MeiÀ la nuit tombée, une voix féminine calme et posée résonne sur les ondes, marquée d’un accent asiatique doux, presque rassurant.
« Ici Meï.
Si quelqu’un capte encore cette fréquence, je cherche à me déplacer à plusieurs.
Je sais me défendre et je ne fais pas de bruit inutile.
Je ne cherche ni refuge, ni sécurité.
Juste à survivre.
Je cherche des gens capables de faire pareil.
Pas de discours.
Pas de promesses.
On partage ce qu’on sait faire.
On se sépare si ça ne fonctionne pas.
Fréquence ouverte à l’aube et au crépuscule. »
Un soupir lui échappe, bref, presque agacé — pas vraiment convaincue par sa manière de se vendre, ni par l’idée de devoir le faire tout court.
La transmission se coupe.
L’eau renversée est difficile à rattraper. Alors je fais attention à ce que je laisse couler.
ShanePendand le campement de son équipe et un repas de gitan en préparation, pas idéal donc, une personne entend et compte bien répondre vue la perche tendue. Vexé de l'échec de sa dernière entreprise radiophonique le Docteur espère se rattraper sur celle-ci.
" - Appel et demande reçus Mademoiselle Meï.
Ici Shane, Shane Wiss.
Vous pouvez trouver ce que vous recherchez au Sud Est de la Capitale juste après le pont.
Nous avons plusieurs équipes organisées, de survie.
Un peu comme les chaussures, il faut essayer non ?
J'abuse un peu mais c'est pour aller dans votre sens.
Vous pouvez noter ma fréquence pour continuer en privé si vous le souhaitez. "
Voix grave et lente.
"Ça au moins c'est direct.
Contacter une donzelle pour l'essayer, tu perd pas le nord, ni ton temps."
ShaneEtonné puis amusé le Docteur répond avec la même façon d'intervenir. Lente et grave.
Un peu théâtrale avouons le.
" - Avez vous un souci de logique Monsieur l'inconnu ?
Il faudrait consulter.
Je n'ai pas contacté mais répondu à un appel.
Puis la précision de la Demoiselle était bien "on se sépare si ça fonctionne pas".
D'ou une comparaison sur l'essai de se chausser.
Un petit coup de chaud ? Buvez plus d'eau l'inconnu. Potable si possible. "
ZillahCette jeune femme ne veut pas de promesses.
Cela tombe bien, nous n'en faisons pas.
Elle ne cherche pas non plus de refuge.
Surprise, nous n'en proposons pas.
Notre seul crédo, c'est l'indépendance par le nihilisme.
Tandis que le votre docteur, c'est de servir l'illusion.
...
Jeune femme, vous pouvez choisir le chemin.
Le leur est celui d'un éternel recommencement, d'un coup d'épée dans l'eau.
Alors que le notre n'offre d'autres perspectives qu'une joyeuse farandole sur un lit de cendres.
Venez donc à nous et entrez dans la danse.
Le Diable, lui, n'abandonne pas ses enfants.
MeiLa voix de Mei résonne sur les ondes, calme, presque douce.
« Shane, merci pour ta réponse, mais je vais décliner.
La comparaison avec les chaussures est suffisamment explicite pour me dire, dès maintenant, que nous ne serions pas compatibles.
Merci malgré tout d’avoir pris le temps de répondre. »
Un sourire passe dans sa voix lorsqu’elle s’adresse à Josh bien qu'elle s'exprime toujours avec douceur et respect :
« Pour la défense de Shane, je ne l’avais pas compris ainsi non plus… mais maintenant que tu le dis. »
Puis, à une autre voix, Zillah :
« Madame, j’aime ce que j’entends.
Pas de fausses promesses, pas de faux-semblants.
Une vérité nue dans un monde en ruine. »
Elle marque une courte hésitation, puis choisit la franchise.
Sur la fréquence publique, elle répond à ceux qui l’ont contactée en privé.
« Eva Long, je ne vous connais pas, mais je vais décliner votre proposition.
J’ai entendu les discours d’un président auto-proclamé.
Recommencer encore les mêmes erreurs ne me paraît pas être une bonne manière de durer.
Merci néanmoins pour votre message. »
Un silence. Puis :
« Asmoth, tu m’as demandé si j’étais désespérée ou simplement lucide.
J’ai peur, évidemment. Mais je ne suis pas désespérée.
Je veux survivre.
Le reste est secondaire.
Concernant les primes pour chasser des aberrations… je n’en pense rien.
L’humanité — moi comprise — sommes des cafards.
Quand la faim ou la peur prennent le dessus, la plupart des gens font ce qu’il faut… puis se détestent pour ça.
Je ne suis ni une héroïne, ni un monstre.
Je suis une femme qui veut voir le prochain lever de soleil.
S’il faut chasser… ou faire taire les chasseurs,
alors soit. »
L’eau renversée est difficile à rattraper. Alors je fais attention à ce que je laisse couler.
Viktor VolkovMeï… ici Viktor. J’aime ta façon de voir les choses, prête à faire ce qu’il faut pour survivre.
Je vois que tu as déjà fait ton choix, alors je ne vais pas chercher à te convaincre de revenir dessus. Et je n’ai pas non plus envie de me donner en spectacle en causant chaussures, lit de cendres ou conneries du genre…
J’espère simplement pour toi que tu as fait le bon choix.
Si c’est le cas, nos routes se croiseront peut-être.
Ne prenez pas ma gentillesse pour une faiblesse, je suis aimable avec tout le monde, mais lorsque quelqu'un ne l'est pas avec moi, "faible" n'est pas le mot dont vous vous souviendrez à propos de moi.
MeiLa voix de Mei revient sur la fréquence, posée, sans dureté.
« Viktor, merci pour ton message.
Je ne cherche pas à avoir raison, juste à continuer d’avancer.
Les choix, on ne sait jamais s’ils sont bons.
On sait seulement lesquels on est capable d’assumer.
Si nos routes se croisent, on verra ce qu’il en est à ce moment-là.
Le reste n’a pas beaucoup d’importance. »
La transmission se coupe, sans ajout.
L’eau renversée est difficile à rattraper. Alors je fais attention à ce que je laisse couler.
Karl MalenfantKarl, assis sur un tas de gravats, tourne le bouton de sa radio rouillée. Il ajuste son vieux pull troué, toussote, et appuie sur l’émetteur. Sa voix est rauque, entre le sarcasme et la fatigue :
- Ici Karl. T’as l’air de savoir compter tes crédits et tes mots, Meï. C’est déjà mieux que 90 % des abrutis qui squattent les ondes.
Un silence. Il gratte sa barbe grise, réfléchit.
- Écoute, je suis pas un chef, je suis pas vraiment un guerrier non plus.Je suis le gars qui trouve ce qu’il manque : de l’eau qui sent pas la mort, des câbles pas encore bouffés par la rouille par exemple. J’ai pas beaucoup de talent pour réparer, je me débrouille sans plus, mais j'ai la manie de trouver des trucs qui marchent. Ou qui peuvent servir. Et pour les mecs qui veulent te poignarder ? J’ai plus vraiment de muscles, mais j’ai des yeux et je suis endurant. Je vois les pièges avant de marcher dedans. Enfin… presque toujours.
Un nouveau silence puis un grésillement et sa voix qui repart.
- Je cherche pas à te suivre comme un chien perdu. Je cherche un groupe, une communauté, ou même juste une bande de tarés organisés qui savent pas crever idiots. Toi, t’as l’air de savoir garder la tête froide, et moi, je pense être pas pire pour trouver de l'eau et du matériel Si t’es déjà dans un coin où y’a du monde sérieux, ou si t’as des contacts, dis-le. Je suis pas un cadeau, mais je suis utile. Et je reste pas là où y’a rien à grappiller. Sinon, on peut essayer de trouver ça ensemble. Mais je veux pas juste survivre à deux.
Il marque une pause, écoute le bruit statique puis rajoute.
- Par contre, du coup, je ne marche pas en file indienne, et je partage que si y’as quelque chose à apporter.
Un raclement de gorge.
- Fréquence ouverte demain à l’aube. Si t’es encore là.
Il lâche l’émetteur. La radio grésille.
Tout s’achète, tout se vend… même l’espoir. Mais moi, j’fais des rabais sur les miracles.
Il observe le ciel un instant avant d’activer la radio, plus par habitude que par espoir. Le pont tient encore debout, et la poussière suspendue dans l’air lui dit que personne n’est passé depuis un moment. Tant mieux. Moins de passages, moins de problèmes.
- Salut Mei.
Sa voix est basse, rauque, marquée par l’usure, mais tenue sous contrôle.
- Je viens de m’installer près d’un pont.
Son regard glisse vers ses réserves d’eau. Pas grand-chose, mais assez pour commencer. Assez pour compter.
- L’endroit est encore tranquille. Je compte aider ceux qui passent dans le coin à étancher leur soif. En échange, je prendrai ce qu’ils peuvent offrir : nourriture, médicaments, matériaux. Juste l’utile. Je suis seul pour l’instant. Si jamais tu passes par là et que l’idée te parle, la place est libre. C’est encore un projet embryonnaire.
Il n’attend pas d’enthousiasme. Seulement du respect et de la prudence.
- Je ne promets rien de solide. Rien de durable pour l’instant. Mais je veux garder ça simple. De l’eau contre de quoi survivre. Pas de dettes. Pas de discours.
Il coupe la transmission sans cérémonie. Pas besoin d’en dire plus. Dans ce monde, les mots servent surtout à éviter les balles, pas à faire rêver.
Gregor VarnachGregor n’intervient pas tout de suite. Il laisse passer les voix, les ego, les manifestes déguisés en bon sens. Puis la radio grésille. Une voix grave, légèrement rocailleuse, accent de l’Est indécis, posé. Peu de mots. Mesurés.
« Ici Gregor Varnach.
Meï.
J’ai écouté. Tout.
Je suis marchand. Pas un chef. Pas un croyant.
Je déplace des choses, parfois des gens. Quand ça dégénère, je sais tenir debout.
Je ne cherche pas un groupe. J’en ai vu mourir trop à cause de grandes idées.
Mais voyager à plusieurs, quand chacun sait pourquoi il est là… ça augmente l’espérance de vie.
Pas de promesses de mon côté non plus.
Si nos routes se croisent et que nos intérêts s’alignent, on marche ensemble.
Si ça ne fonctionne pas, on se sépare sans rancune.
Fréquence ouverte
Si tu réponds, ce sera factuel. Sinon… bonne route. »
Il relâche le bouton. Pas de signature poétique. Pas de menace.
MandrinLa nuit est déjà bien avancée. Après avoir écouté tous les messages sur les ondes, mandrin décida de tenter sa chance.
Il ne se rappelait absolument rien de se qu’il faisait avant mais savait bien que seul, il ne s’en sortirait pas. Il prit le micro et répondit :
« Salut Mei
Je ne suis pas de première jeunesse, mais j’ai quelques connaissances médicales.
Je ne suis pas un grand loquasse mais je suis fiable.
Comme Karl, je ne suis pas non plus un chef, ni vraiment un guerrier non plus. Par contre, je me débrouille pour bander un bras cassé, ou arrêter une hémorragie avec les moyens du bord.
J’ai une grande envie de quitter ce tas de Merde, aussi si tu as une place, je te propose mes services.»
Mandrin lâcha le micro et se gratta la barbe.
C’était court mais précis.
Tout à fait dans son style.
Ta gueule ! Ne me fait pas chier !
« Ok… wow.
On dirait une audition pour la fin du monde. J’adore l’ambiance. »
Un silence. Puis sa voix reprend, vive, claire, avec ce sourire qu’on entend même sans la voir.
« Ici Steph’.
Ouais, Steph’. Comme ça, pas besoin de faire semblant d’être sérieuse. »
Un petit claquement de langue.
« J’vais faire simple, parce que j’ai déjà perdu trop de salive à survivre toute seule.
On vient de quitter la Capitale avec ma pote. Mauvaise idée ? Peut-être. Mais rester, c’était crever lentement. Et j’ai horreur de ça. »
Elle marque une pause. Le vent siffle derrière elle.
« J’ai entendu vos voix.
Les beaux discours.
Les types prudents.
Les philosophes de la fin du monde.
Et ceux qui veulent encore croire que ça peut marcher, si on s’organise bien.
Bah...
Ca donne un peu creux, faut revoir vos cours de com' ! »
Elle marque une pause, puis sa voix se fait plus joueuse.
« Maintenant, petit point important — et écoutez bien, surtout vous messieurs.
Si un gars doit se joindre à nous… j’ai des standards.
Oui, beaux gosses uniquement. Désolée, c’est la fin du monde, mais j’ai encore du goût. »
Un rire, franc cette fois.
« MAIS — et c’est là que je calme les fantasmes — vous vous faites zéro film.
On parle de marcher ensemble, pas de promesses, pas de draps partagés, pas de conneries.
Le premier qui confond survie et drague se prend un aller-retour. »
Un rire bref, presque amusé.
« Nous, on pas de plan à long terme.
On a quatres jambes qui fonctionnent, des poings qui savent parler quand il faut… et une grosse tendance à pas mourir quand on essaie de nous aider. »
Le ton se fait plus sérieux, mais reste calme.
« On cherche pas un chef.
On cherche pas un sauveur.
On cherche des gens qui avancent, qui paniquent pas au premier bruit, et qui savent que la loyauté, ça se gagne — ça se décrète pas. »
Un silence. Puis, plus doux :
« Karl, ton eau m’intéresse.
Gregor, ta façon de parler me plaît.
Mandrin… un type qui sait recoudre sans trembler, c’est toujours utile.
Mei, t'as l'air... wouah, je kiff !
Reste à juger vos dégaines quoi.
Les autres… on verra si le destin a de l’humour. »
Grésillement.
« Steph’, terminé. »
MeiMei écoute la radio en marchant, encore et encore.
Puis elle prend le temps de répondre à chacun, comme à son habitude.
« Karl, j’aime ta façon de penser et ta franchise.
Pas de faux-semblants, juste de la logique.
Je ne sais pas encore où mes pas me mèneront, mais peut-être finiront-ils par croiser les tiens.
Si c’est le cas, nous pourrons faire un bout de route ensemble.
Je dois rencontrer d’autres survivants avant.
Je ne ferai aucune promesse.
Les promesses sont des mensonges en devenir. »
Elle marque une pause, puis répond à une autre voix. Gamin.
« Je note la proposition commerciale.
Je ne fais pas dans les bonnes œuvres.
Le troc, en revanche, me parle.
Aider les gens n’est pas un luxe que je souhaite m’offrir, mais je ne doute pas que certains survivants soient moins terre à terre que moi, ou nourrissent encore de l’espoir.
S’ils écoutent, ils te contacteront sans doute pour t’aider dans ton projet. »
Nouvelle pause.
Elle ne répond jamais immédiatement, prenant le temps de réfléchir à chaque message.
Sa voix aux consonances asiatiques se fait parfois presque chantante, malgré elle.
« Gregor, je suis toujours factuelle.
Je ne sais pas si les gens meurent à cause des grandes idées, ou parce qu’ils tentent d’imposer leur propre manière de faire ou de penser.
Je n’ai pas la prétention de vouloir faire grand.
Comme je l’ai dit, seule la survie m’importe.
Je préfère ne pas penser à l’avenir.
Il est trop incertain et se déroule rarement comme on l’avait prévu ou espéré.
L’espoir est trop fatigant à entretenir.
Je me déplace actuellement non loin d’un pont.
À voir si, là aussi, nos chemins se croisent.
En attendant, tu devrais peut-être te rapprocher de Karl.
Vous semblez être sur une longueur d’onde proche de la mienne, au moins jusqu’à ce que nos intérêts s’alignent.
Si mon message peut servir à d’autres esseulés pour trouver des compagnons, alors tant mieux. »
Un silence plus long suit le dernier message reçu, comme si le simple fait de répondre demandait un effort.
Sa voix reste pourtant égale à elle-même : calme, polie, sincère.
Elle s’adresse enfin à Mandrin.
« Bonsoir.
La jeunesse n’est pas un critère pour moi.
À vrai dire, je n’en ai pas vraiment.
Je ne suis pas une cheffe en devenir.
Je ne recrute pas.
Je propose une danse à plusieurs.
La nuance est importante.
Je n’ai aucune envie d’endosser la responsabilité d’autres vies que la mienne.
Cela dit, tu devrais peut-être te rapprocher de la personne qui souhaitait aider des survivants près d’un pont et qui a répondu sur cette fréquence un peu plus tôt.
Entre un puissatier et un soigneur, vous devriez pouvoir vous entendre. »
Elle marque une dernière pause, puis conclut.
« Merci à tous pour vos messages.
Que cette fréquence vous aide — nous aide — à trouver des compagnons de route, au moins pour un temps.
Je n’ai ni ego, ni ambition.
Je ne proposerai donc pas de service de mise en relation.
Vous êtes adultes.
Faites vos propres choix.
Nous sommes nombreux à avoir survécu.
Nos routes finiront bien par se croiser, d’une manière ou d’une autre. »
L’eau renversée est difficile à rattraper. Alors je fais attention à ce que je laisse couler.
MeiMei laisse passer quelques secondes après la fin de la transmission, la sienne ayant été bien trop croisé avec celle de Steph, puis reprend calmement la fréquence.
« Steph’, j’aime ta franchise.
Au moins, c’est clair.
Tu sembles savoir où tu vas… ou, à défaut, où tu ne veux surtout pas aller. »
Une courte pause.
« Je ne porterai pas de jugement sur tes choix.
Seul l’avenir dira si tu as eu tort ou raison.
Et vu l’état du monde, il se trompe assez souvent pour qu’on lui laisse le bénéfice du doute. »
Sa voix reste posée, presque amusée.
« Si nos pas se croisent, je serai surtout curieuse de vérifier cette fameuse tendance à ne pas mourir, même quand on vous donne un coup de main.
C’est une compétence que je n’ai pas encore vue sur beaucoup de CV. »
Un léger souffle, à peine perceptible.
« Je serais curieuse de te rencontrer — toi, et les deux autres jambes qui t’accompagnent.
Tu as l’air un peu survoltée… mais ça peut être une énergie intéressante, tant qu’elle ne court pas plus vite que nous. »
Un bref grésillement.
La fréquence reste ouverte.
L’eau renversée est difficile à rattraper. Alors je fais attention à ce que je laisse couler.
ZillahEnfants de la Désolation.
Survivalistes de tous horizons.
Votre volonté d'émancipation est salutaire.
Mais elle repose sur l'absolue nécessité d'interagir avec ce nouveau monde fait de cendres, de poussières et d'os.
Nous en sommes les légataires. Nous en sommes les acteurs. Nous en sommes le fruit.
...
Si vous souhaitez donner un but à votre nouvelle vie en ces terres de Purgatoire, suivez nos pas.
Nous ne promettons pas l'abondance mais la survie qui vous semblez tant cherir.
Une survie que nous ne réservons qu'à nos Enfants et nos Alliés.
Le Diable, lui, n'abandonne pas ses enfants.
Karl MalenfantSa voix est toujours rauque, entre le sarcasme et la fatigue alors que vous entendez Karl répondre sur la fréquence :
« Steph’, je vais être franc : je ne suis pas un survivant de l’extrême. Je connais pas le désert, je sais pas chasser, et si un truc me court après, je suis bon pour finir en repas. Mais je sais observer, trouver des trucs utiles, et surtout, j'essaie de ne pas faire chier les gens.
Si t’as besoin d’un clochard qui sait où chercher l’eau ou le matériel sans se faire remarquer, je peux aider. Mais je suis pas un dur. Juste un vieux qui veut pas crever tout seul.
Enfin bref, si on se croise, on verra rendu là mais j'ai pas l'intention de partager ta couche plus que ça.»
Puis pas très longtemps après, une réponse suivra avec la même voix rauque :
« Mei,
Je vais essayer d'aller vers ton pont. Je sais pas où c’est exactement mais ça doit être près de la Capitale à mon avis, mais je vais essayer. Je suis pas un chef, je ne suis surtout pas un guerrier. Je suis juste bon à fouiller et à trouver ce qui peut servir.
Tout seul, je vais finir en bouffe pour le premier connard ou la première bête qui passe. D'ailleurs c'est pas dis que cela va pas arriver d'ici la prochaine lune vue ce qui m'entoure en ce moment, enfin bref si on se croise, on avance. Sinon, tant pis.
C'est con mais faut bien commencer quelque part et c'est avec discussions sur les fréquences comme ça que l'on va peut-être arriver à quelque, ou pas...»
Grésillements. La radio reste ouverte quelques secondes de trop, comme si Karl hésitait à ajouter quelque chose. Puis, voix rauque et résignée :
« ...Et si jamais y’a un connard ou une bête qui m’a choppé avant d’arriver, ben... au moins j’aurai essayé quelque chose. »
Il coupe la radio, l’air las mais sincère et essaie de s'endormir.
Tout s’achète, tout se vend… même l’espoir. Mais moi, j’fais des rabais sur les miracles.
Hazel MorganDurant leur marche, Hazel s'était " amusée " à suivre les différentes fréquences qui répondaient à cette fameuse Mei. Elle avait même pu entendre son ami y répondre. Elle supposait que prendre un chemin pouvait être une vrai difficulté pour certains, tandis que pour elle, il fallait juste poser un pied devant l'autre et arrêter de blablater.
" Wouah ! J'vous remercie, j'ai l'impression d'être dans meetic. Alors moi Hazel, Blonde, mensurations 90 - 60 - 90, recherche gens sympa pour passer la nuit et plus si afinités.. Pas de promesses, pas de longs discours, désolé j'ai pas vraiment retenu tous les noms, j'ai oublié mon calepin .. Hormis peut être la " soeur du diable " là où j'sais pas trop quoi qui se trouve au nord semble-t-il.. Le sud, j'ai quand-même l'impression que ça reste plus sympa.. Ici ya surement des cagoles (aussi des cagoules possiblement), du soleil (la lune), de l'eau (d'la pluie), des gens etc..
Where is Brian ? Surement dans sa kitchen bref, vous l'aurez compris.. Ici ça vie. Allez à toute !
.. Ah, et j'aime les fleurs et l'chocolat si jamais ! "
Fin de transmission, sourire aux lèvres, elle reprit la marche ravie de sa connerie. En espérant que ça ait pu en faire sourire certains, et en détendre d'autres. Ils ne se connaissaient pas encore assez pour qu'elle puisse leur dire de péter un coup, mais c'était l'idée.
Qui s'y frotte s'y pique !
Iria KesslerIria aussi s'amuse et s'étonne de cette nouvelle floppée d'envolées lyriques sur les ondes. Son léger accent anglais pique un peu, surtout quand elle choisit d'ironiser, elle aussi.
« C'est une convention post-apo que vous nous organisez là ? Moi je trouve que ça pue le désespoir. Mais c'est bien, ça veut dire qu'on se rapproche enfin de quelque chose de plus concret et qu'on s'éloigne tous de Presley et de sa foutue capitale. Ne traînez pas trop seuls et surtout, portez un visage, si je puis dire ainsi. Y'a des zombies qui trainent dehors. Pas du genre à vous manger le cerveau, mais du genre qui ne pipe mot. Ca reste flippant. Nous, nous aimons la franchise des mots et des actes. Je préviens juste. Il nous faut viser l'efficacité si on veut survivre. Beaucoup de bla bla ici, mais pas beaucoup de preuves. Il va falloir faire plus que ça. Mais je suis admirative du courage de se dévoiler en grand nombre comme ça à de parfaits inconnus. C'est important de commencer à se faire confiance, entre humains. Iria Kessler, terminé. »
Je ne sauve pas le monde. Je fais en sorte qu’il ne s’écroule pas aujourd’hui.
« …Ok.
Alors là. »
On entend le vent, puis une voix rieuse, presque moqueuse.
« Hazel, franchement… Meetic ?
Okay boomeuse !
T’as déterré un fossile numérique ou quoi ?
C’est pas une radio de survie, c’est un musée là. »
Un silence. Puis, faussement sérieuse :
« Mais j’avoue, respect.
Balancer ses mensurations sur une fréquence ouverte en plein effondrement de la civilisation…
Faut du courage. Ou une très bonne crème anti-âge. »
Un petit claquement de langue.
« Du coup, pour les amateurs de milfs bien conservées — parce que visiblement y’en a encore — prenez note :
elle essaie d'être drôle, elle parle fort, et elle survit visiblement très bien au soleil.
C’est déjà plus que la moyenne. »
Un rire bref, complice, pas méchant.
« Moi j’dis ça, j’dis rien.
Mais si quelqu’un cherchait un nouveau concept : Apocalypse Dating, saison 1, ça pourrait marcher. »
Elle reprend son sérieux, juste un peu.
« Plus sérieusement… merci pour la légèreté.
Ça fait du bien d’entendre autre chose que des sermons ou des menaces.
Même dans un monde en ruines, on a le droit de respirer un peu. »
Un dernier sourire dans la voix.
« Steph’, terminé.
Et Hazel… garde les fleurs. Le chocolat fond trop vite et ça se stock toujours au mauvais endroit, surtout à ton âge. »
Grésillement. Fin de transmission.
Hazel MorganEn écoutant les dires de cette fameuse Steph, Hazel éclate de rire. Quelle connasse, mais qu'est ce que c'est drôle. A son tour, elle reprend sa radio avant d'annoncer.
T'as pas idée ! Heureusement j'ai réussi a me chopper du fixodent.. bref la Steph, descend un peu qu'on en rigole ensemble. Ca fait du bien dans ce monde de tarés !
Fin de la transmission.
Qui s'y frotte s'y pique !
Mei« Steph, ta punchline se suffit à elle-même.
Tu m’as fait rire, et ça n’arrive pas souvent.
Merci pour ça. »
L’eau renversée est difficile à rattraper. Alors je fais attention à ce que je laisse couler.
« Femme qui rit, femme à moitié au lit, c’est ce qu’on dit…
mais faut pas croire que je distribue des tickets gagnants à chaque blague non plus.
Cela dit, si t’as ri, c’est déjà une victoire.
Et puis bon… rigoler, ça fait circuler le sang, ça détend, ça évite de devenir complètement tarée dans ce monde pourri.
Dans tous les cas, prennez en de la graines messieurs !
Deux d'un coups en quelques minutes,
Beng beng, j'vais pécho de la milf et d'la Mei !
J'plaisante hein !
Quoique…
Un peu de mystère, ça entretient le cardio.
Steph, terminé. »
Iria KesslerIria se marre aussi, mais un peu jaune. A force de faire les malines, comme des ados du 21ᵉ siècle, elles risquent d'agacer des pauvres mâles en rut.
« Tenez-vous les filles, vous allez agacer les bonhommes en mal d'amour. Lâchez vos radios, c'est pas des smartphones. Faites pas trop les bitchs et faites-nous honneur en étant plus malines que les mecs qui vont vouloir vous courir après. Perso, j'ai à peine bougé que j'ai déjà un président mégalo qui veut mon cul. Surtout pour le kicker. J'suis pas assez jeune et jolie, mais c'est du pareil au même pour le résultat final. »
Je ne sauve pas le monde. Je fais en sorte que le mien ne s’écroule pas aujourd’hui.
"Moi j'aime bien écouter vos conneries, mais vous devriez écouter maman Iria.
Vous allez finir par attirer une attention regrettable sur vos p'tis culs et c'est pas chez les grouillots de Jérémiades Pressse-lait qu'il faudra vous plaindre."
MeiMei reprend la fréquence après avoir laissé filer quelques échanges de trop.
« Steph, ne t’emballe pas non plus.
Pécho une milf, au vu de certains messages explicites, ça ne me paraît pas être l’épreuve la plus complexe de la fin du monde. »
Un bref temps.
« Pour me "pécho", en revanche, il faudra un peu plus qu’une voix radieuse et une bonne répartie.
Et ce n’est pas une invitation. »
Elle enchaîne, posée.
« Iria n’a pas tort.
Attirer trop l’attention sur soi est souvent annonciateur de problèmes divers et variés.
La discrétion reste une qualité précieuse en matière de survie, même si tu sembles avoir, par ailleurs, d’autres atouts. »
Puis, à Iria :
« Quant au président mégalomane, il a effectivement l’air de vouloir s’occuper du fessier de plus d’une personne.
J’espère sincèrement que tu sauras le remettre à sa place comme il se doit s’il s’approche d’un peu trop près du tien. »
Un léger silence.
Sa voix se fait un peu plus neutre, mais toujours polie, lorsqu’elle s’adresse à une voix déjà entendue, sans en connaître encore le nom.
« Merci pour le conseil.
Je ne parlerai pas au nom des autres femmes sur cette fréquence, mais pour ce qui me concerne, je n’ai aucune envie d’attirer l’attention — et encore moins une attention regrettable — sur ma petite personne. »
Une dernière phrase, posée comme un constat.
« En t’écoutant, je me demande encore s’il s’agissait d’un conseil avisé d'une possible réaction masculine… ou d’une menace.
J’ose espérer ne jamais avoir à l’apprendre à mes dépens. »
Grésillement.
La fréquence reste ouverte.
L’eau renversée est difficile à rattraper. Alors je fais attention à ce que je laisse couler.
ZillahJeune femme, la discrétion, tout comme l'emphase, sont des outils à double-tranchant.
Se faire petit dans l'idée de ne pas attirer l'attention peut aussi vous rendre suspect auprès des autres survivants.
Ne dit-on pas d'ailleurs qu'un personage intègre n'a rien à cacher ?
A contrario, une voix par trop prosélyte peut engendrer la peur, la consternation ou le mépris.
La réputation et la renommée demandent toute deux un certain... doigté.
Et au final, tout est question de choix.
...
Vous semblez jouir d'une certaine confiance en vous.
Ce qui rendrait dommageable de vous voir vous effacer dans les Ombres.
Car c'est bien là la smilitude de toute civilastion de la Première Ère : Tais-toi et trime.
Alors endossez votre rôle, libérez vous des chaines de la servitude et entrez dans la Danse.
C'est ainsi que débute le voyage.
Le Diable, lui, n'abandonne pas ses enfants.
Iria Kessler« Eh bien, Zillah, j'ai presque cru t'entendre sourire et partir en chanson sur ta dernière prose. Mais, oui, la boss a raison les filles, tout est une question de dosage. Bonne chance sur vos routes. En espérant qu'on puisse se croiser sans avoir nécessité de se foutre sur la tronche. »
Finalement, l'Anglaise trouve un peu, elle en premier lieu, le sourire. La vie peut toujours avoir cet effet-là sur elle. Mais, elle n'est pas du genre à s'emballer pour autant. Pour les nouvelles rencontres joyeuses et pleines de soleil, c'est peut-être pas pour tout de suite.
Je ne sauve pas le monde. Je fais en sorte que le mien ne s’écroule pas aujourd’hui.
Steph laisse filer un petit rire, bref, presque étouffé, avant d’appuyer sur le bouton.
« Wow… on dirait que j’ai réveillé le comité de vigilance. »
Un souffle amusé, mais lucide.
« Rassurez-vous, j’ai pas l’intention de faire la tournée des abris en talons et en string.
Je sais très bien que ce monde a remplacé les fleurs par des flingues. »
Un temps.
« Mais se taire, marcher droit et baisser les yeux, c’est pas trop mon style non plus.
J’ai pas survécu pour devenir un décor. »
Sa voix garde ce côté vif, presque solaire, mais moins léger qu’au début.
« J’attire peut-être l’attention, ouais.
Mais j’choisis ce que j’en fais.
Et surtout, j’choisis qui peut s’en approcher. »
Puis, plus douce, presque rieuse :
« Quant aux mecs en manque… franchement, s’ils tiennent pas la distance face à une voix un peu vive, ils survivront pas longtemps dehors. Sélection naturelle, tout ça. »
Une dernière phrase, posée, avec ce sourire qu’on imagine sans le voir.
« Merci pour les conseils, en tout cas.
Promis, je reste brillante… mais pas inconsciente. »
Grésillement.
« Faite chiez, vous avez flingué mon mood !
Iria, oublie pas qu'il faut péter un coup de temps à autre, sinon, on explose. »
Iria KesslerIria aussi se marre. Son léger accent anglais s'envole un peu. Mais, elle reste calme, ce qui en soi n'est pas une seconde nature pour elle.
« Ha… N'ais aucune inquiétude quand à mes gazs. Je me suis moi même déjà faites remarquer pour cause de détente accentuée. J'ai été beaucoup trop à l'aise dans la capitale, face à cette statue de merde. »
Je ne sauve pas le monde. Je fais en sorte que le mien ne s’écroule pas aujourd’hui.
Un rire franc éclate dans la radio, vif, presque contagieux.
« Attends… attends…
Donc si je récapitule : trois femmes qui rient à la même fréquence… »
Elle marque une pause, faussement sérieuse.
« …ça veut dire que c’est moi qui suis en train de monter un harem radiophonique, là ? »
Un petit claquement de langue amusé.
« Franchement, j’pensais pas avoir ce genre de talent caché.
Comme quoi, faut croire que faire rire, c’est plus dangereux qu’un flingue dans ce monde. »
Sa voix reste légère, mais pleine d’assurance.
« Promis, j’essaie de pas abuser. De ce talent, j'en laisserais aux autres,
Mais si l’apocalypse voulait qu’on soit toutes moroses et silencieuses, elle s’y serait mieux prise. »
Un dernier sourire qu’on entend presque.
« Allez, Iria…
Je te laisse à ton immagination avec cette statue de Trump,
C'est que ça à l'air de grave t'obséder. »
S'cusez Steph', c'est une chouette pote, mais elle sait pas la boucler.
Lui prêtez pas trop d'attention messieurs, c'est un peu le genre cageot en quête d'attention !
Passez votre chemin, oubliez-nous et désolé pour le dérangement.