Du concept de guerre préventive.

Chapitre débuté par Lemmy

Chapitre concerne : USSR - La Plume rouge, The Void, USSR Division Motörhead,

Lemmy, daymio de la Division Motörhead de l'Union ddes Samurai du Soleil Rouge, ne savait trop que faire.
Son groupe était épuisé, ils ne pouvaient plus rien faire, et ils avaient récupéré des caisses de matériel au nez et à la barbe de The Void, et de leur abominable chef : The Thing... si jamais il avait un nez ou une barbe.

La Division Motörhead n'était qu'un groupe sans prétention, ressemblant des membres sans trop de moyens, surtout là pour explorer et cartographier la zone.
Lemmy, ancien chanteur, protecteur de héros occasionnel et philosophe discutable, avait assez de charisme pour pouvoir gérer un bon groupe dans lequel se trouvait Tartine, jeunette cherchant son papa, Fissure, la demoiselle à la coiffure d'un autre âge, ainsi que Simon Dim Kan le survivant, et Chilali le cherokee, un duo d'explorateurs. Tous n'étaient pas armés, et ceux qui l'étaient pouvaient se défendre avec des vieux outils merdiques. Seul Lemmy avait une baionnette un tant soit peu solide. Autant dire, un cible de choix pour les pillards qu'étaient The Void.

Du haut des montagnes, le rocker moustachu observait ses ennemis potentiels se rassembler.
The Void, constitué du camé Tommy Pez, de Adze l'amazone, de Roméo, esclave depuis un bon mois, et de Mälie Death, jeune fille semblant calmer les tendances psychotiques de Tommy Pez... et toute cette bande de joyeux enfoirés étaient dirigés d'une main de fer (à moins que ce soit d'un tentacule de fer ?) par The Thing, chose... truc... chtonien chelou flippant.

Les relations entre l'USSR, menées par la Plume Rouge, et The Void, n'était pas au beau fixe, ces derniers temps. Les messages radio étaient un poil agressifs. Rappelons toutefois que l'USSR se fait un devoir de protéger la population du Fract contre les batards de pillards et les enfoirés de meurtriers, et The Void correspondait quelque peu à cette description.

Craignant pour la vie de ses samurais, Lemmy contacta la Plume Rouge, située à quelques lieues au nord.

 
Le vent s'était levé sur la plaine, s'engouffrant de la mer de l'Est dans l'étendue desertique qui bordait la côte, se fracassant sur les montagnes où le convoi de l'USSR avait positionné son campement de fortune. Il faisait doux, l'assurance de trouver la route la plus courte vers Roningrad était là, chargeant les coeurs d'espérance, malgré les privations que s'imposaient les caravaniers. 

Lemmy et ses femmes avaient été rejoints par un indien et un aventurier qui, depuis quelques lunes, orbitaient autour de l'Union. Ensemble, ils avaient une vue parfaite sur le paturage qui venait lécher les contreforts de leur forteresse improvisée. De là, nul doute était possible : les groupes dont Laura avait entendu dire qu'il s'agissait de pillards avaient établi leur campement. Un imbroglio diplomatique où les rumeurs de meurtres fanatiques expiatoires et de culte obscur avaient bonne place. Rien de ce que pouvait accepter l'USSR. 

Jelani et Laeli regardaient avec attention une carte des environs, dessinées à la va-vite sur le revers d'un bout de papier cadeau. Ce n'était pas encore Noel, mais bientôt la fête des morts. La radio vibra, et c'est la voix inquiète de Lemmy qui rapporta qu'un monstre à tentacules étaient en train d'unir des survivants à proximité directe de lui. Les contacts radiophoniques avec les différents protagonistes n'avaient été, au mieux, que peu concluants pour se faire une idée de ce que valait ces bandes éparpillées, et n'avaient pas permis d'éclaircir les relations troubles qu'ils entretenaient avec la famille Deaths. 

"Qu'est ce que c'est encore que cette horreur..."
Ce texte vaut une bière !
La jeune femme rongeait ce qui lui restait d'ongles en observant la carte gribouiller avec les moyens du bord.

Bugeisha, une fiche de post qui était encore une belle arnaque. Les Daymio lui avaient collé cette fonction sans la prévenir en amont, une mission pas si compliquée consistant simplement à faire traverser la région à leur convoi d'un point A à un point B avec une carte ne reliant pas ces deux points. Juste assez pour qu'elle se sente déjà dépassée, mais tout Se passait relativement bien.

La véritable arnaque n’était encore qu'à venir, on aurait pu aisément comparer le périple à un niveau de Super-Mario. Des premières rencontres avec d'autres survivants calmes et pacifiques, puis insultants, mais pacifique également, pour arriver ensuite à un ajout d'une famille de schizophrènes persuadés que les démons existaient et maintenant, la cerise sur le gâteau: une chose.

Une chose dont les descriptions faites le Daymio Lemmy et ses samouraïs n'aidaient pas franchement à comprendre de quoi il en retournait. Un cosplayeur ? Une créature mutante ? Un alien ? On s'approchait dangereusement du bad tripe ou d'une littérature pour adolescents où l'auteur se serait senti obligé d'ajouter un peu de fantastique à un univers post-apocalyptique.

Le problème était qu'ils étaient bien dans la réalité, une réalité déjà suffisamment horrible sans que ce genre d'horreur ne vienne se promener par chez eux, laissant Laëli douter de sa propre santé mentale ou de celle des témoins de la scène.


"Aucune idée, mais je préférais largement Magnus !

L'ongle rongé est finalement délaissé, insuffisant face à la montée de stress qui l'habitait et qui aurait bien mérité une cigarette si elle en avait encore eu.

"On fait quoi, on y va ? On doit pouvoir y être rapidement si on contourne la position de Lemmy."

Activant son propre émetteur.

"Laura, t'a entendu Lemmy ?"
Ce texte vaut 3 bières !
Bien loin de l'action, la diplomate de l'USSR suivait les évènements à distance. Coupant et recoupant les informations à sa disposition. Elle avait, depuis un certain temps déjà, capté de nombreuses rumeurs parlant d'une armée de monstres et de pillards sanguinaires. Rumeurs ne semblant point démérités quand la clan Death fit son apparition attaquant sans vergogne une Punk et son équipe n'ayant rien demandé à personne.

Quelques lunes plus tard ce fut une surprise total non pas de trouver une armée, mais juste quelques survivants en difficultés, ayant de plus apporté assistante à une jeune fille éploré. C'est donc avec perplexité que les pourparlers furent entamés, au lieu d'une attaque en bonne et du forme, comme il fut envisagé. Les rumeurs semblaient démesurés, la petite blonde contacta donc personnellement de nombreuses personnes à ce sujet :

Entre autre exemple, un vieil homme bourru mais affectueux, un marchand honnête à la recherche de son singe, le représentant d'un groupe para-militaire... L'enquêtrice était également sur le point de contacter une solitaire renommée et une témoin clé mais cela n'eu pas le temps d'arriver.  

De tout ceux qu'elle a pu contacté tous étaient unanimes sur les faits suivants, Gueule de Truie à la mine patibulaire, la créature d'un autre monde aux membres tentaculaire et le clan fanatiques d'un Dieu sombre et séculaire, avait rejoint une alliance avec pour sombre dessein rien de moins que d'anéantir l'humanité. Mais un point important dérangeait profondément la chercheuse de vérité, aucune de ces sources n'était en mesure de confirmer un fait avéré, tout se basait sur des on-dit et des enregistrements radio anonyme.

A cela s'ajoute le fait perturbant que Mälie ai trouvé refuge auprès d'êtres à la réputation si détestable. Un sentiment de regret et de gâchis en se remémorant cette histoire, si seulement la petite avait choisit de lui faire confiance, à elle ou ce brave Mr White.

Laura était incapable de se prononcer, était-ce une ruse de ces êtres à l'apparence monstrueuse ? Ou juste un délit de faciès qui s'est répandu de bouche à oreille.

Sans inquiéter la petite Mälie, la diplomate demanda que l'ami et protecteur proclamé prenne le combiné. Tommy de son nom, une autre surprise pour la jeune femme, sachant qu'un certain Tommy avait réclamé la tête enfantine dans des intentions clairement meurtrières. Un début de discussion courtois où le fameux Tommy le Camé explique sa schizophrénie dont le seul remède est Mälie. L'attachement de la petite pour cette individu est manifestement très fort, Laura souhaiterait donc que l'histoire s'arrête là, mais les doutes ne pouvaient être ignorés encore et une décision devait être prise. Elle décida donc de confronter Tommy sur ces fameuses rumeurs, lui demandant de fournir de nouveaux éléments pouvant prouver que celle-ci n'était fondé sur rien. Tommy choisit l'agressivité pour seule réponse, un triste choix dont les conséquence aurait pu être évité si des mouvement hostiles n'avaient pas été détectés dans la foulée.

C'est donc à Laura qu'on demande l'avis final, frapper ou de ne pas frapper, le dernier cran de sécurité avant d'amorcer le tir fatal.
Elle se sent comme l'opérateur derrière son radar observant ce point qui clignote et qui s'approche inexorablement, s'agit-il d'un missile hostile ou d'un avion civil ? 
La décision doit être prise rapidement, des vies son en jeu, la vie de gens qui ont placé leurs confiances en elle, un choix difficile sachant que cela condamnait la petite Mälie à une mort quasi-certaine.

Dans un soupir résigné elle prononce les mots fatidiques : "Oui j'ai entendu. Je vous donne mon feu vert."
Une phrase claire et limpide. Le gong venait de retentir. Le black regarda Laëli, sans un mot. Tous les deux savaient ce que ça voulait dire. Il lui laissa le soin de ranger le matériel, et commença à rameuter les troupes. Il porta la main à la bouche, inspira profondément, et propulsa un sifflement strident. Une fois certain de monopoliser l'attention de tout le monde, il posa les mains sur les hanches, et toisa les visages interrogatifs tournés vers lui.

"Camarades, le devoir nous appelle. On va aller débarrasser le nouveau monde d'une autre horreur du passé. Equipez vous en vitesse, on décolle dans dix minutes. La première tournée est pour moi. La seconde une fois le boulot fait."

Il déboulonna une gourde cabossée, se logea une longue rasade en travers du gosier, avant de passer l'outre métallique à sa bande dépareillée. Chacun vérifia son sac, que les outils qu'ils usaient pour menacer les imbéciles étaient toujours aussi tranchants et contendants que ce qu'ils espéraient. Il attrapa sa fourche, glissa une hachette entre sa ceinture et sa hanche, rattacha ses lacets. Il était prêt, comme tous les autres. 

"En avant. Faites gaffe à la gamine, si possible. Mais pas de prise de risque. On plante tout ce qui n'a pas déguerpi en nous voyant arriver."

Le chemin avait été court, quelques lieux, à longer la ligne des collines. Il faudrait un jour donner un nom à ce massif. Ils y réfléchiraient plus tard; ce n'est pas comme s'il y avait beaucoup de bavard, ce soir. Pourtant, tout le monde semblait déterminé. Jelani hocha de la tête, satisfait que les siens soient toujours présents quand il s'agit d'action. 

La plaine n'offrait pas beaucoup de cachette pour dissimuler leur arrivée, mais qu'importait : les autres étaient là où Lemmy les avait repérés. Et il avait du mal à comprendre ce qu'était le machin qui lui procurait un fort sentiment de répulsion. Des tentacules, des crocs... Un cauchemar vivant. Il n'y avait plus qu'à faire abattre le marteau sur l'enclume dans un tonnerre assourdissant, et espérer transformer cette bête immonde, cette hydre luciférienne, en un carpaccio de calamar. 


"Camarades... Pour l'USSR, chargeeeeeez"

Et sans attendre, il se mis à courrir sur le campement ennemi, la fourche fermement empoignée et la rage, comme la peur, sur le bord des lèvres.
Bernadette suivait la troupe, maugréant, comme d'habitude. Mais là, elle avait une bonne raison, elle avait renversé sa bouteille de rhum,et elle était de fort mauvaise humeur.
En plus, c'était le diable qu'il fallait débusquer cette fois. Le diable entourée de ses diablotins. Et au milieu, une fillette. Personne ne savait vraiment pourquoi elle était là, avec eux. C'était le rejeton de la famille Death.
La pauvre gosse était passée de Charybde en Scylla. Et des fois, il fallait se demander ce qu'il passait par la tête du Saint Père. Ce monde était un enfer. Soeur Bernadette était là. pour ramener les brebis galeuse à leur berger.

Elle passa devant les autres, psalmodiant doucement:

Benedicat tibi Dominus et custodiat te, ostendat faciem suam tibi et misereaturtui convertat vultum suum ad te et det tibi pacem.Dominus benedicat frater, te Benedicat, benedicat,benedicat tibi Dominus et custodiat te Frater, te.

Evidemment, elle ne savait absolument pas ce que ca signifiait, mais bon, à force de l'avoir entendu au couvent, ca rentre. Et le père, à l'époque disait que ca bénissait les gens qui traversaient des moments difficiles. Et c'était le cas aujourd'hui.

Bon, alors? On y va?

Ce texte vaut une bière !
Cornelius eut à peine le temps de boire le verre de gnôle que lui avait tendu Jelani, qu'il vit toute la joyeuse troupe se mettre à partir en courant. Il essaya de faire cul sec avant de partir à son tour, mais cet alcool était bien trop fort pour le grec en lui, habitué à boire l'ouzo que sa communauté faisait importer sous le manteau jusqu'à leur village de Cappadoce, ou encore le raki que leurs voisins turcs partageaient généreusement avec eux une fois leur mois de ramadan terminé. Il fallait pourtant se résoudre à boire vite. Les autres étaient déjà à près de 20 mètres devant. Seule Soeur Bernadette semblait à la traîne.

Cornelius fit une moue d'appréhension avant d'avaler tout ce qu'il restait dans ce qui lui servait de verre. Un spasme parcourut son corps et lui arracha un cri guttural que tous les autres prirent pour un cri de guerre. Ils répondirent à l'unisson, ce qui donna à Cornelius l'impulsion qui lui manquait pour se lancer.

Cornelius courut aussi vite qu'il le pouvait pour rattraper les autres. Il en ressentit soudain une joie euphorique, comme le sentiment d'appartenir à quelque chose. Que le temps des égoûts lui semblait maintenant loin ! Depuis qu'il avait rencontré Tartine puis Lemmy et l'USSR, son existence avait trouvé un sens. Il avait promis à la première de tout faire pour la protéger le temps qu'elle retrouve son père. Puis ils avaient rencontré Lemmy qui leur avait proposé de rejoindre une confrérie de samouraïs justiciers, fans de couleur rouge, les USSR, décidés à défendre veuve et orphelin contre toutes les forces du mal. En tout cas c'était ce qu'il avait compris. Et ça lui plaisait.

Tandis qu'il continuait de courir, Cornelius sortit de ses pensées et tenta d'analyser la scène en se rapprochant. Ses camarades n'étaient plus qu'à quelques mètres d'une bête tentaculaire qui pourrait très bien être sortie de l'imagination d'Alejandro Jodorowsky. Autour du monstre, quatre humains, pour certains très jeunes, semblaient comme des possédés en transe participant à un rituel de magie noire. Juste devant lui, Cornelius vit que Soeur Bernadette tenait son crucifix à bout de bras, le brandissant énergiquement devant elle comme si c'était l'ultime rempart entre elle et le démon.
 

Le trajet s'était effectué en silence pour la bugeisha incapable de décrocher le moindre mot ou le moindre sourire alors qu'ils approchaient du lieu de l'affrontement à venir et que la peur de ce qui allait se produire enflait pour former une boule douloureuse dans son estomac.

À son côté, une batte de baseball se balançait au rythme de ses foulées, sa main crispée sur l'outil sportif devenu arme dont la présence la rassurait quelque peu. Un coin de son esprit trainait une pensée ridicule "veste de cuir et batte de baseball, t'es une putain de Negan !", mais elle était tout de même bien moins grande, balaise et charismatique que ce dernier et surtout elle n'avait absolument pas envie d'éclater des crânes. De plus, sa batte à elle n'avait pas de nom.

Les premiers cris de guerre résonnent dans l'air, se répercutant en échos sur les parois rocheuses proches offrant un côté épique à la scène alors que le regard de Laëli se pose enfin sur la chose. Une chose qui n'était ou n'aurait pas dû être de ce monde, un truc, un monstre, un machin ignoble tout droit sortie d'un laboratoire militaire ou qu'elle n'aurait cru voir que dans Stranger Thing.

Son sang se glace dans ses veines et alors que Jelani charge fourche en avant, c'est deux pas en arrière qui guident sa trajectoire jusqu'à heurter un mur inébranlable qui d'un coup d'oeil surpris vif et surpris en sa direction se révèle finalement être un Zoot lui rappelant qu'eux aussi avaient quelques spécimens hors normes. Humains à n'en point douter, mais des forces de la nature telles que Barbe Rose et l'ex-hooligan avaient une présence rassurante, sans compter ceux qui comme elles n'étaient que des survivants aux physiques plus lambda, mais à qui elle savait pouvoir faire confiance aveuglément.

Une grande inspiration est prise, la batte tourne entre ses mains, l'objet est équilibré, aérodynamique, facile à manier.

Seconde inspiration et elle s'élance à son tour vers la mêlée, préfère rester à distance de la chose monstrueuse et de la gamine qu'elle n'aurait su maitriser sans la blesser. Une autre femme croise sa route, déjà aux prises avec les samouraïs, luttant pour sa vie,cherchant à repousser un ennemi surnuméraire.

La batte frappe, le coup est rapide, cueillant les côtes qui se brisent. Un nouveau coup est armé et les yeux clos comme pour ne pas voir les conséquences directes de ce qu'elle s'apprêtait à faire, elle cogne de toute se force comme elle l'aurait avec une balle, de bas en haut car Laëli n'avait jamais joué au baseball, mais le résultat était là. La cible atteinte n'était pas une balle de cuir, mais une mâchoire dont l'impact sonne avec un bruit sinistre en écho avec les cervicales incapables de supporter la puissance véloce de l'arme.
Adze, paix à son âme, qui n'était peut-être qu'une survivante n'ayant commis pour seul crime que de frayer avec les mauvaises personnes et créature, nétait plus de ce monde.

Ce texte vaut une bière !
"J'ai, j'ai ! Sal'té !"

Le colosse enchaine les chassés dans la monstrueuse forme chtonienne qui gesticule faiblement devant lui. Hélas, le filet lesté lui masque ce qu'il a pêché : un simple esclave, probablement parasité ou symbioté par la chose. Ses liens plombés remuant dans les airs en cadence avec l'agonie de ce qui jadis était un homme le berne au point d'y voir de furieux tentacules.

"Haha ! Voilà, ça bougera plus si j'm'acroupe la dessus !"
La folie des affrontements... Il avait fallu étriper tout ce qui bougeait encore pour réussir à prendre le dessus sur la bestiole tout droit issu de l'esprit psychotique d'un adorateur de shokushu gōkan. La chose, pourtant, continuait de lutter. Tandis qu'elle maintenait les apprentis samouraïs à distance, balayant de ses tentacules l'espace environnant, un autre de ses appendices farfouillait les entrailles de ses anciens compagnons. L'effort fourni pour fourrer son extrémité dans les pauvres cadavres sans défense les faisaient parfois exploser : des gerbes de sang et de vicères éclaboussaient les compères, quand ils ne manquaient pas de se faire assomer par un bout de dépouille projeté. 

"Tu parles d'un protecteur..."

Le face à face dura de longues heures, où tous se relayaient pour surveiller le monstre qui ne semblait pas se fatiguer. Enfin, après quelques incantations, son corps se contracta subitement. Des furoncles parsemèrent son tronc, ses membres séchèrent et se détachèrent. Comme d'une voix outre-tombe, la bestiole hurla quelques messages funestes, que le bruit de sa liquéfaction couvrit aux oreilles de Jelani. 

Quelques minutes plus tard, il ne restait plus rien ici; si ce n'est une odeur infecte et un champ de bouts dépareillés de macchabées qui ne donnera pas de fruits avant plusieurs années. 


"On gardera ça pour nous les gars ? Personne ne nous croirait, de toute façon."
Après des lunes comme prisonnier, Gueule de Truie faisait sa part à l'USSR. Puis... arriva cette journée tragique. C'est lors d'une chasse à l'alligator dans le bayou que Lemmy et ses boys furent séparés de Gueule de Truie...

 - Gueule ? Truie ? Hé, t'es ou ?