La vie. La sans vie. La survie...

Chapitre débuté par Mary Hon

Chapitre concerne : Mary Hon,

Ce texte vaut 4 bières !
Il était huit heure du matin. Heure à laquelle, la ville où vivait Mary, se réveillait brutalement.
Les gens trottaient, les voitures s'agglutinaient et les klaxons hurlaient à tout va. Sans parler des conducteurs qui ne se cachaient même plus derrière leur vitre pour s'insulter les uns les autres...

Mary était une habituée de ce monde particulier et n'y prêtait même plus attention. Elle slalomait entre voitures, vélos et autre engins à roues qui ne la voyaient même pas. Elle trottait comme tout le monde, mais avec une touche plus colorée. Comme si elle vivait dans un autre monde, à sautiller, l'apesanteur ne prenant pas autant effet sur elle.

Toujours en retard, cette petite brune galopait presque jusqu'à la station de métro de son quartier. Un café dans une main, son porte vue dans l'autre...
Ce matin là, elle croisa Gulliver, sur son chemin. Un sans abris qu'elle avait l'habitude de croiser et avec qui elle partageait volontiers son café.


« Gulliver ! Tenez ! Tout chaud, rien que pour vous ! Et sucré comme vous l'aimez ! »

La boisson chaude offerte et le sourire allant avec, la jeune femme s'engouffra dans l'entrée du métro et disparu derrière l'épaisse fumée des pots d'échappement et d'autres aérations qui n'aimaient sans doute pas le froid.

C'était l'heure de pointe et si elle ne voulait pas rater le départ, elle avait intérêt à se faufiler au travers de la foule. Ce qu'elle fit. L'avantage de ne pas être épaisse et d'être minuscule, sans sac pour l'encombrer et qui pourrait la retarder...

Mais ce qui aurait pu être un jour comme un autre ne l'était pas. Un pied levé et prêt à passer la porte du wagon, qu'une alarme hurla dans tous les souterrains. Le genre de sirène qu'on entend que dans les vieux films de guerre.

D'abord un silence de plomb, malgré cette sonnerie assourdissante. Puis les cris...
La foule se déplaça presque en bloc. Bien sûr, Mary suivit le mouvement, happée par la vague de personnes agglutinées. Elle ne touchait même plus le sol par moments et n'avait rien d'autre à faire que de s'agripper à son porte vue qu'elle perdit aussi vite qu'une de ses chaussures.

C'était sans doute ça, le signe. Elle aurait dû le voir venir...

C'est un ramdam improbable venant de la surface qui stoppa la marrée humaine. Des énormes bruits sourds, comme si votre voisin au dessus de chez vous, venez de faire tomber un truc lourd. Cette fois, quelque chose de définitivement TRES lourd...

Le sol s'affaissa soudainement sous la foule, comme un ascenseur qui arriverait à son étage, avant que les portes ne s'ouvrent, mais sous un craquement à en glacer le sang… Et rien ne s'ouvrit, tout se referma sur eux...
La lumière disparu soudainement et le plafond s'écroula. Les cris reprirent de plus belle jusqu'à totalement disparaître. Et Mary avec...

Quelques heures, peut-être bien quelques demies journées même, avant que la petite brune ne se glisse hors des gravas...

Nous l'appellerons sa chance n°1.
Sans doute grâce à sa petite taille, là encore, la jeune femme était passée entre les gouttes... Un ou deux corps l'ayant protégée de l'éboulement, le sien recouvert de sang quand elle s’extirpa de ce amas de gravas.

Si elle s'était mise à pleurer, personne n'aurait pu le voir. La couleur rouge écarlate qui lui couvrait le visage camouflait chacun de ses traits. Les larmes se mêlant au liquide ensanglanté pour ne former qu'une mélasse effrayante. Ça et la pénombre de l'endroit, bien évidemment...
Car si tout s'était effondré, une partie était encore debout. Les sorties, quant à elles, étouffaient de décombres. Et rien ni personne, pour le moment, ne pouvait sortir d’ici... Ou même y entrer...

Le corps de Mary tremblait de froid, de peur aussi, sans doute. Mais il faut préciser qu'en plein mois de janvier, les températures n’avoisinaient pas les trente degrés. Sans compter que le corps de la jeune femme était à moitié dénudé... Plus aucune chaussure, encore moins de chaussettes... Son tailleur n'était plus qu'un haillon. Même son soutien gorge ne tenait plus que par une bretelle...

Sans réel but, elle s'était mise à marcher le long des quais, ou traîner de la patte en sachant l'état dans lequel elle était. Elle avançait là où le plafond ne s'était peut-être pas écroulé. Ou là où, simplement, plafond et sol avaient fusionné...

L'impression inconsciente de se retrouver dans un aquarium. La tête lourde, l'ouïe brouillée... Et pourtant, elle pouvait entendre l'eau filtrer le plafond et s'écouler à même, de ce qu'on pouvait appeler, de la roche.

C'est un appel au secours qui attira son attention. Le premier depuis bien trop longtemps. Le silence complet avait eu le temps de s'installer avant qu'elle ne puisse s'échapper de sa prison forcée...
Son rythme cardiaque redoubla et sans trop réfléchir, son corps abîmé réussit à la porter jusqu'à la personne gémissante. Mais il était trop tard...

Comment cette personne pouvait-elle encore être en vie, au détail de son état?... Un bras broyé, la jambe opposée dans le même cas. Et un tuyau mal tombé, planté au travers du ventre de cette femme malchanceuse... Mary en perdit presque pieds...

Mais ce n'est pas elle qui l'acheva. Seulement la volonté de cette femme à ne pas vouloir disparaître seule de ce monde, qui l'avait tenue en vie, encore jusqu'ici... La chanceuse avait seulement cherché à la rassurer, lui tenant sa main ensanglantée avec la sienne, dans le même triste état... Le temps d'une berceuse à la voix tremblante, les sanglots entrecoupés et la femme s'était éteinte...

C'est là que Mary se disloqua peut-être un peu...

Elle entendit une flopée d'eau claquer sur le sol du quais, non loin d'elle. Une fontaine à eau dont la canalisation avait lâché. Sa chance n°2.

C'est en y courant qu'elle s'y jeta, ses deux mains côtes à côtes afin de s'en servir comme d'un récipient et d'en boire son contenu. Elle bu au moins trois bonnes grosses gorgées avant de recracher ce qu'elle avait en bouche, une toux à s'en arracher la gorge... La vue du sang était traumatisante. Aussi, la jeune femme s'empressa de frotter les membres de son corps, recouverts de cette substance tenace et sombre.

Elle n'avait pas de savon, mais elle frottait et frottait encore... A la hâte, presque à s'en arracher la peau... Cela dura un certain moment avant que cette couleur chaude quitte sa peau claire, mais elle finit par y arriver... Tremblotante, épuisée.

Cela prit un peu de temps là encore, avant qu'elle ne reprenne une réelle conscience et qu'elle décide de survivre...

Sa chance n°3 marqua sa trouvaille. Sans doute la plus réconfortante du moment. Une valise... Elle y trouva un paquet de chips, des bonbons et même une bouteille. Mais surtout, cette petite robe noire qui lui sert encore actuellement de seul vêtement...