c'est loin de lui rappeler que de bons souvenirs et il est ronchon... parce qu'il est ronchon.

Toutefois, arrivé au sommet du mirador, il ne tarde pas à remarquer, malgré la "neige", les flammèches vacillantes des bougies et les lanternes rouges diffusant leur lumière entre les hautes cheminées. Comme il doute fortement que le Conseil ait autorisé, depuis son départ, la création d'un Quartier Rouge permettant le commerce de la chair - et tendre -, il ne doute pas, en revanche, de qui en est à l'origine. Et le voilà donc reparti en direction de la zone industrielle, d'un pas décidé à travers les flocons, toujours ronchon. Une échelle, encore, quelques marches, s'élever, toujours, d'un pas lourd. L'odeur de celle avec qui il voyage depuis maintenant bien des lunes lui vient enfin aux narines et confirme sa présence. Le vieil ours sent aussi une autre odeur, familière, mais sans pouvoir l'identifier encore... Foutue "neige". Peu importe, sa grosse voix s'élève en même temps que lui, alors qu'il n'a pas encore ni Bo, ni l'autre présence, ni la "salle de réu" en visu. Après tout, rares sont les secrets dans la bouche du barbu, rien à cacher ici, pas comme s'il était en train de fomenter une cabale ou autre alliance sacrée en cachette :


- Bo ! Une heure que je te cours après ! Je viens voir si t'aurais pas un baume ou quelque chose... C'est pour Mel. Elle a un furoncle au...

Sa voix s'éteint alors que le décor s'offre enfin à lui. Il lui faut un petit moment, à rester là, bouche bée, tandis que l'Acier parcourt le tout. D'abord le tableau - qu'il parvient à déchiffrer, ce qui le mine -, puis la mignonne petite table qui lui fait remercier la "neige" de perturber un peu ses sens tant ça sent la charogne... Ce qui explique peut-être la présence du Corbeau, assis, là-bas, clope au bec, près de la mutante qui n'en mène possiblement pas large ou tout l'inverse ! C'est qu'avec elle, on sait jamais vraiment. Et l'Acier qui va de là à là, de ça à ça, tandis que les lèvres semblent bouger à peine plus que celles d'un ventriloque :

- Mais qu'est-ce que... Bordel... Tu... C'est... Mais... On en est encore là ? Sérieusement... Tu...

L'orateur démontre ainsi tout son talent avant de décider d'en garder un peu sous le coude et de la fermer totalement. Si ce n'est pour un long, très long soupir, alors qu'il se pince un moment l'arrête nasale avant d'enserrer son poignet d'une paluche pour s'assurer que son pouls n'indique pas l'explosion à venir. Il semble parvenir à conserver une sorte de calme tout à fait relatif, sourcils froncés et menaçant, prenant toujours sa tension tout en saluant Rush d'un signe de tête, puis il souffle longuement...

- A boire. Quelque chose de fort. Dîtes-moi que vous avez à boire et que c'est pas juste une dînette morbide et... et... Merde, Bo ! J'arrive même pas à trouver les mots pour décrire ce... cet...

Souffler. Longuement. L'Acier fixe les billes noires de la mutante. Papa prend sur lui mais il n'est pas content du tout, jeune fille.

- Bon sang, Bo, on avait dit qu'on arrêtait de parler à des... des trucs... morts... Au moins ça, merde !

 
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Une voix s'élève depuis l'extérieur.

"ASSEZ !!!"

Une ombre fait alors son apparition sur le seuil de la porte, juste derrière le lycanthrope.
Par ses gestes, l'étrange cardinal l'invite rapidement à pénétrer dans l'enceinte du comptoir clandestin.


"Ne restez pas là, Clétus, entrez..."

Il referme la porte derrière eux puis passe en revue la tablée, comme pour la saluer. Il proclame, le doigt en l'air.

"La mort n'est pas un dieu, la mort n'est ni bonne, ni mauvaise, elle ne s'apprivoise pas, elle est dans l'ordre des choses, et elle est le passage d'une vie à l'autre.
En quelque sorte... La mort... C'est simplement une autre vie !
Quant au fait de donner la mort... Il ne vous enseignera rien sur elle, car donner la mort, c'est tout le contraire...
C'est la fuir !"


Son regard terrible se porte sur Ruscherra.
Dénué de toute haine ou de défiance, de tout jugement ou ressentiment, de toute émotion ou humanité, ses yeux tentent clairement de percer les secrets de son âme sans son consentement.
Il reprend, rôdant maintenant autour de la table.


"Si vous voulez des renseignements sur la mort, demandez aux morts eux-mêmes...
Ils la vivent !
Et peut-être même qu'ils vous en apprendront sur la vie elle-même...
Sur Azazel ou sur d'autres..."


Arrivant à proximité de celle qu'il considère désormais comme son ange gardien, il se met à renifler ses essences, telle une bête.

"Je sens en vous beaucoup de colère... Oui... Beaucoup trop.
Faites confiance aux hommes sur la guerre, car ils l'ont pratiqué par bien des manières...
Faites confiance aux femmes sur la survie, car elles les ont entretenu dans la vie...
Et si vous voulez les deux, alors parlons de rituels et de nécromancie !
A l'aube du Jugement Dernier, la guerre n'est plus le moyen de s'élever, il est trop tard, la guerre doit se porter autrement, sur un autre plan, par la balance et par la foi.
Dans une alliance sacrée..."


Poursuivant son parcours, il attrape enfin une chaise et s'y installe, l'air satisfait.
Une jambe sur l'autre, les doigts entrecroisés, il défie, avec délice, ses compagnons d'une nuit.


"Faites appel à votre mémoire, faites appel à vos anciennes vies.
Et si rien ne vient, alors demandez aux morts...
Vous étiez l'un d'eux il y a si peu...
Et ils sont innombrables..."


Alors qu'un sourire se dessine sur son visage, la porte s'ouvre avec fracas, le vent balaye le feu des bougies et la flamme de la lanterne vacille, comme manquant d'oxygène.
L'assemblée se retrouve ainsi dans l'obscurité un instant, avant que la lanterne seule reprenne finalement sa vie...
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Quel prêche.

Ruscherra affiche un rictus provocateur. Il n'aime pas la manipulation et sait qu'il en est l'objet à cet instant. C'est l'objectif premier de tout apôtre, tout messie, que de convaincre les foules. Sa nature asociale le fait rejeter instinctivement ce genre d'univers, qui se construit sur le besoin des hommes de se rassembler.
Mais il se mentirait s'il niait le côté original des univers mystiques de Malphas et d'Ange. Le tatoué vit selon un code construit de toutes pièces afin de lui donner une place parmi les survivants. Maintenant que le calme est revenu sur le continent, il entend gronder son vide intérieur.
Les silhouettes sont de trop. Elles sont toutes de trop. Il faut réduire leur nombre pour qu'elles ne gâchent pas les ressources.

Porté malgré lui par la harangue de Malphas, il passe en revue les visages des morts. Sous la houlette d'Azazel, il a tué des gens sans leur demander quoi que ce soit. Il se souvient à peine d'à quoi ils ressemblaient avant que la lame de son sabre ne viennent décoller leur tête, laissant figée sur leurs traits cette expression d'incompréhension muette.
Les têtes chutent au ralenti dans son espace mental. Elles touchent un sol noir, poisseux, en émettant le bruit d'une goutte.
Les yeux fous de Ruscherra croisent alors ceux bien plus terre-à-terre de Clétus (Malgré une migraine évidente qui saisit ses traits au niveau des tempes et du front). Ils s'accrochent sur le barbu pendant quelques secondes. Clétus peut voir la confusion du tatoué retomber.
Il se reporte sur la mutante. Puis s'exclame de façon plus globale.


Au nom de la diversité je pense que ces idéaux étranges ont toute leur place.
Il n'y a pas si longtemps après tout.. Un camarade lépreux m'enjoignait de tuer les miens. Ayons une pensée pour Kila et ses compagnons. Entre autres.
Ici je ne vois qu'un appel à la guerre et au chaos, c'est bien plus poétique.
Hin hin hin... Ressocialiser le désert...

Bo Aza, toujours tête contre table, gagne un petit sourire en écoutant Ruscherra. Elle finit par bouger pour mettre son coude sur la table et caler sa tempe contre son poing.

J'avoir entendu parler de l'autre mutant religieux vivant ici. Mais nous pas prêcher les mêmes choses. Ssubtil, j'ai été. J'eus agit dans l'ombre pour former d'innombrables plans, pour rasssembler les cultes, et chuchoter aux vivants. Mais heure n'est plus à sssubtilité. Car- 

En entendant la voix du grand barbu, la mutante se fige nette alors qu'elle lorgnait son tableau. Aïe. Prise en flagrant délit de complotisme maladif. Elle tourne la tête vers le paternaliste qui débarque et affiche sa meilleure expression de chat coupable. Elle serre la mâchoire tout en soufflant nerveusement du nez en l'entendant réclamer à boire. Décidément, au cours de leurs aventures à travers la scénerie apocalyptique, la mutante en aura fait voir de toutes les couleurs à son daron d'(in)fortune !

Mais avant que Bo ne puisse se trouver une bonne excuse, un autre être fait son apparition. La prêtresse élargit un sourire surexcité et un poil malsain qui lui donne un air fou. Ses yeux s'écarquille en entendant les paroles du Kardinal. Un petit ricanement se fait entendre dans le fond, mais se noie lorsque la mutante croise le regard de Clétus. Et puis, en finissant son discours, Malphas leur fait le coup de la lanterne. Bo Aza, ravie, applaudit par petite tapes rapides tout en plissant les yeux de satisfaction. Elle était ravie parce qu'après la fastidieuse survie du démon, son intervention relevait du miraculeux. Elle était ravie parce que, quand Malphas était là, la prêtresse mutante n'était plus la seule à proférer des bizzareries. Enfin, elle était ravie parce qu'à ses yeux, elle venait d'accomplir une victoire dans la guerre qu'elle avait engagé il y a longtemps : une guerre... Contre la mort.

Hin hin hin... Hin hin hin !

La "présidente" de cette réunion clandestine ne peut s'empêcher de ricaner en regardant le tueur aux yeux vairons. Elle se lève lentement et écarte les bras.

Oui, oui ! Une guerre, du chaos dans l'ordre des choses, du désordre dans l'inssuportable harmonie ! Du bruit dans le ssilence ! Des flammes dans la nuit ! Hin hin hin...

Elle passe ses yeux d'encre entre Clétus et Ruscherra.

Croire que je prêcher la mort, mh ? Que je parler à la pourriture par plaisir ? Regardez autour ! Humains faire mieux que moi, et depuis longtemps. Les mouches et les mousstiques attirés ici me ssont plus fasscinant que les habitants de la plus grande cité du monde. Et puis... Vous être venus. Vous touss.

L'Ange croise les regards de ses compagnons du soir. Un petit sourire se reforme.

Hin hin... Vous. Pas magnifique, ça ? Enssemble, on ss'élever contre la triste monotonie de la ruine. Enssemble, on défions la mort elle-même ! On inssufler la vie par les pouvoirs créateurs, et la protégeons par les pouvoirs desstructeurs... Pouvoirs que me donnent les Fleurs, les ssymboles ssacrés ! Ah, douce bénédiction... Véritable addiction, hin hin... Bientôt, j'esspérer, je muter encore. Alors, avec vous, connaissseurs de vie et de morts, on accomplir la magouille cossmique... Au Qidsu !

Exalté par ses élucubrations mystiques, la mutante attrape une bouteille sous la table qu'elle débouchonne avec ses dents. Vu la gueule, on dirait que la prêtresse n'a toujours pas trouvé les moyens d'obtenir du bon vin. Elle rassemble divers mug décorés de références de bandes dessinés et y déverse de petites quantités d'alcool fort. Elle lève son verre pour trinquer avec l'assemblée.

Futur a l'air ssombre. Mais je croire pas tout être perdu. Enssemble !

Elle avale cul-sec le contenu de sa tasse avant de la taper sur le bois. Puis elle se ressert la même chose. La nuit ne faisait que commencer et la prêtresse à moitié barge comptait bien se réveiller avec une bonne gueule de bois. Elle lève son deuxième verre à Ruscherra tout en désignant ses compagnons de route de la tête.

"Meute la plus efficace", mh ?
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Après diverses grimaces - qui ne sont pas toutes dues à la "migraine" qui s'installe entre ses tempes mais bien à certains mots ou discours -, le vieil ours fixe un petit moment son mug Bisounours avant de le vider d'un trait. Au moins, l'origine de la grimace qui suit est évidente et, entre deux toussotements :

- Parfaitement dégueulasse... mais merci.

Puis il se permet d'éjecter un amoncellement de rats crevés compactés dans une grenouillère Mickey trouée - léchant échapper ici une queue, ici un museau -, le tout prenant la forme d'un "convive", pour s'asseoir à sa place. Cela fait, il se gratte la nuque avant de soupirer :

- Ok, clarifions, clarifions... Parce que je vois bien que je suis au pays du discours sibyllin. Et c'est beau, hein, le langage sibyllin. Même le mot. Sibyllin. C'est beau. Seulement les mots ont un sens... Sibyllin aussi. En l'occurence, ça signifie que soit on bite rien à ce que le sibyllin raconte, soit qu'on y comprend ce qu'on a envie d'y comprendre... Ce qui est bien pratique. Mais je suis pas forcément toujours quelqu'un d'arrangeant et ce genre de petite discussion amicale où on fait péter des phrases tout en piccolant de l'alcool à brûler, ça peut donner tout et n'importe quoi, à court ou moyen terme. Parfois, ça donne rien. Souvent, même. Parfois, ça conduit à un massacre de masse. Comme ça, sur un malentendu. Alors clarifions deux ou trois choses.

L'Acier se braque sur Bo Aza.

- Si j'avais cru que tu prêchais réellement la mort ou que tu comptais passer à l'acte, t'aurais depuis longtemps fini à la flotte. Ou pire. Le deal est clair entre nous et depuis longtemps... Tu fais ce que tu veux mais tu en assumes les conséquences, les bonnes comme les mauvaises. Si, selon moi, tu franchis la ligne, je t'arrête. Par tous les moyens en ma possession... Si tu ne la franchis pas, tu as mon soutien. Simple. Jusqu'ici, j'ai pas TROP eu à m'en plaindre... et toi encore moins. Me semble.

Les deux derniers mots ressembleraient presque à une question mais la mutante peut voir dans le regard du "daron" barbu que ce n'est clairement pas le cas. Puis il tend son mug Bisounours, en signe d'apaisement, et, du temps qu'on le lui remplisse - ou non -, il s'attaque à la clarification de quelques autres concepts, sur un ton relativement plus détaché :

- Puisque vous causez vie et mort, les gars, je vous précise que j'ai rien contre le Chaos... C'est la vie. Rien de plus chaotique que la vie, les partisans de l'Ordre devraient prendre dix minutes pour y réfléchir. Ceux qui croient servir le Chaos en butant tout ce qui bouge aussi. Du coup, pardon hein, je suis chiant, je sais bien, mais la guerre, me concernant, vous pouvez vous la coller au cul. Elle sert l'Ordre, la guerre. Toujours. Et contrairement à ce que j'ai souvent entendu dire, la guerre a une fin. Toujours. Même, voire surtout, poussée à son extrême, au bout du bout de ce qu'elle est. Une fin. Tout bien rangé. Calme. L'ennui. L'Ordre. La mort. Vous voulez servir le Chaos ? Alors me parlez pas de guerre, parlez-moi de la Lutte... La Lutte, elle, n'a pas de fin. La Lutte, elle, remet toujours en question l'Ordre établi.

A supposer qu'on lui ait rempli son mug Bisounours, il le vide, à nouveau, grimace et lâche un "quelle saloperie", avant de poursuivre à l'attention de Bo mais tout en jetant un petit coup d'oeil en direction du Corbeau, comme s'il lui clarifiait aussi un truc au passage :

- D'ailleurs, Bo... T'as ton phrasé bien en toi... Sibyllin, hm, comme je disais... Alors, c'est tout le problème, je peux me planter, d'autant plus en connaissant ton goût immodéré pour la manipulation, mais je m'en fais ma propre idée, ma propre traduction, tout en me basant sur ce que je te vois faire depuis des lunes et des lunes, quand même... Ben, chaque fois que tu dis Guerre, j'entends Lutte. Je sais bien que si tu parles à des foutus rats crevés, c'est parce que tu voudrais que ceux qui ne le sont pas, crevés, soient bien plus vivant. Je vois bien... du moins, c'est comme ça que JE le vois... que même quant tu causes de mort, c'est de la vie que tu essaies de mettre partout. Donc du Chaos, oui... Bon, après, c'est sûr, l'Humain moyen, toi, ça t'agace, tu voudrais qu'il ait plus d'écailles, de bras, des yeux fluo... Bon. Ça te frustre pas mal, ça, je sais. T'es trop pressée, peut-être, non ? Enfin bref... Voilà ce que j'entends, moi, dans tes discours. La plupart. Pourquoi j'estime que t'as pas franchi la ligne... Sinon d'une certaine idée du bon goût. Et pourquoi t'as encore mon soutien.

L'Acier se tourne alors vers le déroutant Malphas, dont la nature réelle et les capacités, au fond, restent encore à définir ou déterminer.

- Parce que figure-toi que j'ai interrogé les morts. A mon petit niveau, hm ? J'en ai croisé plus que j'aurais voulu depuis que j'arpente ce petit monde qui est devenu le nôtre... Ce monde étrange où un lycanthrope taille le bout de gras avec une mutante et... toi. Où ce semi-sociopathe tatoué en bout de table, là-bas, est ce qui s'apparente le plus à mon meilleur ami. Ben, parmi tous ces morts, j'en ai pas croisé un seul qui soit gentiment mort de vieillesse. Pas un de cause naturelle, comme on dit. Morts violentes, pour la plupart. Quelques meurtres. Quelques rares assassinats, que les assassins justifient à leur sauce. La sauce de l'Ordre, en fait, le plus souvent. Pour la grande majorité, ils sont morts d'ennui. Ça se traduit parfois par un suicide, parfois par ce que certains appellent, à tort, les zombis... Voilà ce que m'ont dit les morts. Alors comme j'aime la vie et le potentiel des vivants, j'encourage les initiatives qui visent à lutter contre l'ennui et qui se résument pas à faire la guerre. Si celle dont on discute, là, colle à ses critères et que Bo a envie de l'appeler "magouille cosmique", qu'il en soit ainsi ! Ça s'arrose ou pas ?

Si on lui remplit à nouveau son verre de détergent, il le portera à ses lèvres... mais avant, l'air de rien :

- Par contre, le Qidsu, Martial lui a fait sa fête. Et c'est une bonne chose... Parce qu'autant être clair, si l'idée c'est de se réunir sous un tas de merde en s'entourant de rats crevés, vous "magouillerez" sans moi, les enfants.

 
Qu'est-ce qu'elle foutait là, perchait en hauteur tel un chat... Perché "Bravo..." Oui, bon. Perché en hauteur, assise sur une vieille poutre adjacente à une fenête ouverte de la pièce, une des rare bière de cette ville en main. Qu'est-ce foutait là ? Un mot : Netflix. Oui, les élucubrations de Bo Aza, c'était écouter un épisode de la 4e dimension sur les ondes hertzienne ou une web radio - à défaut d'avoir un service de VOD digne de ce nom sous la main. C'était donc, plutôt "divertissant" on va dire. Bon ça faisait flipper, mais comme une série de trucs bizarre, type science-fiction, ou dark fanstasy, ou ques sais-je... Fallait quand même s'accrocher pour suivre ses trucs à la mutante.

C'était un mélange de mignon et dégueulasse, un truc genre tiens ! "Happy tree friends"... Dire qu'elle a surpris sa fille à regarder ça. Outré, choquer qu'elle était - On en du pseudo "Dessin animé" avec des saucisses qui se font de mamours ?...- et là, elle était exactement dans la même situation ! Quand dans l'oreille de Callisto arrive "la déessse-louve" elle s'entends dire par sa lupine colloc' - "C'est nous tu crois ? - Peut-être va savoir dans son cerveau malade" - par contre, quand elle entends la suite "Loups-garous ssont des MONSSTRES, des FAUX élus mutants, INCAPABLE de sse faire convertir" - "Ah ouais, ça sûrement être nous avec Clétus. Enfin, Kiki" - Oui, pour avoir son Netflix, la Callisto avait d'abord suivi la mutante à pas de loup, par curiosité. Puis, tellement absorbé par son délire - Et sûrement par d'autres choses - elle a même pas remarquer la garelle, qui prenait ses aises en hauteur. Prise qu'elles était avec son "assemblées" et son "délire floral".

Mais voilà qu'un nouveau protagoniste vient se rajouter à son "épisode" d'aujourd'hui : Ruscherra, le psychopathe ! - Notons, que "psychotpathe" n'est pas forcément, voir pas du tout, synonyme de tueur antipathique. Lui si. - et puis l'albinos qui repart dans un monologue. Clétus roi des Homme... Faudrait mettre les Homme au courant, surtout que le Clétus est pas du tout dans ce trip là, ce qui l'a fait marrer interieurement - Bah oui, faut pas interrompre le spectacle - Mel en "Daimyo", elle est parti la chercher loin cette référence là quand même, mais elle devait reconnaître à Bo qu'elle pouvait avoir de bonnes référence culturel. Il faut bien, sinon ces élucubrations foireuses serait fade à souhait, et elle serait pas en train de jouer à chat perché avec sa bière. MAIS un moment, elle a sorti un truc bien lucide ! Parce qu'il lui arrive d'être "lucide" à Bo, pas souvent, mais quand même "Peut-être que j'être jusste la mutante tarée de compagnie, ramenée de leur voyage à travers l'exotique monde post-crash, mh ?" - "Oh, tu crois ma cocotte ? - Arrête, j'vais rigoler, ils vont nous remarquer ! - Oh ça va" - oui, il sourire espiègle se dessiner déjà sur le visage de la louve. En même temps, l'autre n'y aller pas de main morte non plus "prêtresses grecques sous LSD qui prononçaient l'avenir à moitié à poil dans une grotte. Tu arrives à saisir le parallèle ?" là encore, elle réprime un fou rire ! Non, il ne fallait pas gâcher... Tous ça. Sans compter que ça aller être encor eplus intéressant ! Oui, oui !

Fit alors son entrée : CLETUS ! Et ouais ! - La tension scénaristique est à son comble ! - "Bo ! Une heure que je te cours après ! Je viens voir si t'aurais pas un baume ou quelque chose... C'est pour Mel. Elle a un furoncle au..." là encore, éclat de rire réprimer ! - Mais pour combien de temps encore ? - Alors seulement ça, mais ça réaction, même si elle voyait pas bien sa tronche, elle la devinait... La tronche qu'il tirait en voyant tous le bazar de Bo, et son Ouïe lupine qui distingue "Mais qu'est-ce que... Bordel... Tu... C'est... Mais... On en est encore là ? Sérieusement... Tu..." Non, vraiment, forcer qu'ils le faisait exprès, juste pour la faire mourir, car ça allait devenir le thème, mais de rire. "Bo ! J'arrive même pas à trouver les mots pour décrire ce... cet..." bah elle non plus tiens ! Oh, oh, attendais il manquait le Shakespear de la bande : Malphas !

Alors un moment, entre le Gugus encensé et Clétusounet, il Bo et Rusch, mais on en plein "Cercles des poétes disparus" ! M'enfin, une version un peu spécial à la fractalienne quoi ! Alors ça parle de mourir qui est une autre vie, que la lutte c'est pas la guerre, que la vie c'est la chaos, mais que du coup si on suit bien, si la mort est une autre vie, et que la vie "vivante" elle même est une lutte, on serait dans un chaos perpétuelle et infini ? - ça va loin tous ça hein ? - Dire qu'elle a qu'une bière, qui tire sa fin, et pas de pop corn ou de pizza ! Presque tous complètement péter ! Et puis, pourquoi elle y mettrait pas de son petit grain de sel ? Au point ou on en est... Du haut donc de son perchoir :

- Vous faites une belle brochette tous les quatres, y a pas à redire - Elle regarde vers Clétus - Tiens, me reste un fond, ce sera sûrement ton truc chelou là - qu'elle lui dit, en lui lâchant sa bouteille, puis balançant ses jambes du haut de son perchoir - Par contre, pardon Rusch, mais l'autre elle pas du tout la tête du sybille - Oui, parce que Sybillin, ça vient de Sibylle : en gros des prêtresse grecques qui prononçaient l'avenir à moitié à poils, mais dans des temples et sans LSD... Faut le faire quand même - Le futur, c'est nous qui l'faisons, à partir du présent. L'ordre, le chaos, la mort tous ça... Que vous le vouliez ou non, c'est ordonner mes cocos. Même le Chaos il est ordonné - qu'elle dit en souriant - parce qu'il a un début et une fin. Parce que les luttes, on en a pas tous le temps, elles ont un début et une fin, comme la vie elle a un début et... Une fin. Pour nous tous. On pourrait s'dire, ouais on va tous crever de toutes façon, alors faut en profiter un max ! Foutons le bordel, et j'en passe et... Et ensuite ? Moi j'dis que le Chaos, c'est un manque de but, la vie c'est chaotique, uniqument si t'es une girouette sans but - Et puis elle regarde Bo - Bo est complètement taré, mais elle est pas... Si chaotique, parce que sa folie à but, ou plutôt, son but la conduit de plus en plus à la folie - Elle revient à Clétus - Toi même Clétus, tu peux pas dire concrètement que ta vie, est chaotique. Tous comme moi, je peux pas le dire. Parce que les épreuves, les luttes par lesquels on est passer, on fait de nous qui nous sommes, dans les buts, les objectifs qu'on s'est chacun fixer - Puis elle en vient à Malphas et Ruscherra, un sourire espiègle, en les pointant chacun du menton - Les deux loustics là, par contre je sais pas.

Après, qu'ils soit d'accord avec elle ou pas, ça les regardes, parce que c'est un coup partir dans des délire philo-psychotique tarabiscoté de fou, et elle était pas assez beurré pour ça, et ne compte pas non plus le devenir.
Sur le visage de Bo Aza grandit un petit sourire satisfait et malicieux qui semble devenir d'autant plus tenace à mesure que l'alcool se met à monter. Elle hoche la tête d'un air convenu aux paroles du vieil ours tout en resservant des verres. Autant la mutante semble parfaitement comprendre les mots, les inquiétudes, les avertissements et les clarifications générales, autant la voilà adopter une attitude caractérisé par une bonne dose de "ballécouille" gracieusement offert par du tord-boyaux fait maison. C'est terrible. Comme si elle prenait plaisir à écouter Clétus interpréter son charabia. Comme si elle avait déjà calculé les codes moraux qui allait lui permettre de passer le redondant, essentiel et nécessaire Clétus-check. Vraiment, elle a cette air suffisant de ceux qui ont déjà regardé la réponse sur wikipédia. Insupportable. Bon, elle se rattrape en servant des verres et en penchant parfois la tête de côté sur deux-trois trucs qu'elle n'avait pas prévu, ou même pas du tout réfléchit. Mais elle ne reste jamais perplexe bien longtemps, car le sourire malicieux semble ce soir indestructible. Et puis, ça s'arrose ! Alors, quand il termine, elle lève le doigt pour ajouter :

Bonne manipulation avoir bon goût de miam, ça oui. Mais j'esstimer plus être manipulation quand je vraiment croire ce que je dis. Hin hin !

Sans perdre son sourire, elle tourne la tête vers la voix qui s'élève. Elle l'écoute, plisse les yeux pour la voir dans ce bar clandestin fondé dans une usine de Roningrad. Et puis, elle prend un nouveau mug décoré d'une princesse disney méconnaissable pour y déverser sa boisson spiritueuse, à défaut d'être spirituelle. Elle le tend en l'air en direction de Callisto.

Jolie. T'avoir l'air de t'y connaître ausssi. Desscend donc en parler, prédatrice ! Tu voir, mieux de rigoler avec que de la brochette.

En reniflant, la mutante se retourne vers Clétus. Elle prend un air un peu plus sérieux alors que ses billes noires semblent se perdre à la recherche de l'Acier.

En parlant de prédateur. J'avoir une misssion pour un vieil animal. Une hisstoire de réseau trophique, hin hin..

Bo Aza se penche alors pour chuchoter à l'oreille du bonhomme barbu. Après quoi, elle se raffale dans son fauteuil, tandis que le sourire malicieux et les yeux plissés font leur grand retour. Elle jette un oeil pour voir si la lycanthrope perchée se pointe, puis se retourne vers Malphas et Ruscherra en levant son verre, ainsi que ses sourcils.

Une mutante, un tueur, deux loups-garous et un occultiste arriver dans un bar...