Couper le cordon...

Chapitre débuté par Mel

Chapitre concerne : Laëli, Meli Melo, mel, achille, Clétus, Rōningrad,

Ce texte vaut 3 bières !
Mel avait bien senti que Laëli attendait certainement plus qu’elle ne lui avait donné dans son message. L’annonce de cette attaque l’avait ramenée de longues lunes en arrière. Rien n’avait vraiment changé depuis Warmstone et le massacre des Rangers. L’USSR dont elle avait rêve et qu’elle avait voulu bâtir n’existerait jamais. Elle avait fait une croix dessus depuis longtemps maintenant. Mais tout ce qu’elle avait fait pour développer : la ville, le conseil dont elle avait longtemps fait partie, tout ce en quoi elle avait cru… Tout ça, n’avait servi qu’à partir à la chasse aux Squadrons et attaquer une autre ville qui cette fois n’avait pas été rasée, où il restait des gens qui voulaient encore y vivre.

Elle comprenait que Laëli se soit engagée au sein du groupe de combat, d’autant plus qu’elle ne devait plus seulement se protéger elle, mais aussi Achille. La rousse, elle, avait voulu partir à la rencontre d’autres gens, qui seraient en train de vivre plutôt que survivre. A Roningrad, même entourée de gens qu’elle aimait, elle étouffait alors que la brune se sentait en sécurité.

Cela avait creusé un fossé immense entre les deux jeunes femmes qui s’aimaient pourtant comme des sœurs et la distance entre elles n’aidait en rien. Un gouffre qu’elle ne découvrait que maintenant et qui lui crevait le cœur. Alors quand Clétus pose sa main sur son épaule et qu’il l’attire vers lui, elle accroche ses bras à son cou et se met à pleurer sans bruit. Il sentira sûrement les sanglots la secouer et les larmes qui tomberont sur son torse nu, mais elle ne dira rien jusqu’à ce qu’elle soit calmée. Et puis, elle l’écoute. Sa voix grave et douce la calme comme le ferait la berceuse d’une mère avec son enfant.

- Tu es sûre de ton coup ? Je vais pas te mentir... Roningrad, c'est pas la destination de mes rêves... Mais pour faire plaisir à Laëli et, surtout, à toi, je supporterais largement d'y passer une lune exclusivement consacrée à chatouiller Achille. Je veux pas te forcer à parler, mon petit pot de miel, mais si tu t'en sens capable... J'ai besoin de savoir ce que tu as exactement dans la tête, là...

Elle sèche ses larmes d’un revers de la main avant de venir embrasser l’ours et de tenter de lui sourire, mais pour le moment ça ressemble à une grimace.

J’ai très envie d’aller à Roningrad, de voir Laëli, Laura et les enfants. Et ça me déchire le cœur de devoir faire ce choix là maintenant, mais parfois on fait les choses qu’on doit et pas seulement celles qu’on voudrait.

Elle vient poser la main sur sa joue barbue, caressant doucement.

J’espère que Laëli pourra comprendre que j’ai envie de la voir et de fêter l’anniversaire d’Achille, mais que je dois aller là-bas pour aider à reconstruire ce qui peut l’être, aider ces gens qui n’ont pas la sécurité que nous avions quand on était à Roningrad.

Elle sourit, un presque vrai sourire comme on lui voit d’habitude.

Je crois que si Laëli le pouvait, si Achille n’était pas dans le Sud et elle au Nord, peut-être qu’elle serait restée, elle aussi. Mais la vie c’est pas toujours tout beau, tout rose et emballé dans un joli paquet…

Encore un petit sourire, elle se serre contre lui avant de prendre sa radio pour contacter sa presque sœur.

Laëli ? C’est Mel…

Elle prend une grande respiration et serre la main de Clétus qu’elle a gardée dans la sienne.

Tu pourras faire un gros câlin à Achille de ma part, enfin de notre part à Clétus et moi quand tu retournes à Roningrad. Tu lui diras qu’on l’aime et que tonton Ours et tata Mel sont partis aider des gens qui en ont besoin.
Dis lui aussi que, s’il est sage et qu’on travaille bien, on fera une ville qu’il aura envie de venir découvrir avec sa mère et ceux qui voudront vous accompagner.

Elle prend une grande respiration avant de continuer la voix serrée.

Dis lui surtout que je vous aime tout les deux et que ça me déchire le cœur de ne pas rentrer pour son anniversaire…
Prends bien soin de vous deux…

Elle repose le micro et vient reprendre sa place dans le creux de l’épaule de son ours, les yeux embués de larmes, encore.