Lueur au bout d'un tunnel

Chapitre débuté par François Juno

Chapitre concerne : François Juno,

Ce texte vaut 3 bières !
Vous vous baladez dans des souterrains morbides, un endroit sombre et crasseux, que les voix à la radio semblent appeler affectueusement les « égouts ». Tout autour de vous, des âmes errent, grouillent. La plupart restent immobiles lorsque vous passez près d’eux, mais vous l’avez senti, une fois ou deux, des déplacements au pas de course.

L’atmosphère est lourde. Vous cherchez désespérément une illusion de sortie. De la lumière, un courant d’air frais, n’importe quoi. Mais rien.

Rien ? Non, plus loin, vous apercevez des rails. Un chemin. Une lueur au bout d’un tunnel. Il s’agit forcément de votre salut. Alors que vous vous précipitez, vous entendez des murmures, un chuchotement qui chante.

Enfants… Enfants…

Vous ne comprenez pas, vous vous en fichez. Vous courez vers la sortie. Vous y êtes presque.

Une silhouette se détache de l’obscurité et apparaît soudainement devant vous. Un… Un sourire espiègle, des yeux pétillants… Non, ce n’est pas possible… Il s’agit de… De…

...
Que dieu ait pitié de vous...


Mon Dieu invoquons nos saints-patron.

Par notre père Gérard Demaizière et la vierge Sylvie Mestre
Que ta chanson soit sanctifiée et tes paroles soit notre évangile
Et ta musique guide ceux qu’elle a rendu sourd

« MARIE…. Marie CECILE… »
Sainte sylvie Mestre

 
Nul ne fut préparé à l'apocalypse, seul François Juno par son chant nous a fait découvert les conséquences de la décadence.


Marchant dans les tunnels sombres, Je me laissait guider par sa voix, après la Pur'ge'gatoire « 1999 » il chantait a nouveau, « Le paradis »


François Juno prédit alors la sortie du tunnel :


♪« On se retrouvait au bout de la rue, se prenant les doigts, plaisir défendu.
Et je découvrais ! le PARADIS ! »



Parce que tu es toujours présent dans nos cœurs nous suivons ta voix
Tu a su faire naître en nous l'enfer de 1999 et Le paradis
 
Il fait froid, ici. Vous avez entendu à la radio que certains sont sorti. C’est bien, tant mieux pour eux. Mais vous êtes là, vous. Encore.
Un flash vous revient. Comme un mauvais rêve, un souvenir flou ; la vision de François, François Juno. Vous préférez vous coucher et oublier. Vous avez besoin de regagner des forces, autant mentalement que physiquement.

Vous tombez, immobile, et à demi-conscient. Vous avez une nouvelle vision. Dans une grande salle, une salle d’église, une personne récite des textes sacrés. Vous écoutez patiemment, attentivement, mais quelque chose cloche. Il y a quelque chose de… De terriblement faux.



Enfin, vous regagnez vos moyens. Mais les chants sacrés, les chants pervertis, ils sont là ! Et dans votre horreur vous réalisez que ce sont de vraies personnes, qui récitent ces paroles. Les parois du tunnel constituant l’écho religieux. Il s’agit de gens que vous avez croisé, que vous pourriez côtoyer, peut-être même sans le savoir, à l’avenir.
Vous vous demandez alors.

Mais où serez-vous donc à l’abri ?
 
Ça y’est, la surface. Le paradis- enfin, la terre promise, plutôt, dont tout le monde parlait à la radio. Vous ne vous attendiez pas à grand-chose, bien sûr. On parlait surtout de désert, peut-être de plaine. Vous aviez espoir, en tout cas. Eh puis, finalement, vous voilà hors d’atteinte de ces fous chanteurs qui hantent les souterrains.

Votre pas est lent, embourbé par le sable, mais décidé. Vous allez y arriver. Vous allez trouver un abri, peut-être. Ou bien des restes de civilisations. Malheureusement, vous déchantez bien vite.

De la terre brûlée. Partout. À perte de vue. Il n’y a que ça.
Qu’est-ce qui a bien pu se passer, avant ? Des choses terribles, sûrement. À croire que les derniers êtres humains à être passé par ici ont décidé de ne rien laisser, rien du tout. Une grande guerre ? Une tactique militaire pour ne rien laisser ? Ou bien un grand cataclysme, style tempête de flammes ? Non, vraiment, vous n’en savez rien, et vous préférez peut-être ne jamais le savoir.

Vous avez un goût fade dans la bouche. Il fait soif, ici. Et ce décor, si terne, sinistre, qui ne laisse briller aucune couleur. Vous clignez des yeux. Où sont passé les couleurs ?!

Vous tombez à genoux en vous frottant les yeux frénétiquement. Vous les ouvrez. Les couleurs ne sont pas réapparues. Mais lui, si.



Alors, quoi de beau quoi de neuf ?