The Naked Time : L'Équipage en folie

Chapitre débuté par Aaron N White

Chapitre concerne : Aaron N White, Past,

Je traverse les foules disparates de gens aux mines affables et tristes. Des petits feux épars illuminaient les ténèbres qui ne les rendaient pas plus accueillant et agréable pour autant. Une odeur méphitique provenait de tous lieux où déjà des cadavres pourrissaient, pour la plupart nettoyés de leur chaire par des cloportes et autres nécrophages. On ne s’étonnait plus des visages goulesques et des regards faméliques que lançaient les vermines et autres engeances simiesques.

La destination se dessinait, un lieu de rendez-vous que seul lui pouvait avoir trouvé. De tous les lieux et de tous les commences il avait fallu qu’il tombe sur cette boutique, sur cette enseigne. On comprend facilement ce qui a attirer son œil. Un triple X sur une enseigne équilibriste qui ne devait plus tenir que par une habitude usuelle et un câble aux abois. Mais aussi cette femme monochrome au néon éteint et sordide qui lève une jambe gracieuse, invitant à se reposer.

La porte est ouverte sur un intérieur sombre dont se dégage une étrange odeur de vaseline et de foutre caramélisée. Bien avant l’effondrement ce lieu impie devait avoir connu son lot de luxure dépravée et de pervers en tout genre. Le sol craque son mon pas et la semelle de ma botte glisse sur ce qui pouvait sembler être un bête mort. Un tube de lubrifiant anal et un postiche… 

Peu à peu, je m’habitue à la noirceur profonde qui se dévoilait de bride de lumière, laissant danser une poussière opaque et dense. La pénombre n’était pas encore mon domaine, il fallait encore un peu de temps pour que mes yeux s’habituent.

Je la vois enfin, elle semblait perdue, un peu trop, un regard évasif et vide d’existence, comme si on lui avait retiré son âme ou tout ambition personnelle. Deux théories sur ce mal, il était viral ou mental, mais je reconnus cette expression d’abandon dangereux. Sans me présenter ni me faire connaître, j’approche de la créature qui n’avait plus d’humain qu’une enveloppe et par un coup rapide et sec lui cogne l’arrière de la tête. Son visage s’explose contre les rayonnages de magazines pour adultes, y laissant sang, chair et dents.

C’était rapide et chirurgicale, elle respirait et soufflait du sang de son visage tuméfié. De ma botte, j’éloigne son arme de fortune et je m’assieds sur elle, écrasant toute ma masse sur son dos. La bête geint et remue, mais un nouveau coup, moins fort, mais tout aussi précis dans sa bouche semble la calmer. Je prends un magasine et commence à maladroitement tourner les plages, sans réellement regarder les corps nus qui défilaient sur le papier glacé.


-Pas de chance. C’est pas personnel, je suis de bonne humeur en plus, c’est pour te dire ce que tu aurais pu prendre. Disons que : pas au bon endroit ni au bon moment. Mais j’en connais un qui va apprécier ta présence, croit le bien !

Je lève mon bras et lui assène à nouveau un coup, sur son cul cette foi, du plat de la main, ça rebondit et sa claque bien, de quoi passer un agréable moment. Elle gémit à nouveau, elle semblait avoir tout pour plaire.


 
Clong. Clong.

Cou-cou ché-riiiie...

Clong Clong.

Wendy? Chérie? Lumière de ma vie... je ne vais pas te faire de mal. Tu ne m'as pas laissé finir ma phrase. J'ai dit, je ne vais pas te faire de mal. Je vais juste éclater ton cerveau.

Clong. Clong.
Plic. Ploc.
Pfuiiit.

Tapotement sur l’épaule. 
Le  dégingandé sursaute. 
Sursaute et lâche une caisse.
Une zone d’quarantaine en plus à déclarer n’est-ce pas.

L’heure d’dégager. Rallier l’point de rendez-vous. Être à la bourre à  un rencard parait que ça s’fait pas. Un coup de flotte sur la ganache, les parties, même l'panards. Plaquer les tifs sous l’couvre-chef. Lisser la bebar pour d’gager l’miettes de cadavres encore accrochées aux poils. S’curer l’chicots. Être un peu moins crade. S’rait presque beau l’chris là. 

Pas faute d’avoir fui s’matons. Déprimer. Tout rappelle l’planètes taules ou minières. Sauf qu’ l’matons fraternisent. Z’ont prévu un cadeau d’noël parait. Pas commun. L’chris sait pas si c’du lard ou du cochon. Le v’là donc à avaler les derniers mètres. Direction l’club à partouze.

Semble qu’l’Chris capte deux voix. C’est qu’ça tape et gémit. Comme quand l’gros melvin bastonnait sa gonzesse à coups d’ceinture pour la fourrer comme un bout d’'viand' ensuite. S’réconciliaient parait. Z’ont mal fini ça oui pour sûr.

Y zyeute partout. Sourit connement à sa mich’tonne. On l’sentirait presque gêné pour elle. Faut dire y’a des dvd d’cul à tous les rayons. Pleins d’joujoux et d’bijoux. Dont d’trucs zarb qu’y saurait pas quoi en foutre. Surtout d’la barbaque à gros nichons sur papier glacé. Bref d’quoi s’palucher qu’l’envie lui prendrait bien d’dégager faire sa p’tite affaire dans son coin.

L’chris flippe quand même qu’les matons lui r’fourguent une poupée gonflable. Voyez l’genre ? Pour s’foutre d’sa gueule. Et ça l’chris, l’idée l’enjaille pas trop. Ça sent l’sapin.

Faut croire que c’tait presqu'pas l’idée. À un carr’four entre l’rayon bdsm et l’cabines d’strip show où qu’ça schlingue encore plus l’foutre et la pisse : l’aut’maton et une gonzesse.

Une gonzesse à tête d’chauv’souris. Pas en matière zarb. Une vraie quoi. Putain d’bordel. 
L’espère qu’elle est clamsée. C’plus facile à découper ça oui pour sûr. Allez faire d’boudins et d’steaks quand ça braille encore !

Y'a forc'ment une couille dans l'potage. Plutôt qu'aligner les con’ries, l'chris s'allume une clope. Pis d'ses yeux d'merlan frit, s’contente d’zyeuter l’patrons ‘vec méfiance. Ouais.
La Martine, elle est plutôt docile : tant qu’on lui donne à becter et qu’on l’emmerde pas trop, elle suit sans moufter. C’est donc en compagnie de Chris et du Patron qu’elle entre, ce jour-là, dans cet établissement ‘’de charme’’ encore debout. Parait qu’il y avait quelqu’un à retrouver mais on lui avait pas dit grand-chose. En même temps, peut être que le boss lui en avait touché deux mots mais faut dire qu’elle ne comprend pas très vite.

L’intérieur sordide ne fait pas rêver. De nombreux magazines, qu’elle n’ose toucher, gisent sur le sol gras et poisseux. Elle s’avance néanmoins aux travers des rayonnages tout en gardant à l’œil les deux loustics. Sa curiosité est pincée mais elle garde à l’esprit qu’elle pourrait se retrouver dans un traquenard destiné à assouvir de sombres fantasmes. Elle n’est pas futée mais elle sent bien que ses formes et son joli minois ne laissent personne indifférent (du moins, avant qu'elle ne se mette à jacasser dans son jargon de péquenaud
).

En avançant dans la salle (qu’on pourrait presque ceci-dit appeler « entrepôt », vu la taille de l’endroit) elle remarque que certains objets de l’ancien monde sont restés intacts. A côté d’anciennes vitrines explosées, elle ramasse un emballage teinté de couleurs vives.
Elle ne peut alors cacher son étonnement.


« Bah dit donc d’comment qu’ça peut rentrer làà c’te bête. »

La jolie blonde à l'accent prononcé de la campagne essaye de déchiffrer l’inscription.

« "Orgeazme granti, le sextoi révo.. rvolussionnère. Techhnonologie prevetée ingontour… incontournable."
Bah ma foi, c’pourrait bien qu’y m’fasse l’plaisir de passer m’remuer l’dedans les dimanches soirs qui pleuvent. »

C’est alors qu’un bruit sec se fait entendre plus loin dans les rayons.

« Punaise, qu’sy passe lô ? ‘tain, j’vas retourner sur mes pas r’joindre l’patron. »
 
 
Il n'y a pas de probleme, il n'y a que des opportunités. On s'etait écrasé trop longtemps. Les affaires allaient reprendre. Je secoue ma veste... pour un premier contact je vais eviter de me la jouer. On avait rassemblé le crew et ramené de la populace pour nous eclairer... Mais il en manquait encore un.

Ouais, tout le modne nous faisait comprendre que le sexshop recrutait pour vider nos bourses, mais moi je savais qu'on ne libere pas le poisson de l'eau. Nous allions donc rejoindre le sexshop. Un lieu de rendez vous impossible à rater, ouais.


- Bon les gars, on leve le camps à 800 tapante. Ramassez votre barda, White attends pour extraction.

Quand tout le monde eu rangé ses affaires, on leva donc le camps pour le  club. J'eclairais mon chemin dans les débris en menant la marche. On etait entourée de femmes lascives et d'accessoires passés de mode. La gamine est déjà partie fureter. Je spottais un perimetre de ma torche, yavait pas de pieges.

- Chris, tu sécurise l'entrée. Je veux pas qu'une mouche se branle sans être tenu au jus. Martine, tu ramene ton cul ici de suite, et tu allumes le camps. Moi je m'occupe du périmetre. On reste en liaison.

Marchant avec prudence, je commencais à chercher White et valider l'emplacement. Il faudrait pas qu'un etranger se ramene à notre sauterie surprise sans faire un carton. Car la nature de la surprise ferait parler dans les chaumieres...
Ce texte vaut une bière !
-Ben, il était presque temps.

C’était toujours curieux de voir sa sale gueule, il avait toujours un air de propre couvert sous une barbe pouilleuse mais taillée. Ses yeux clairs n’inspiraient qu’un vide consternant et pourtant, il était plus vif et plus malin que le commun. Du moins, il pouvait facilement s’élever au-dessus du panier. Ses manières me révulsaient et déjà l’odeur de sa clope m’était insupportable.

-Je suis surpris que tu sois toujours parmi nous. J’aurais cru que tu en aurais profité pour te barrer, peut être en poignardant monsieur Tucker.

Je me lève et lui retire sa cigarette avant de l’écraser sous ma botte. J’observe par-dessus l’épaule de Chris pour enfin voir Tucker. La carpette humaine au visage tuméfiée ne bronchait plus depuis un certain temps, elle respirait toujours, souffle long et difficile, elle vivait et vivrait sûrement.

Le second homme qui arrive à un visage buriné par la chaleur, le travail et l’effort. Il inspire une certaine confiance et il est de coutume que je me repose sur lui pour cadrer les hommes et faire bouger tout le petit monde derrière ses ordres avisés. 


-Monsieur Tucker, c’est un plaisir de te revoir. Je vous présente Miss… Aucune idée, enfin, elle va travailler pour nous un petit temps, elle s’est gentiment proposé de nous accompagner. Chris, je te la confie, fais-en bon usage. 

Une gamine blonde, sûrement celle que Tucker à appeler Martine, semble perdue dans les rayons. Je regarde la jeune femme qui ne semble pas avoir reçu les installations de base au dernier étage, une lueur essentielle à la compréhension semble éteinte, mais la devanture a bénéficié d’un soin tout particulier qui pousse les hommes aux alentours à réfléchir et à agir pour son bien. C’était un moyen de survie comme un autre. Au moins les hommes avaient trouvé une occupation.

-Par ici Martine ! Je suis White. Enchanté. On va rester ici un petit moment, faites ce que vous dit Monsieur Tucker et barricadez l’endroit. Je sais pas où on est, mais les gens ne vont pas rester passifs quand ils comprendront réellement ce qui s’est passé.