Chapitre débuté par Hazel Morgan
Chapitre concerne : Nexus, Hazel Morgan,

Journal de bord – Jour 1 (enfin… je crois ... mais rêvez pas trop, j'vais surement en oublier)
Rédigé par : Moi. Le chien. Celui qu’on ne soupçonne jamais. Koda pour les intimes.
Avant, le monde sentait surtout le canapé, la croquette, l'herbe fraichement coupée, la pisse parfois, souvent de fois en fait ... et elle. La Blonde. Ma maîtresse. Celle qui gratte derrière l’oreille exactement au bon endroit.
Puis, le monde a fait un drôle de bruit. Une sorte de boum, crac, et tout a brûlé ou presque, et soudain, plus de canapé, plus d'herbe fraichement coupée, beaucoup moins de croquettes aussi. J'vous avoue que je note ça comme un point négatif.
Quand je me suis réveillé dans ce nouveau monde, j’ai compris deux choses très vite :
-
Tout est cassé.
-
Personne n’a pensé à demander l’avis aux chiens.
Qu'à cela ne tienne, j'ai fait avec. L’air sent la rouille, la poussière, la peur… et parfois un truc que je préfère ne pas identifier (indice : ce n’est pas du bacon).
Il y a bien la pisse qui elle est restée cela dit ...
Les villes sont mortes, mais elles font encore beaucoup de bruit. Le genre de bruit qui fait hérisser le poil et dire "pas ami". Un peu comme le facteur à l'époque. Tiens d'ailleurs, est-ce qu'il y en a encore ?
Et puis il y a le groupe, NEXUS.
Ils sont arrivés autour de nous (référence à ma maitresse, j'ose espérer que vous suivez le rythme) comme une meute mal assortie. Des humains cabossés, pleins d’odeurs compliquées : colère, fatigue, souvenirs qui font mal, pisse (ça ça revient souvent et heureusement). Moi, je reconnais tout ça. Les humains pensent que je ne comprends pas mais .. C'est une erreur classique on va dire.
Il y a le Grand au milieu. Odeur de chef, de décision lourde et de nuits sans sommeil. Il croit qu’il cache sa peur. (Spoiler : non).
Il y a celui qui regarde toujours ailleurs, qui aime bouger, peut-être même plus que moi et ça c'est flippant. Parfois, j'ai presque envie de recacher mes trouvailles pour qu'il puisse les chercher ...
Un autre sent la colère froide, comme un os qu’on a trop longtemps mâchouillé.
Et puis il y a le Silencieux. Lui, il ne sent presque plus rien. Ça, c’est inquiétant.
Personne ne se méfie de moi en fait, je suis “juste le chien”.
Ils parlent devant moi. Ils se disputent. Ils mentent un peu (souvent). Ils rêvent encore, parfois. Moi, je note tout dans ma tête.
Entre deux vérifications de périmètre et trois tentatives de trouver des croquettes, je les observe.
La Blonde, elle, me regarde comme avant. Sa main tremble parfois quand elle me caresse, mais son odeur dit toujours la même chose : famille. Tant qu’elle est là, le monde peut bien être en miettes. Je marche et j'avance.
Je ne comprends pas tout à ce nouveau monde, mais j’ai appris les règles de base :
– Ne jamais faire confiance à ce qui ne sent rien (attention, la pisse a une odeur) ;
– Toujours dormir dos à un mur ;
– Et surtout : montrer sa valeur parce que sinon, on viendra pas la deviner.
Fin des pensées du jour.
Je monte la garde.
Et si quelqu’un trahit la meute… je le saurai avant les autres.