Fractal, l'Ordre dans le Chaos

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    A la recherche d'une famille Keanu Ribs
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    "Bien le bonsoir mon petit marshallo-temporaire, consciencio-élastique, statut-accro et réfléchi de service quand ça t’arrange."

    "…Jules Lagrille, Marshall intérimaire du Président Jeremiah Presley…"


    Un petit rire sec.

    "Je vais être clair d’entrée : Rien que ton titre dit tout. je ne prétends pas qu'il invalide tout ce que tu dis. Mais il dit d’où tu parles. Et ça, ça compte toujours. Tu parles au nom de quelqu’un d’autre, pour une durée limitée, avec une autorité empruntée. Et c’est justement pour ça que ton discours mérite d’être questionné, pas avalé.
    Tu dis qu’il est inutile de reprendre notre éducation et pourtant tout ton sermon repose là-dessus. C’est pratique. Quand on n’a rien à répondre, on infantilise. Ça évite de parler du fond. Alors soyons honnêtes : ce que tu refuses, c’est pas l’éducation…c’est qu’on te la renvoie."

    Il marque une pause, comme s’il feuilletait mentalement le discours.

    "Tu dis vouloir donner des pistes de réflexion. Mais dans tout ton laïus, Jules, y en a pas une seule. Alors puisqu’il faut bien réfléchir à quelque chose et que ça n’a pas l’air d’être au programme de ton côté, on va s’y coller à ta place. Pas pour t’éduquer, hein… t’as déjà choisi ton camp. Mais pour poser enfin les questions que tu évites soigneusement. Tu nous sers le couplet du le monde d’avant est mort. Très bien. Sauf que quand on écoute ton Président :

    À qui s’adresse-t-il ?
    Aux capitalistes.
    Et qui désigne-t-il comme ennemis ?
    Les pauvres, les abominations gauchistes, les néo-bolchéviques."


    Un ricanement.

    "Alors on peut se demander : c’est ça que tu appelles rompre avec le passé ? C’est marrant… le monde d’avant serait mort, ben visiblement, il a laissé son répondeur. Moi j’ai plutôt l’impression que c’est vous qui le ressuscitez à chaque respiration. Que tu fais partie d’un putain de système qui incarne exactement les valeurs du monde d’avant : un titre creux, des registres, une hiérarchie, une police morale."

    Il reprend sans laisser d’espace pour répondre.

    "Ensuite, tu caricatures. Violer, tuer, bouffer des gens ? Toujours les mêmes ficelles quand on sait pas quoi répondre à une critique : on sort le bingo des pulsions."

    Un souffle agacé.

    "Amalgamer volontairement toute opposition à des pulsions extrêmes et individuelles pour éviter de parler des structures que tu sers. C’est une vieille technique. Pas nouvelle. Pas neutre. Tu travailles pour une mécanique bien huilée qui recycle le vieux monde en prétendant l’enterrer. Un monde où les pauvres sont suspects, où ceux qui n’entrent pas dans les cases deviennent des monstres. Et ça… c’est ton quotidien.

    Tu pourrais répondre que tu n’es qu’un rouage. Et tu aurais raison. Mais être un rouage n’efface pas la responsabilité. Et faire tourner une machine, même sans l’avoir conçue, reste un choix."

    "Maintenant, parlons de moi. Tu dis : assumez. C’est beau. Parce que toi tu assumes surtout un titre, et une morale livrée avec le costume. Mais j'imagine que la violence est toujours plus confortable quand elle est déléguée, tamponnée, et signée par quelqu’un d’autre. 
    Oui, j’assume : je suis violent. Je suis capable de faire des saloperies. Je ne prétends pas être quelqu'un de bien. La seule différence c'est que je ne triche pas, je ne déguise pas ça en ordre, en progrès, ou en avenir radieux. Et surtout je ne demande pas à d’autres de salir leurs mains à ma place. Quand on fait des saloperies, on les appelle par leur nom. On se cache pas derrière des mots jolis ni des promesses creuses. On prétend pas faire le bien pendant qu’on fout le feu. Les masques, c’est pas pour se cacher. C’est pour que personne se trompe sur ce qu’on est capables de faire."

    "Et tu termines par bonne lune à tous. C’est élégant. Balancer le mépris, puis souhaiter le calme. La violence propre,  encore une spécialité de la capitale."


    Il laisse un silence.

    "Alors on va réfléchir deux minutes, Jules. Juste deux.
    Si le monde d’avant est mort, pourquoi vous parlez encore comme lui ? Pourquoi ce sont encore les mêmes mots, les mêmes peurs, les mêmes cibles ?"

    "Tu vois… c’est pas de la rage. C’est pas de la nostalgie. C’est le moment précis où les paroles cessent de suffire et où les faits commencent à parler. On sait reconnaître le monde d’avant non pas à ce qu’il prétend être, mais à ce qu’il continue de produire." 


    "Bonne lune à toi, Jules. Et bon courage pour expliquer à l’Histoire que le monde d’avant était mort pendant que vous essayiez très fort de le réanimer."


    Je laisse toujours le choix. Après, je m’occupe des restes.

Fractal par Fun Factory