Toutes mes larmes

Chapitre débuté par Aaron N White

Chapitre concerne : bloodymarie, Michto Pelo Crew, Aaron N White,

Ce texte vaut 8 bières !


J’avais pris mes distances, une bouteille dans une main, une clop dans l’autre. Le soleil se couchait doucement sur l’une des pires journées de ma vie. Je le regarde mourir au loin, cette journée m’avait tant pris que je ne pouvais pas encore faire le compte. Pourtant, je ne pleurais pas, j’étais juste ivre. Pas de colère ni de peine, juste un vide et un besoin de parler. Je bois une énième gorgée.

-Marie… Je n’ai jamais eu les mots qu’il fallait, je trouvais dans ma froideur assez de raison pour calmer ton tempérament brûlant, sans me rendre compte que tu arrivais à me faire fondre avec tes gestes et tes sourires. J’ai eu tant de mots durs que tu as toujours couverts de mots tendres. Du jour où je t’ai rencontré, je n’ai plus jamais été seul, moi qui n’étais que solitude implacable. Tu es rentré dans mon âme alors qu’il n’y avait de place pour personne.

-Par deux fois, tu as sacrifié ton corps pour m’offrir un descendant, la plus belle des alliances que tu pouvais me faire. Sans le savoir, tu as été une mère pour eux, puisses-tu être avec nos enfants à jamais, offrir à des êtres qui le méritent tout l’amour que tu avais en toi.

-Ce monde était trop dur et trop injuste pour toi. Tu t’es brisé les mains pour le combattre, tu voulais être plus fort pour que je sois fier alors que je n’ai jamais arrêté de te regarder avec admiration. Je n’ai jamais su où tu avais trouvé cette force de m’aimer et de m’accepter alors que ce n’était pas possible.

-Tu ne m’avais demandé qu’une seule chose, je n’étais pas là à tes côtés, je n’étais pas là pour toi, je ne l’ai jamais été alors que j’aurai du l’être, tu n’as jamais failli auprès de moi et me voilà si loin à présent, sans pouvoir jamais te dire au revoir ni combien tu as compté, combien tu as rempli mon existence. Pardonne moi Marie, tu méritais mieux, mieux que moi et mieux que de finir sous les balles.


Toujours pas de larme, mais le vide était toujours aussi grand, malgré l’alcool et malgré le tabac, ce trou ne voulait plus se remplir, il n’était pas là avant et il a l’odeur de la vanille et de l’alcool bon marché. Je lève les yeux au ciel, les étoiles se montrent enfin. Merci Marie, Merci et adieu.