Sa voix est toujours rauque, entre le sarcasme et la fatigue alors que vous entendez Karl répondre sur la fréquence :
« Steph’, je vais être franc : je ne suis pas un survivant de l’extrême. Je connais pas le désert, je sais pas chasser, et si un truc me court après, je suis bon pour finir en repas. Mais je sais observer, trouver des trucs utiles, et surtout, j'essaie de ne pas faire chier les gens.
Si t’as besoin d’un clochard qui sait où chercher l’eau ou le matériel sans se faire remarquer, je peux aider. Mais je suis pas un dur. Juste un vieux qui veut pas crever tout seul.
Enfin bref, si on se croise, on verra rendu là mais j'ai pas l'intention de partager ta couche plus que ça.»
Puis pas très longtemps après, une réponse suivra avec la même voix rauque :
« Mei,
Je vais essayer d'aller vers ton pont. Je sais pas où c’est exactement mais ça doit être près de la Capitale à mon avis, mais je vais essayer. Je suis pas un chef, je ne suis surtout pas un guerrier. Je suis juste bon à fouiller et à trouver ce qui peut servir.
Tout seul, je vais finir en bouffe pour le premier connard ou la première bête qui passe. D'ailleurs c'est pas dis que cela va pas arriver d'ici la prochaine lune vue ce qui m'entoure en ce moment, enfin bref si on se croise, on avance. Sinon, tant pis.
C'est con mais faut bien commencer quelque part et c'est avec discussions sur les fréquences comme ça que l'on va peut-être arriver à quelque, ou pas...»
Grésillements. La radio reste ouverte quelques secondes de trop, comme si Karl hésitait à ajouter quelque chose. Puis, voix rauque et résignée :
« ...Et si jamais y’a un connard ou une bête qui m’a choppé avant d’arriver, ben... au moins j’aurai essayé quelque chose. »
Il coupe la radio, l’air las mais sincère et essaie de s'endormir.
Tout s’achète, tout se vend… même l’espoir. Mais moi, j’fais des rabais sur les miracles.