Chap II ~ Porte ouverte sur un nouveau carrefour.

Chapitre débuté par Manbo Mahougbé

Chapitre concerne : L'Témoin, Manbo Mahougbé,

Ce texte vaut une bière !





 
 
Quelques lunes à entrapercevoir le Hougan communiquer avec un inconnu à travers les ondes, suscita suffisamment de curiosité pour que chaque soir, elle se rapproche toujours un peu plus en tendant l’oreille. C’est ainsi que Manbo Mahougbé finit par toujours s’asseoir près de Zakaria lors de ces échanges.

Tantôt discrète, tantôt à laisser ses mains danser sur son précieux tambour. Parfois, sa voix se mêle à l’instrument lors des moments de silence.

Si le dialogue cessa peut-être temporairement, elle comptait néanmoins sur le vent messager pour porter sa musique à travers les landes désolées, afin de bercer les oreilles attentives, ou les âmes trop lourdes. Un jour pourtant, sa voix ne chante plus, mais reprend le flambeau à travers son propre émetteur dans un chuchotement intimiste.
 
Nonm lan san flanm. La foi être avant tout une question d’espoir pour les vivants, peu importer la forme ou le visage de la croyance. Espérer être déjà vivre. Or, toi être là, ici et maintenant. 
 
Si la technologie moderne est une bien pire sorcellerie que ses rituels, Manbo apprend et semble plus à l'aise avec l'appareil désormais, à en juger par cette soudaine prise de contact.
 
Toi avoir trop de bagages sur tes épaules. Manbo Mahougbé devenir ton oreille maintenant. Si toi le vouloir ou le pouvoir, lui raconter ton chemin de vie jusqu’à aujourd’hui. Tes souvenirs, tes rêves d’enfants, tes amours, tes amitiés, tes douleurs intérieures, tes regrets, tes remords...  À chaque fin de récit, toi devoir donner un nom aux épreuves et rêves en brûlant un objet symbolique dans ton feu de camps, même des herbes, ou ce que toi vouloir. Ensuite, toi dire ce que chaque chose t’avoir enseigné de positif pouvant te servir plus tard. Ta transformation devoir débuter. Deal ?

Les lunes passent et se répètent. La pluie ne laisse aucun répit.
Le sable se mélange désormais à la cendre boueuse sur les semelles des chaussures.
Les nuits sont toujours les mêmes. Froides. Vides.
Et ses insomnies sont de plus en plus longues.

La radio allumée qui entrecoupe quelque fois le silence a décidé de lui tenir de nouveau compagnie.
Il a déjà entendu cette voix sur d'autres canaux et pourtant jamais il n'a tenté le moindre contact.
A quoi cela servirait-il de toute façon ?

Le son du tambour. La voix féminine. Le message plein d'espoir. Une porte grande ouverte vers la lumière…
La solution est là. Si simple. Parler. Brûler. Renaître…

Les crépitements laissent place au silence synonyme de réponse imminente.
Et pourtant, rien. Seul le bruit d'une respiration lente. Calme.

La magie du rp emmène la caméra de l'esprit du lecteur au-dessus de Manbo.
L'objectif cible la radio qu'elle tient dans sa main et le zoom débute.
La radio prend tout l'espace. Chaque détail apparaît plus précis mais le zoom ne s'arrête pas.
Et alors qu'il semble impossible de continuer, elle pénètre la radio.
Une sorte de tunnel étoilé vous transporte.
Le voyage est sinueux et tout au bout cette lumière. Vive. Agressive.
Et puis un saut vous fait franchir cette porte.
La caméra retrouve sa position à la troisième personne.
Ce n'est plus Manbo mais un homme.

Un genou au sol. L'autre sert de repose-coude au bras qui tient la radio.
L'autre main est posée au sol. Juste la pointe des doigts. Prête à faire bondir l'homme.
De dos, on remarque d'abord un début de barbe. La caméra tourne.

L'homme paraît éreinté mais malgré les cernes, son regard reste alerte.
Il scanne la zone autour de lui.
Cherche-t-il à savoir si la voix est plus proche qu'elle n'y paraît ?
Pourquoi maintenant ?

Un coup d'œil vers la tente où ses compagnons se reposent.
Il se lève lentement et s'éloigne du feu comme pour masquer sa présence.

Sa main presse à nouveau le bouton de la radio pour enclencher la communication.
Enfin il va parler.

Et puis il voit des têtes qui s'éloignent.
Ils ne leur ont pas adressé un mot alors qu'ils avaient reçu l'aide des Deltas.
Ce silence. Cette ingratitude.
Et si encore une fois il s'était trompé ?
Et si encore une fois il était venu en aide à quelqu'un qui tuerait sans remords ?
Et s'il avait pu éviter cela ?
Et si ses amis étaient les prochaines victimes ?

Tout se bouscule dans sa tête.
Ses questions. Ses insomnies. Ses peurs. Le massacre du camp Warmstone…


"On ne transforme pas qui est déjà mort…"
Ce texte vaut une bière !






 
Ne pas être mort ce qui à jamais dort. Et au long des étranges siècles, pouvoir mourir même la mort…
 
Un soupçon de taquinerie dans cette citation lovecraftienne pour le moins atypique, provenant de la bouche d’une haïtienne vodouisante. 
 
Toi être animé par le tempo du souffle, et l'impulsion d’un cœur ébréché tambourinant dans ta poitrine. Toi, arpenter ce désert d’ocre, et avoir une voix pour exprimer le fait d’être en vie. Toi, encore habiter un corps de chair et de sang…
 
La mystique trouva refuge à l’écart du brouhaha de ses compagnons. Le creux formé par de hauts rochers devint un abri judicieux, propice aux prières, tout comme à la tranquillité nécessaire pour se ressourcer loin du monde des vicissitudes. Un lieu permettant l’esquisse des constellations, quelque part au-dessus d’épais nuages déversant encore d’incessantes pluies acides, ou de tendre l’oreille aux complaintes d’un garbin trop bavard, quand se suspendent les bruyants dialogues de quelques animaux sauvages.

Un feu crépite, faisant danser d’innombrables flammes qui se lient et se délient dans une joyeuse farandole.

 
La mort ne jamais être une fin en soi. Juste un simple passage du tangible à l’intangible vers d’autres possibles dimensions, même si parfois, un trépas trop soudain engendrer un attachement au monde matériel pour les esprits égarés.
 
Le tambour devient prétexte à discrètement imiter un battement cardiaque lent et mesuré.
 
Te replier sur toi-même ne pas être une solution. Cela entretenir la douleur dans la complaisance et la culpabilité, inutiles à ta survie, ou la survie des tiens. Cela aussi entretenir le doute perpétuel comme un blasphème. Être nécessaire d’apprendre que nul ne pouvoir vivre dans le passé, ni dans la crainte de l'avenir.
 
Un silence, et une longue inspiration pour se nourrir d'une nature changeante à l'aube d'une nouvelle saison.
 
Nécessaire d’apprendre que le deuil de toute chose et des proches décédés être obligatoire. Pour concilier, et se réconcilier avec le rythme du monde dans l’acceptation, afin de limiter regrets et remords. Impossible pour chacun de contrôler l’incontrôlable ou l’inévitable. Juste savoir anticiper, prendre des précautions, et avancer. Aussi, toi devoir te débarrasser des poisons inutiles à ton âme, et l’imprégner du meilleur de tes expériences en chérissant tes ancêtres, à qui toi devoir la vie par respect envers eux, mais aussi en chérissant tous ceux que ton chemin avoir croisé.
 
Estimant avoir suffisamment parlé, la voix se tait pour laisser place aux symphonies nocturnes de la faune indomptable.

 
"Tu perds ton temps…"

Le silence est particulièrement long cette fois. La discussion va-t-elle se terminer ainsi ?
Son regard se perd sur l'horizon. La forêt brûlée. Signe que même la nature ne semble pas vouloir renaître. Elle y arrivait pourtant toujours mais là rien. Elle en était devenue incapable. Comment lui le pourrait-il ?

Il continue son tour d'horizon.
Au Nord ceux qu'ils avaient aidé et qui repartaient sans même un merci.
A l'Est, du sable à perte de vue.
Au Sud, une citée dévastée par les flammes.
Mais il avait beau regarder, nul part l'espoir…


Une main qui vient se perdre dans les poils de sa barbe naissante et il finit par s'assoir sur le sable.
Il reprend la radio. Le ton est toujours froid, sans espoir :

"Mon passé était une blague…
Ceux qui ont croisé ma route sont morts…
Ceux qui sont toujours en vie ont vu la Mort leur prendre ce qu'ils avaient de plus cher…

Oui. Tu perds ton temps…"


Une profonde inspiration.
"Dès que mes amis seront à l'abri…
Il sera l'heure pour moi…"
Ce texte vaut une bière !





 
L’heure de ne plus pleurer sur toi-même ? De ne plus tourner en boucle autour de ton nombril ? D’être pleins de gratitude pour ce que toi avoir aujourd’hui, et même envers les vivants daignant prêter attention à ta personne jusqu'à s'intéresser à eux sans superficialité ? À la bonne heure !
 
Le tambour cesse, et la voix est posée. Le laïus s’allonge, parfois entrecoupé d’inspirations et d’expirations profondes de fumée.
 
Auquel cas, Manbo Mahougbé perdre effectivement son temps à user sa salive, et n’avoir jamais plus rien à te dire, car toi ne pas mériter le respect pour tous ceux ayant souffert mille morts avant toi, et s’être toujours relevés. Les humains être avant tout des résilients.

Mes ancêtres avoir subi l’esclavage et s’être battus. Mon pays Haïti avoir connu les dictatures avec des meurtres sans fin, des épidémies, des catastrophes naturelles toujours plus désastreuses, la pauvreté la plus crasse à vivre dans des bidonvilles...


Et quoi ? Les gens abandonner ? Non !


Même si devoir se prostituer pour mettre de la nourriture sur la table, et offrir un soupçon d’avenir à notre descendance malgré les brimades et la honte. Pour les vivants, toujours survenir la perte des enfants, des parents, et des amis en période de guerre, de famine, de cyclones ou de tremblements de terre, mais nous continuer toujours et encore, parce que pas nés ceux voulant nous courber l’échine et nous mettre plus bas que terre !

Toi croire que, pour Manbo, le monde aujourd’hui être différent ? Non, sauf que ne plus avoir sa fille, ses deux fils, ni même sa petite-fille auprès d'elle. Et pourtant, avancer, continuer, et aider avec des limites. Si ton passé être une blague, celui des autres avoir de la valeur. L’existence ne pas non plus être des extrêmes manichéens, mais avoir beaucoup de nuances. Le monde avoir de la beauté même dans toutes ces tâches de laideur.

En agissant ainsi, tes amis te perdre comme toi les perdre, mais si cela être ton souhait... Alors toi bien faire comme bon te sembler, homme obstiné dans l'aveuglement et sans flamme. Que Bondye avoir pitié de toi dans sa miséricorde et t’aider à grandir, car Manbo ne pas faire dans la complaisance, ni l’apitoiement.
Ce texte vaut 2 bières !
A mesure qu'elle déroule son discours, la mâchoire de l'homme se crispe. Les articulations de ses doigts blanchissent alors qu'il serre de plus en plus sa radio. Le provoque-t-elle volontairement ou est-ce un pur hasard ? En tous cas, quelque chose est en train de refaire surface chez Steeve.

Un sentiment contenu depuis bien longtemps. Trop longtemps.
Une colère enfouie. Une rage qui le dévore depuis le départ du camp.
Une vérité crue qu'il refrène et qui ne demande qu'à sortir.
Et puis ce jugement. Il n'avait rien demandé et pourtant elle le jugeait.

Rien n'avait changé !
Encore une fois on se fiait aux apparences mais pas sur ses actes…

Sa voix s'est drapée de combativité :

"T'as raison ! Continue de croire que je suis qu'un putain d'égoïste !
T'es pas la première. Tu s'ras pas la dernière.

T'es pas mieux que les autres !"


Le ton s'emballe, teinté de rage :
"Tout le monde m'a toujours pris pour un guignol ! Un putain de clown !
Alors allez-y ! Continuez !
Je suis le TrickMaster !

Le PUTAIN d'EN-CU-LE de TRICKMASTER !

Le fils de pute qui pense qu'avec sa bite !
Ce chien galeux qui fourre sa queue partout où c'est possible !

Continuez à vous foutre de ma gueule !
Continuez à profiter de moi !
A vous dire que vous valez TOUS mieux que moi !

Et faites comme vous avez toujours fait !
Méprisez-moi !"


Il serre les dents :
"Personne à jamais cherché à me comprendre.
Personne à jamais cherché à me connaître.
Personne ne m'a jamais respecté.

Les seuls qui l'ont fait sont morts."


Il hurle :
"T'ENTENDS ??? MORTS !!!"

Toujours enragé larmes lui montant aux yeux :
"Et à cause de quoi ?
Parce qu'encore une fois j'ai pensé avec ma bite !

Ah ça, une meuf qui demande de l'aide.
Bien sûr que je suis partant !
Des fois que j'puisse la baiser !
C'est pas le genre d'occaz qu'il faut laisser passer !

Et au final tu sais quoi ?
Non seulement on l'a ramené à ses potes. On lui a sauvé le cul.
Et c'est elle qui a buté les seuls qui m'avaient enfin montré du respect !

Ils sont morts à cause de moi ! A CAUSE DE MOI !!!"


Là les larmes coulent à flot mais le venin est toujours présent :
"Hors de question que ça arrive à Athénaïs et James !
Dès qu'ils seront en sécurité, c'est direction les enfers.

Et j'embarquerais avec moi le maximum de ces fils de salopes !"


S'ensuit un cri de rage tandis qu'il fracasse sa radio dans le feu de camp.
Il se retourne et son regard cherche un objet sur lequel il pourrait laisser libre court à la fureur qui l'anime mais il n'y a que du sable autour de lui.

Il tombe à genoux et tabasse le sol de ses poings.
Personne ne sait vraiment combien de temps cela va durer.

La radio quant à elle subit les affres des flammes.
Un feu de camp. Un objet qui brûle.
Pas sûr que le rituel se soit fait correctement.
Pas sûr non plus que ça ait eu de l'effet sur Steeve…
Ce texte vaut 2 bières !





 
 
À l’autre bout du désert, ses doigts égrènent les secondes… Une, deux, trois… Elle lève les yeux sur un ciel brumeux, exhalant un soupir las. L’homme lâche son fiel. 

Prévisible. Rien ne vient la contredire, mais n’est-ce pas déjà là un début ?

La mystique ne compte plus le nombre de fois, dans son pays après des cataclysmes ou dans le monde du dessous, où elle prononça peu ou prou les mêmes mots pour entendre les mêmes choses en retour. Cela en deviendrait presque risible, de par cet obséquieux comique de répétition, si Manbo ne faisait pas l'effort de prendre ces sujets-là un peu plus au sérieux.

C’est pourtant à l’instant précis, durant lequel apparaissent les trémolos dans la voix de son interlocuteur, que le drame prend une tournure surréaliste, voire imprévisible. 

Durant ce laps de temps bien plus bref qu’une éternité, chimères, réminiscences, fantasmes, hallucinations et magie se confondent jusqu'à se lier et se délier, comme le feu de camp qui flamboie plus violemment malgré la bruine.

À travers les trombes de pluie, accompagnées par les larmes noyant les yeux du triste sire, apparaissent soudainement de bien trop familières silhouettes à peine tangibles.

Les rangers au complet, même Val. Si leurs traits restent indistincts, leurs voix semblent pourtant bien plus identifiables. La radio mourante parait même servir de catalyseur à cette scène, s'en extirpent d'ailleurs quelques fugaces messages aux timbres à peine déformés :
 
… Tu as changé vieux, si j'étais pas mort, je t'aurais cassé la gueule !

… ARKETE Trickouille ! Que jte vois plus chialer pour nous autres ou que je reviendra d'lenfer pour t'foutre une torgnole dans les chicots! Groooooos... !
 
Rêve ou non, le mirage s’évapore sans crier gare. Tout redevient nuit et silence. Seules les oreilles les plus attentives percevront un tambour et des chants portés par le vent...
Ce texte vaut une bière !
 

A genoux dans le sable, il s'acharne à frapper le sol encore et encore.
Une démonstration de rage à l'image de l'impuissance qu'il ressent depuis si longtemps.
Aucun de ses coups ne parvient à terrasser sa souffrance.
Aucun de ses coups n'arrive à libérer le venin qui lui empoisonne l'esprit.

Ses poings finissent par ne plus avoir la force de continuer à frapper.
Abattu. Quelques larmes s'échappent. Un trop plein de rage.

Le feu de camp s'intensifie et des flammes jaillissent des silhouettes.
Il les reconnaît. Ils sont tous là.

Et alors qu'elles s'adressent à lui :
… Tu as changé vieux, si j'étais pas mort, je t'aurais cassé la gueule !

… ARKETE Trickouille ! Que jte vois plus chialer pour nous autres ou que je reviendra d'lenfer pour t'foutre une torgnole dans les chicots! Groooooos... !


Il recule et trébuche, perdant un court instant cette étrange vision.
Lorsqu'il regarde à nouveau le feu, celui-ci a retrouvé sa quiétude.

Hébété. Perdu. Il ne sait plus où il en est.
Est-ce de la folie ? Un espoir ? Une route à suivre ?
Redevenir qui il était ? Vraiment ?
Ils étaient morts à cause de ce qu'il était…

Un coup d'œil vers les tentes. Personne.
Le retour à la réalité est brutal tel un crochet en plein visage.

D'un bond il se relève. La panique le gagne.
Il attrape son arme et court vers le camp.
Ils ne sont plus là.

Il scanne les alentours mais toujours rien.
Que leur est-il arrivé ? Une attaque pendant son accès de folie ?
Un coup des esprits ? Un danger imminent ?
Un abandon…

Il n'ose y croire et pourtant depuis quand ne leur avait-il pas parlé ?

Réfléchir. Vite.
Il remarque les traces au sol. Leur espacement symbole de vitesse.
Une direction.

Il part aussitôt à leur poursuite aussi vite que ses jambes peuvent le porter.
S'il leur arrivait quelque chose…

Enfin il les aperçoit.
Ils ne sont pas seuls et n'ont pas l'air en danger.
Il s'arrête et observe la scène de loin, reprenant son souffle et essayant d'analyser la situation.

Encore une fois, il n'avait pas été à la hauteur.
Tourmenté par ses démons, sa mission de surveillance était un échec.
Plus jamais cela ne devait se reproduire tant qu'ils ne seraient pas en sécurité.

Lentement il s'avance vers le groupe avant de s'immobiliser plusieurs mètres en arrière après avoir planté son hallebarde dans le sol tel un gardien protecteur.
Désormais il observe et attend en silence.