Quelle est donc que toute cette haine ?

Une voix de vieil homme à l'accent nordique prend la parole.

Bonjour messieurs mesdames, Père Godfred à l'appareil.


En zappant les fréquences radiophoniques, je me rends compte qu'il y a... Beaucoup de tensions et de haines, à la surface. Et je comprends mieux pourquoi l'on m'a envoyé ici.

Pourrait-on m'en expliquer la raison ? J'ai... Du mal à comprendre l'origine de tout ceci. C'est un peu... Compliqué, pour moi, d'agir sans cette connaissance.

"Bonjour, Godfred ! Ici Scarlett, l'une des scientifiques de la Crique en pleine étude du phénomène appelé (provisoirement) : la Diplomatie 3.0. A elle seule, elle explique pas mal cette ambiance, du moins, plusieurs d'entre nous en ont l'intuition. Reste à le prouver par le biais d'expériences."

"Tu arrives à l'endroit même où rien n'est prévisible, un monde rempli de frontières mouvantes, quasi invisibles, qu'il ne faut absolument pas franchir !"
"Il parait même qu'au sud, 8 personnes peuvent décider tels des dieux de tuer n'importe qui pour n'importe quoi. Incroyable."

"Ces 8 personnes sont complètement inconnues d'ailleurs ! Et qui décident de la mort de personnes qui leur sont totalement inconnues aussi. Penses-tu vraiment pouvoir aider Godfred ?"


Un jour de plus. Deux nuits de moins.

Un autre vieil homme mais à la voix qui parait plus jeune :

- Tiens, allez, faisons l'impasse sur la nature humaine, les conflits d'intérêts divergeants, le concept de propriété, la peur et, de manière générale, la connerie humaine... encore que... Et, du coup, je lance une piste, comme ça, pour le jeu. Assez paradoxale, j'annonce ! Et si la source de toute cette haine, c'était l'humour ?

Une pause. Théâtrale, hein, faut pas se leurrer. Mais on admettra qu'on l'avait pas vu venir, cette réponse-là, si ?

- Mettons qu'il y ait deux camps. Je sais, c'est réducteur... mais ça me semble être à la mode. Deux camps, donc. Dans l'un, on manque foncièrement d'humour. Du coup, entre autre, d'auto-dérision. Un truc qui aide bien en matière de remise en question. Dans ce camp-là, on est très sérieux. Trop, sans doute. Et, dans l'autre camp, au contraire, on use et abuse de l'humour. Alors, parfois avec classe et maîtrise, parfois avec un niveau de cours de récréation, hm ? Mais en cantonnant systématiquement l'humour à la dérision et à la moquerie. Un pan assez limité de l'humour en général mais c'est toujours ça ! Bien entendu, chaque camp, complètement sourd à l'autre, dira toujours que c'est l'autre qui a commencé. Cours de récrée, je rappelle. Alors, après, ça va de soi, faut rajouter un peu de paranoïa par-ci, un peu de mauvaise foi par-là, et entasser des armes, dans un camp comme dans l'autre, bien entendu, bien entendu... Bon, ben, on aurait possiblement une belle cocotte-minute oubliée sur le feu, là, non ? De quoi faire des étincelles ! Enfin, c'est juste une piste... Pour aider.


L'homme est un loup pour l'Homme. Et pour le loup ?

La voix scandinave reprend.

Merci madame Scarlett, merci monsieur.. - Marque une légère hésitation avant de se resaisir. - .. pour ces éclaircissements de bon aloi. Je crois reconnaître par la voix l'aimable guide qui m'a aidé à mener mes pas vers une possible sortie ? 

Le père émet de légers bruits de bouche, signe d'une réflexion en cours.

​​​​
J'entends vos différentes perceptions de la situation... Mmmh... À s'y méprendre, cela ressemblerait presque à un manque de communication. Vous savez, l'incompréhension de l'autre attise très souvent la peur, qui elle attise la paranoïa, qui elle perturbe la compréhension des signaux envoyés par autrui, pouvant se faire interpréter par de la mauvaise foi, et ainsi de suite... C'est un vrai cercle vicieux, le manque de communication.

Il marque un temps d'arrêt.

Ils ont essayé ça, d'ailleurs, les "deux camps" comme vous dites, monsieur ? Est-ce que ces "huit dieux" font parti de l'un d'entre eux, madame Scarlett ? J'oserai cependant vous arrêter sur un point : Dieu a de multiples visages, de multiples personnalités, tant bien même que certains cultes le voient comme plusieurs dieux spécialisés dans certains domaines, mais aucune d'entre elles ne sont des personnifications humaines ayant réellement séjourné sur Terre, madame.

Un nouveau temps d'arrêt prend place.

Et monsieur, bien que l'être humain ai certaines prédispositions à la cupidité, la bêtise, et la méchanceté, il est important de souligner que l'être humain peut aussi faire preuve de bonté, de gentillesse, et d'amour. Tout est une question de volonté et d'éducation, selon moi, et il n'y a pas d'âge pour apprendre ! Voyez-vous, moi-même je découvre de nouvelles choses chaque jour où mes pieds foulent la Terre !

Ceci étant dit, il va probablement me falloir plus de connaissances sur la situation du pays pour pouvoir espérer y régler quelconque conflit... Tiens, d'ailleurs, ça me fait penser : comment nommez-vous votre contrée ? Le registre du monastère n'indiquait rien à ce propos, j'ai trouvé cela bien étrange...


Et ainsi vint la paix.

-BONJOURMONSIEURGOFROID ! MOICESTTAMARIE !

Toujours cette bonne humeur, cette spontanéité quand elle prend le micro et qu’elle parle, elle aimait parler, elle ne pigeait pas vraiment grand-chose en diplomatie et en politique étrangère mais elle aimait donner de sa voix et de sa sagesse, du haut de ses 18ans.

-Tu vois monsieur Clérus ! Lui aussi il le dit qu’on peut apprendre à tout âge ! Et que même si tu as fait des dessins partout sur ta feuille tu peux continuer à ajouter des choses et à en retirer ! J’aime bien l’humour moi par contre et c’est vrai qu’il y a un camp qui en ont pas beaucoup ! Du coup l’autre c’est surement le Cirque ! J’ai toujours pas été alors si vous pouviez attendre que je les viste avant de tout raser les pas drôle.

-J’ai lu un livre qui dit que les Dieux ils étaient là et que même ils sont toujours là mais qu’ils dorment et qu’ils faut pas les réveiller autrement ca va encore plus être le bordel que ça ne l’est déjà. Que certains peuvent rendrent fou et influ..nan…cer les rêves et que peut être, c’est pour ça que certain ils veulent tout le temps tuer, pour heu… Donner du sang à des Dieux anciens et oubliés de presque tous. Ou alors, ils sont juste comme ça, pour qu’il y ait un équilibre dans le monde, vous savez, des gens gentils et des gens méchants. Car heu… Ben la lumière ! Non, heu… L’ombre ! Voila c’est ça, l’ombre on ne peut… L’ombre ne peut exister que parce que la lumière existe ! Comme le son sans silence. Du coup vu qu’on est beaucoup à quand même être gentil, ben il faut bien des méchants. Monsieur Clérus va me dire que personne il est tout blanc ou tout noir, mais il y à quand meme des gens qui sont méchants et d’autre qui sont gentils !


Bruit de micro, de dispute et de couinement comme pour un jouet de chien.

-Mais oui, moi je préfère l’amour ! Et les gens qui vivent de la haine c’est juste des gens tristes qu’on à pas assez aimé.
 

Svein reprend son microphone. Il semblerait presque qu'un sourire était discernable derrière son accent prononcé.

Ah, oui, oui, certains ouvrages sont importants à lire, car recellent la Vérité. D'autres sont postiches, à sombres desseins. Certains sont même des inventions montées de toutes pièces pour faire voyager leur lecteur ! Il ne faut pas croire tout ce que l'on lit, madame Tamarie, et avoir un oeil critique sur les oeuvres que le monde recueille. N'arrêtez cependant pas de lire, c'est important pour se forger une opinion. Pour vous corriger quelque peu, selon les précepts qui m'ont éduqué au monastère, Dieu a de multiples visages et de multiples personnalités. Si j'ai bien retenu une chose dans mes nombreux voyages, c'est qu'il appartient à chacun d'entre nous de nous façonner l'idée que l'on se fait de Dieu, car bien qu'il n'ai pas de grippe sur notre monde, nous passerons tous face à sa justice, d'une manière ou d'une autre.

Je suis cependant d'accord avec ce "monsieur Clérus", quel qu'il soit : la notion de bien et de mal n'existe pas face à Dieu, mon enfant, c'est une idée que l'être humain a créé pour façonner une vie en communauté. Personne n'est blanc ou noir, nous ne vivons que dans un large panel de gris.


Le ton était redevenu sérieux au fur et à mesure de ses paroles.

Vous avez bien raison sur un point, les gens malaimés finissent malheureusement souvent par faire de vilaines choses à autrui. C'est une recherche perpétuelle de reconnaissance, qui a été comblée de la seule manière qui leur était accessible, et c'est pour cela qu'il ne faut pas leur en vouloir. Le monde est parfois cruel envers certaines personnes, et il n'est pas chose aisée de résister à l'appel de la vengeance, ou de la violence. Parfois, la peur fait faire des choses à l'être humain que lui-même ne se serait jamais cru capable de faire avant ! Il faut aussi savoir pardonner ce qui peut nous sembler impardonnable, lorsque la situation ne propose que de sombres alternatives.

Le barbu marque une pause. Il souhaitait lever le voile de l'inconnu sur un détail.

Vous avez parlé d'un cirque ? J'espère que ce n'est pas une arène pour gladiateurs, ce n'est vraiment pas un endroit pour se cultiver...


Et ainsi vint la paix.

À peine raccroché que le vieil homme reprend le combiné, amusé.

Ah et une dernière chose, jeune dame, je suis le père Godfred, comme Dieu en anglais et Fred comme le diminutif de Frédérique.

Il prend le temps d'épeler son nom, se disant que ses origines puissaient ne pas faciliter les choses.

G - O - D - F - R - E - D. Godfred. Comme ça se prononce, en fait.


Et ainsi vint la paix.

Ton calme, amical, sans doute moins sarcastique que lors de la première intervention - d'où le paradoxe.

- Clétus. Je m'appelle Clétus. Mais on peut m'appeler Clérus. Ou comme on veut, en fait. Et, petite, je t'ai jamais dit qu'on pouvait pas apprendre à tout âge... Juste que plus on vieillit, plus il devient difficile de changer. Un avantage de plus pour la jeunesse. Quant au Cirque, Godfred, ils seront ce qu'ils décideront d'être. Peut-être une arène de gladiateurs, un jour, qui sait ? Pour l'heure, ils sont une troupe. Une famille, au sens propre autant qu'au figuré. Et des artistes. Si ça peut rassurer Tamarie, l'USSR - dont je ne suis absolument pas le porte-parole - est en très bon terme avec le Cirque. Et je sais que tu aimes que les choses soient simples... comme beaucoup... mais de là à en déduire que le Cirque et l'USSR sont amis, c'est, justement, simpliste. Certains membres du Cirque sont amis avec certains membres de l'USSR. Parfois, plus qu'amis. Certains membres du Cirque détestent l'USSR. Et inversement, sans doute. Certains s'en foutent. Ce que je décris-là vaut, je le crois, pour toute entité, y compris l'USSR et la Crique... Chacune de ses entités est faîte d'un tas d'individus, aux opinions diverses. Ne pas le voir et imputer tel ou tel acte d'une entité à tous les individus qui la composent, c'est simpliste. Qu'on soit d'un côté ou de l'autre. Mais je ne peux que constater, à regret, qu'on s'obstine, de part et d'autre, à préférer ce qui est simpliste. Malgré les dommages collatéraux qui ne manqueront pas de continuer à se multiplier, en partie du fait de cette vue étriquée. En partie seulement ! Me faîtes pas dire ce que je n'ai pas dit... Avant toute autre raison, tous ces conflits et toutes ces morts viennent d'abord de la volonté d'une bonne portion des survivants de ce monde. Un goût, étrangement partagé, pour la guerre, le combat, la mort. De là, tous les prétextes sont bons pour ressentir le frisson que ça procure, je suppose. Pourquoi ? Ça, au fond, je crois bien que c'est la question que posait Godfred, dès le départ. Une question à laquelle je doute franchement de pouvoir répondre par la bonté, la gentillesse et l'amour... mais on peut toujours rappeler que nous en sommes aussi capables, oui. Sans doute.

Il respire. Soupire ? On sait pas trop.

- La communication a été tentée, oui. Mal, peut-être, mais tentée. Sur différents canaux, interlocuteurs, de façon directe ou indirecte... Si malentendu il y a eu, j'ai tenté de donner une piste sur le pourquoi précédemment. Tenter, c'est déjà bien.


L'homme est un loup pour l'Homme. Et pour le loup ?

Le microphone pas coupé, le son distinct de prises de notes à l'aveugle se font entendre, avant que l'accent nordique ne refasse surface.

Oh, c'est donc vous, monsieur Clétus, alias monsieur Clérus ! Je vois. Enfin j'entends... Merci beaucoup pour ces diverses éclaircissements et procédés déjà mis en place. Je conçois que la vision d'un monde sans violence soit une utopie naïve à vos yeux, c'est une réaction tout à fait normale lors de mes premiers contacts avec autrui. 

Encore du grattage de papier. On peut l'entendre marmonner dans sa barbe des "Cirque", "USSR", "communication échouée", "Crique ? Ah, oui, madame Scarlett !", "diplomatie 3.0", ... avant que la voix ne se fasse plus claire.

D'accord, d'accord. Je crois que je comprends un peu mieux le schéma qui se profile. Une triade empirique, du moins il me semble... Je vais poser peut-être des questions qui semblent idiotes, mais est-ce que la communication est désormais impossible ? Tous les ponts sont coupés ? Comment se passent les échanges commerciaux entre vous ?

Il marque une pause.

Loin de moi l'idée de vous importuner, mais j'ai cru aussi comprendre que les frontières étaient mouvantes ? Pour causes de guerres et de villes conquises ? Si jamais mes questions vous embêtent, je comprendrais que vous préféreriez ne pas y répondre, et je vous remercie d'avance du temps que vous passez à éclaircir la situation, monsieur mesdames.
​​​​​​


Et ainsi vint la paix.

Le nordique reprend brièvement la parole.

Madame Scarlett ? Serait-il possible d'avoir quelques éclaircissements sur votre "diplomatie 3.0" ? Je pense en avoir saisi l'essentiel, mais cela reste intéressant à partager pour mes propres études. Il me faut le plus possible de cartes en main pour ne pas m'égarer dans la résolution de cette énigme, dont je suis persuadé que la clé existe.


Et ainsi vint la paix.

-C’est pas qu’elles sont mouvantes les frontières, c’est qu’elles sont pas clair et que du coup, ben elles sont là où ça arrange les gens, alors qu’en vrai, les frontières elles devraient même pas exister, je comprends pas pourquoi je peux pas aller ou je veux avec mon chamalicorne ! C’est vrai quoi, si je veux visiter Roningag ben je peux pas ! Ou alors je dois me foutre toute nue, dire que j’ai des armes ou pas et dire que pourquoi que je suis là, que je suis pas méchante et que je suis juste trop bavarde, mais moi si je veux aller dans le sud mais pas chez les rouges ben je peux pas. Alors que j’aimerais rencontrer monsieur Clérus et Madame Laura, même que je suis sur qu’il y a plein des gens bien là-bas ! Mais si j’y vais, peut être que je vais mourir et ça je veux pas.

Elle marque une pause, elle pense avoir dit des bêtises, peut être même trop dit, mais comme disait sa maman : Vaux mieux un peu pour tout le monde que beaucoup trop pour moi, ou c’était pour ses pets… Elle regarde Doudy qui lève ses bras.

-C’est quoi un moine monsieur Gofroid ? Vous avez lu le nécronomicon ? Vous avez quelle age ? Pourquoi que vous voulez savoir tout ça ? C’est qui votre Dieu ? Je trouve que vous dites des choses bien et que beaucoup de gens devraient vous écouter et suivre ce que vous dite sur le pardon et l’amour et tout ! Moi je veux les voir les Cirques ! Ca à l’air trop chouette ! Je suis content que tu ailles mieux monsieur Clérus, j’ai eu peur avec tes cris dans la radio, c’était comme si un loup était venu te manger !
 

Plus hésitante, la grosse voix, en préambule. Presque peinée.

- Oh... tu as... tu as entendu ça... Je vais mieux, oui.

Jusqu'à la prochaine, garde-t-il pour lui. Puis, reprenant du "poil de la Bête" :

- T'en fais pas trop pour moi, petite. Godfred, je précise juste, sur un malentendu possible... Tu constatais beaucoup de tensions et de haines, à la surface, et en demandait la raison. C'est à cette question que je ne pense pas pouvoir répondre par l'amour, la gentillesse et la bonté... que tu évoquais, en réaction à mon autre liste qui, elle, je crois, comportait déjà des éléments de réponse possible. A commencer par les intérêts divergeants. Un concept qui, je te l'avoue, me rend très difficilement envisageable un monde sans violence. Du moins, sans aucune violence. Ça impliquerait un monde où tous les intérêts sont communs. J'ai beaucoup de mal à y croire. Par contre, que les conflits se règlent autrement qu'en s'entretuant systématiquement, c'est précisément ce à quoi je milite. Très mal, sans doute, vu mon efficacité jusque-là ! Et il est grand temps, à mon goût, que je prenne ma retraite. Pour le reste, je dirais que la communication est toujours possible... Du coup, je me permets de reformuler ta question. Est-ce que l'entente est toujours possible ? Et là... c'est aux concernés de répondre, je pense, mais j'avoue qu'après un ultimatum donnant pour issue la mort ou la reddition... ça me parait assez compliqué. Pas impossible, hm ? Compliqué. L'espoir fait vivre... Moins bien que de quoi se remplir le ventre mais quand même. Je pourrais pas t'aider concernant les échanges commerciaux, à part te dire qu'ils n'ont jamais été une assurance de paix à mes yeux et l'Histoire, même très récente, semble l'avoir prouvé. Quant aux frontières ou le concept même de territoire, j'ai déjà dit tout le mal que j'en pensais et je me répète déjà bien assez... Je laisse la parole aux partisans de ce concept, s'ils veulent la prendre.

Un court silence, le temps de reprendre son souffle, peut-être. Puis :

- J'ai moi aussi une question pour toi, Godfred. Libre à toi d'y répondre ou non car elle probablement hors-sujet... Qui t'aurait envoyé "ici", au juste ?


L'homme est un loup pour l'Homme. Et pour le loup ?

En pleine réflexion suite à l'écoute des deux derniers messages radiophoniques, après avoir gribouillé un "difficultés pour voyager d'une contrée à une autre", ainsi que le florilège de questions de Tamarie, la voix scandinave reprend la parole.

Mmh... Merci beaucoup, monsieur Clétus, pour ces derniers apports. Non, vraiment, votre contribution m'est précieuse dans ma récolte d'informations. En effet, votre précision était nécessaire, le malentendu était mien ! Je comprends bien mieux où vous vouliez en venir. Je persiste néanmoins à croire qu'un monde sans violence reste possible, mais je comprends vos réticences de croyances quant à cette idée. Je terminerais en vous en conjurant, monsieur Clétus : ne baissez pas les bras maintenant. Le monde tel qu'il est aujourd'hui ne s'améliorera pas sans protecteurs, de quelle que forme que ce soit.

Merci à vous aussi, jeune Tamarie, pour ce point de vue au sujet des frontières. Cette perspective tout à fait... Raffraichissante, est à exploiter, j'en suis persuadé.


Il marque une légère pause.

Et je vais évidemment tâcher de répondre à vos questions.

Qu'est-ce qu'un moine ? C'est une personne qui a embrassé pleinement le côté spirituel de la ou des facettes de Dieu en lesquelles il a choisi de croire, vivant en général de manière isolée avec ses confrères dans un monastère.
Ai-je déjà lu le Necronomicon ? Non, mais il est vrai que cette lecture pourrait m'intéresser si cet ouvrage me tombait entre les mains.
Quel âge ai-je ? C'est une question que l'on ne pose pas, normalement, jeune dame. Mais je peux vous dire que je ne fais pas mon âge, ah ah...
Pourquoi veux-je en savoir plus ? Ma mission monastériale consiste à réduire la violence dans le monde, et je cherche à en apprendre plus sur les conflits présents ici avant de chercher à agir pour les arrêter. La violence n'est que folie, selon moi.
Qui est mon Dieu ? Et bien c'est le seul Dieu qui existe, voyons, toutes les religions, sectes, et croyances variées vénèrent l'une ou plusieurs de ses facettes. Il n'a pas de nom à proprement parlé, nous utilisons le terme de "Dieu" en référence au catholicisme, fortement répandu, malgré le fait que "l'Être Divin" porte et a porté bien des noms au cours du temps, mais a toujours prôné l'amour et la bienveillance autour de lui. La non-violence et la non-résistance sont des précepts fortement présents dans la plupart des ses facettes, qui ne sont malheureusement pas toujours bien comprises de ses différents croyants et hommes de foi...

J'apprécie que vous soyiez d'accord avec les paroles et idées que je véhicule, jeune Tamarie. Si le Cirque veut bien lui aussi m'accueillir, probablement seulement de passage, ce sera avec plaisir que je me joignerais à vous pour les visiter, si le coeur vous en dit.


Un raclement de gorge suit cette liste de réponses, pour une question des plus intéressantes, selon lui, après la question sur l'identité de son Dieu.

Votre question est bien personnelle, monsieur Clétus, mais aux vues des avancements que vous m'avez permis d'effectuer dans ma mission, c'est la moindre des choses que de vous répondre.
Le Père Supérieur de mon monastère a déjà envoyé le missionnaire Père Timaire, mais... Nous n'avons jamais eu de nouvelles de lui. Il est bien plus jeune et fringant que moi, avec la témérité de la jeunesse ! Nous ne savons même pas s'il a atteint votre contrée... Contrée dont je ne connais toujours pas le nom, d'ailleurs. Mais soit, passons. Le Père Supérieur a donc décidé d'envoyer un second missionnaire, moi-même, pour tenter de retrouver la trace du Père Timaire, mais aussi afin de propager les Saints Précepts de l'Être Supérieur. Pourquoi ici ? Je n'en ai aucune idée, j'étais dans la diligence en partance pour le port lorsque je me suis assoupis et... Enfin, ne me jugez pas s'il vous plaît, j'ai de plus en plus souvent besoin de faire des siestes, dernièrement... Ce doit être l'âge ! Et.. Eh bien je me suis réveillé là, la tête dans la poussière âcre de cette rame de métro, et aux vues de ce que j'ai pu entendre... Oui, je dois être arrivé à destination, d'une manière ou d'une autre, sans nul doute possible.


Et ainsi vint la paix.

"Hey, Tamarie ! Toujours aussi rafraichissante ! ça me rend dingue que des personnes puissent se sentir l'envie de te tuer... Bref. Nous tournons autour du même sujet."

"Hi Clétus, merci pour ton analyse, j'ai pris des notes. Y'a pas mal de bon sens, à se demander pourquoi on ne t'éccoute pas plus ? Bref, toujours le même sujet encore..."

"Okay, Godfred, la Diplomatie 3.0 est un nom provisoire pour une forme de communication que nous étudions depuis peu. Jusqu'à maintenant, cette communication se dit être diplomate ou du moins utilisée par des personnes qui se présentent comme diplomate. Mais dans les faits, on s'aperçoit que ce n'est pas si diplomate. Alors, comme le souligne Clétus, il y a une forme d'humour certainement. Un peu comme ceux qui vous ont fait une farce alors que vous dormiez dans votre diligence et qui vous ont déposé en pleine terres de charniers. De leurs points de vue, ce doit être vraiment drôle."

"De notre coté, enfin, du coté de ceux qui n'ont plus assez de doigts de main et de pied pour compter leurs amis morts pour cause d'humour et de Diplomatie 3.0, c'est très différent."

"Alors est-ce que ces contrées qui puent la mort ont un nom ? Je n'en ai aucune idée. Si un nom leur a été donné, il n'est pas partagé."

"Sans chercher à te décourager Godfred, tu as du pain sur la planche, ta mission est une sorte de challenge, une quête du Graal des Temps Malades !"

"J'aimerais tout de même te donner une piste de travail : compte les victimes, découvre le nombre d'hommes, de femmes, d'enfants qui ont été tué par l'un ou l'autre de ces camps. Un décompte morbide. Car les nombres bruts ne mentent pas, ne déforment pas la vérité."

Bruit de crachat

- L'être divin hein ? Un bel enculé si tu veux mon avis mon bon ami.
Pour le reste de tes questionnements, je partage tes convictions, la paix, l'amour, la bienveillance. Je t'accueillerai avec grande joie pour te le montrer et prouver ma bonne.... foi
Marche droit vers le Sud !

- Guhuhuhuhuhu !

- N'écoute cependant pas trop ce qu'il se dit ici, j.... le sud est toujours ouvert à la négociation !
 


Pssst

La voix à l'accent scandinave reprend la parole.

Merci madame Scarlett. Je comprends bien que la perte d'êtres chers soit un motif tout à fait éligible à la vengeance, et que la communication, dans ce cas de figure, arrive peut-être un peu comme un cheveu sur la soupe...

Je ne suis pas certain que j'ai été victime d'une farce, mais bien plutôt d'uné négligence du personnel... J'aurais aimé être réveillé avant que l'on me descende de la diligence, et j'aurais aussi bien apprécié que mes affaires descendent avec moi ! M'enfin, je ferais avec.


Il marque une pause.

Je pense tout de même qu'il serait bon que je précise une chose : je ne suis pas là pour trouver un coupable, madame Scarlett. Je ne suis pas là pour faire régner la justice. Je ne suis pas là pour juger tel ou tel fait ou méfait. Je suis là pour trouver une solution viable et non violente pour les différents partis mis en cause dans ce conflit, conflit apparemment armé et bien entamé, de part le nombre de morts laissé sous-jacent à vos propos...

Svein effectue une nouvelle pause, ne sachant pas vraiment qui avait parlé ensuite.

Monsieur, sachez que je compte bien faire le tour des comtés pour recueillir les points de vue et avis de chacun sur la question. J'espère simplement ne pas être vu d'un mauvais oeil, ne transportant que ma vieille carcasse et mes convictions. Vous me voyez fort attristé de comprendre que vous ne portez pas mon Dieu en votre coeur, mais je ne peux savoir les périples que vous avez dû traverser pour en arriver à cette conclusion. Peut-être n'avez-vous eu à la vue que l'une de ses facettes réductrices ? Je serais heureux d'en parler plus longuement autour d'un rafraichissement, ou comme cela à la radio.


Et ainsi vint la paix.

Y'a pas d'amour sans haine qu'on dit. Moi j'aime bien qu'on m'haine en tout cas. Té !

La voix scandinave répond, un sourire est presque discernable.

Oh, bien au contraire, monsieur.. ? Sans haine, il y a beaucoup plus de place pour l'amour. Pas besoin de haine pour que l'amour existe, sachez-le. L'absence d'amour n'est pas obligatoirement la haine, vous savez ? Nous pouvons entrer plus profondément dans les détails, si vous le voulez.

Je suis là pour parler, après tout, pour échanger, emmagasiner, apprendre... Tous les points de vue sont bons à entendre et à prendre en compte.


Et ainsi vint la paix.

- C'est une façon d'exister, j'imagine. Être hainé et hainer en retour, hm ? Ça ressemble quand même pas mal à un choix, selon moi.

Comme un soupçon de lassitude dans la voix qui se concrétise assez vite :

- Désolé si je te déçois, Godfred, mais si, je baisse les bras. A grande échelle, du moins. Celle qui m'a fait tomber de haut, après m'y être accroché plus de soixante-dix lunes. Je garde mes convictions mais je ne serais plus un frein, pour peu que je l'ai été, au sein de l'Union ou d'ailleurs. Je vais vivre un peu... Enfin, vivre... Je finirais sans doute en "dommage collatéral" de plus pour une raison ou pour une autre. Peut-être même pour aucune. Simplement pour le bout de viande sur pattes que je suis, si ça se trouve. Au moins, je consacrerais mon temps à quelque chose de plus réjouissant, plus épanouissant et moins frustrant. Que le temps qui me restent, ici-bas, soit court ou long... Un ici-bas qui n'a, en effet, pas de nom. Peut-être un signe de l'intérêt qu'on y porte. Ou bien juste parce qu'aucun de nous ne sait ce qu'elle est, cette contrée, comme tu l'appelles... Tout comme toi. Merci, en tous cas, d'avoir répondu à ma question. Elle était personnelle, c'est vrai... mais, tôt ou tard, on aurait bien fini par te la poser. Ça permet de situer. D'ailleurs, je ne doute pas qu'Azazel et toi aurez beaucoup à vous dire... Fais juste gaffe au rafraîchissement, hm ? On pourrait y avoir versé quelque chose dedans. Tous mes voeux de réussite, l'ami.


L'homme est un loup pour l'Homme. Et pour le loup ?

La voix du nordique est peinée.

Vous ne me décevez pas, monsieur Clétus. Je n'ai aucune idée de l'étendue des efforts que vous avez déjà produit, ni des résultats obtenus, et je suis à même de savoir à quel point certaines situations peuvent évincer tout espoir de réussite ou d'avancement, croyez moi...

Cela me rend simplement triste de savoir que vous avez essayé, à votre manière comme vous dites, et que cela n'ai pas apporté les fruits escomptés.

Si telle est votre décision, je me dois de la respecter, et c'est avec ferveur que je tâcherais de reprendre votre travail. Mon arrivée sonne peut-être comme un coup du destin, finalement, même si le destin n'est pas quelque chose auquel je crois...


Svein marque une pause avant de reprendre, la voix plus assurée.

Puissent nos routes se croiser à la surface, monsieur Clétus, et que le futur vous soit favorable.


Et ainsi vint la paix.

Une voix féminine avec un fort accent s'immisce dans la conversation.

Voilà des oreilles ravies de vos bavardages théologiques arrivant à point nommé durant une bonne crise de foi malgré que Manbo Mahougbé être fervente croyante. Manbo délaisser sa quête de télénovelas et d'ouvrages mh disons philosophiques pour venir partager ses réflexions.

Monsieur le prêtre ou qui que vous être, vous savoir que la bible ne pas parler d'amour car écrite par une tripotée d'humains souhaitant imposer une direction et des règles de vies archaïques. La bible s'étoffer pour devenir un hymne à la guerre, à la division et à la haine sauf envers sa famille, ses voisins, son clan, et ceux ayant la même vision. Même vision à imposer à tout étranger pensant différemment et si impossible le détruire. Les guerres de religion en être bons exemples. Bible même prôner le viol des femmes de l'ennemi impie, détaillant un Dieu punisseur et revanchard poussant au fanatisme. Paradis, enfer, blablabla. Or si Dieu avoir fait humains à son image selon la bible... Mhmh... Cela laisser songeur.

Un rire étouffé.

Manbo Mahougbé ne pas parler de la Torah ou du Coran mais les règles et convictions ne pas être bien différentes. Malgré tout assez pour que les humains se taper dessus sur des points de vue différents depuis que cela exister, comme pour toute autre question. Remplacer Dieu par autre chose. Politique, orientations sexuelles, féminisme, pétrole, frontières ou peu importe, pareil au même. L'humain ressentir le besoin d'avoir toujours raison. Être aussi naturellement possessif, territorial, à vouloir toujours plus sans jamais se satisfaire car dans ses instincts grégaires et viscéraux pour sa survie et celle des siens. Les étrangers toujours personnifier le danger, pire encore être une gêne dans une compétition à l'expansion car l'enfer être les autres. Une éternelle menace. Bouffer ou être bouffé. Forts, faibles, dominants, dominés blablabla.

Cela ne toutefois fonctionner qu'en troupeau bêlant. Or les troupeaux bêlants se brosser dans le sens du poil et se manipuler tout autant car l'ego être un beau terreau fertile. Manbo se dire que devenir nihiliste et misanthrope pouvoir être une solution.

Tout cela pas nouveau et Manbo s'étonner d'entendre questions si naïves et redondantes au regard de la grande histoire ayant mené à ce monde toxique, même si pas très différent de Haïti après un cataclysme. Mhhmh ça non hahaha ! 

Alors ma soeur ? Tu sais, les gens qui t'écoutent vont te croire aigrie la hein!!

Un gros rire gras fera saturer les radios de moindre qualité.

Je profite de votre discussion mes amis, pour apporter ma pierre à vos réflexions, il est tout simplement logique que la haine de l'ancien monde en imprègne encore ses restes à mon sens.
Nulle foi ou divinitée ne pourra changer cela, pas après la grande purge où nous avons tous tant perdu !
Ce monde des hommes appartient bien aux hommes et le divin n'a qu'un intérêt marginal à interferer dans les luttes qui s'y déroulent.
Sans autoritée supérieure, j'ai bien peur que l'homme ne reste un loup pour l'homme.

Seule la terre offerte par Bondye échapperait à cet état de fait, mais encore faut-il la trouver... Mais j'y travaille mes amis j'y travaille !

Le nordique reprend la parole, alors que les derniers sons d'écriture sur papier peuvent parvenir aux oreilles fines.

Merci à vous de partager votre point de vue sur les religions et leur lien avec la situation actuelle de votre pays, madame.. - une légère hésitation se fait sentir, très vite rattrapée par ses notes - .. Mahougbé ? Et monsieur. Je comprends bien que les différents mouvements de croyance "dominants" ne sont pas forcément ceux prônant les bons précepts, et qu'ils ne peuvent être une solution aux différents problèmes présents. Ils ne sont, à vrai dire, des solutions pour aucun problème. La multitude de croyances a même toujours été une excuse toute trouvée pour déclencher des guerres et commettre toutes sortes d'actes immoraux.

Non, je ne pense pas non plus que la religion puisse être une quelconque solution, madame Mahougbé. Je ne pense pas non plus qu'aucune facette du Dieu Unique, dans toutes leurs diverses formes, n'aurait quelconque possibilité à interférer ici, tant bien même elles le voudraient. Le divin n'a aucune emprise sur le monde, uniquement sur les pensées et les actes de leurs croyants, et encore... Malheureusement, certains hommes de foi font des amalgames sur leur compréhension de textes sacrés, sans parler de la perte de sens due aux différentes traductions d'ouvrages complexes au fil des années, au rajout de certains autres sens non voulus à l'origine, et ainsi de suite... Les différentes religions qui ont façonné le monde ne sont que les enfants mal éduqués de religions saines.


Svein marque une légère pause.

Je n'ai pas été envoyé ici pour convertir qui que ce soit au culte du Dieu Unique. Le Père Supérieur m'a confié une tâche simple : ramener la paix et élever la non-violence. Simple en termes, compliquée en actes. Je reste néanmoins fortement aidé spirituellement par mes croyances, ce qui me donne le courage nécessaire pour entreprendre cette tâche.

Votre analogie de "troupeaux bêlant" ainsi que "l'homme est un loup pour l'homme" m'interpelle quelque peu. Pensez-vous vraiment que l'instinct naturel de l'être humain soit foncièrement mauvais pour ses semblables ? Ne pensez-vous pas que l'être humain pourrait, justement, considérer tous les autres êtres humains comme faisant partie intégrente de leur troupeau ? De leur meute ? Sans même parler de religion, ou d'idéologie, ne sommes nous pas tous de la même espèce ? Ne sommes nous pas tous capables de réflexion ? D'émotions ? Si l'on nous blesse, ne saignons-nous pas tous ?

Je conçois que l'unité des peuples puisse paraître naïve et utopiste, voire impossible. Que la "haine de l'ancien monde", comme vous dites, monsieur, imprègne nos choix et nos actes. Mais n'est-ce pas là le but de l'Humanité, de se débarrasser des entraves haineuses qui nous composent ? De vivre en harmonie avec les monde extérieur, et avec les habitants qui le composent ?


Et ainsi vint la paix.

Humains, humains... Créatures perdues, dénuées de ssens... Pas ssavoir quoi faire, ssuivre émotions pour donner impresssion de ssens... Jusstifier... Existence...

Faire la guerre.

Hin... Mais ss... Ssolution être ssimple... Devoir donner nouveau ssensss... Devoir embrassser vrai pouvoir de monde nouveau. Pouvoir des Fleurs ! Ssymboles des ruines. Grande magique, capable de changer humains et manger dieux anciens.

Humains pouvoir être ssauvés des humains. Jusste besoin trouver beauté dans foi nouvelle. Beauté dans future. Comme dans monde ancien. Zzakaria, magicien grand, pressque compris.

Croire- Hin... Hin hin... Croire en humanité, mh ? Grande famille ? Harmonie ? Devoir faire place pour mutants... Moins dangereux qu'humains perdus.


Un claquement de dent. Soufflement de nez amusé. Clac, clac.